La France, un pays des droits de l'homme théorique

1, 2, 3 morts pour Castaner. Près de 5000 victimes liées à la politique répressive du gouvernement, chiffre le plus élevé sur le sol métropolitain depuis 1945. Le prix de la vie a chuté depuis l'élection de Macron en 2017. Cela ne pose pas question, ne demande pas une commission d'enquête parlementaire et justice ? Où sont les authentiques républicains, démocrates et défenseurs des droits ?

1, 2, 3... Et de 3 morts pour Castaner. Près de 5000 blessés liés à la politique répressive du gouvernement : près de 3000 chez les manifestants et près de 2000 pour les policiers, selon les chiffres circonspects du ministère de l'intérieur/de la police. Dont des éborgnés et des mutilés à vie, qui ne seront pas, pour le moment et sûrement à l'avenir reconnus et indemnisés comme victimes et qui ne peuvent espérer qu'une amnistie à terme sûrement long par l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement.
Le prix de la vie humaine a sérieusement chuté en France depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la république en mai 2017. La France n'est plus que le pays théorique des droits de l'homme, un mythe comme patrie des droits de l'homme. L'insurrection des consciences, les actions de résistance des citoyens et l'obligation pour la justice d'instruire ces affaires de manière systématique et équitable restent en deçà, malgré des efforts louables, de la nécessité démocratique.
Je le dis depuis longtemps, en dehors du nombre effroyable d'Algériens, longtemps euphémisé, notamment par les "meilleurs" historiens français (Serge Berstein etc.), jetés dans la Seine le 17 octobre 1961, qui y ont péri noyés, certains toujours non identifiés ou portés disparus, sur ordre du préfet de police Papon et sous la responsabilité du général de Gaulle, alors président de la République, le nombre de victimes (morts et blessés) liés au mouvement des Gilets Jaunes et aux mouvements connexes est le plus élevé sur le sol métropolitain français depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.
Cela ne pose pas question ? Cela ne demande pas une commission d'enquête parlementaire immédiate ? Cela ne demande pas justice ? Les instances et les institutions de l'Union européenne, de l'Europe (Cour européenne des droits de l'homme) et internationales (ONU, Tribunal pénal international etc.) n'ont rien à dire et pas d'enquête à mettre en œuvre ?
L'affaire Macron-Benalla, qui n'est qu'un élément, mais significatif, de cet ensemble a pourtant entraîné la mise en place de deux commissions d'enquêtes parlementaires, celle de l'Assemblée a été sabordée et celle du Sénat a eu maille à aller à son terme. Mais, c'est peu pour une démocratie exigeante, une démocratie digne de ce nom, une démocratie qui doit pourtant relever de la marche ordinaire des affaires.
Où sont les authentiques républicains, les vrais démocrates, les exigeants défenseurs des droits (et des droits de l'homme) ?

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