Aziz SADKI
Historien
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 7 janv. 2020

La France, un pays des droits de l'homme théorique

1, 2, 3 morts pour Castaner. Près de 5000 victimes liées à la politique répressive du gouvernement, chiffre le plus élevé sur le sol métropolitain depuis 1945. Le prix de la vie a chuté depuis l'élection de Macron en 2017. Cela ne pose pas question, ne demande pas une commission d'enquête parlementaire et justice ? Où sont les authentiques républicains, démocrates et défenseurs des droits ?

Aziz SADKI
Historien
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

1, 2, 3... Et de 3 morts pour Castaner. Près de 5000 blessés liés à la politique répressive du gouvernement : près de 3000 chez les manifestants et près de 2000 pour les policiers, selon les chiffres circonspects du ministère de l'intérieur/de la police. Dont des éborgnés et des mutilés à vie, qui ne seront pas, pour le moment et sûrement à l'avenir reconnus et indemnisés comme victimes et qui ne peuvent espérer qu'une amnistie à terme sûrement long par l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement.
Le prix de la vie humaine a sérieusement chuté en France depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la république en mai 2017. La France n'est plus que le pays théorique des droits de l'homme, un mythe comme patrie des droits de l'homme. L'insurrection des consciences, les actions de résistance des citoyens et l'obligation pour la justice d'instruire ces affaires de manière systématique et équitable restent en deçà, malgré des efforts louables, de la nécessité démocratique.
Je le dis depuis longtemps, en dehors du nombre effroyable d'Algériens, longtemps euphémisé, notamment par les "meilleurs" historiens français (Serge Berstein etc.), jetés dans la Seine le 17 octobre 1961, qui y ont péri noyés, certains toujours non identifiés ou portés disparus, sur ordre du préfet de police Papon et sous la responsabilité du général de Gaulle, alors président de la République, le nombre de victimes (morts et blessés) liés au mouvement des Gilets Jaunes et aux mouvements connexes est le plus élevé sur le sol métropolitain français depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.
Cela ne pose pas question ? Cela ne demande pas une commission d'enquête parlementaire immédiate ? Cela ne demande pas justice ? Les instances et les institutions de l'Union européenne, de l'Europe (Cour européenne des droits de l'homme) et internationales (ONU, Tribunal pénal international etc.) n'ont rien à dire et pas d'enquête à mettre en œuvre ?
L'affaire Macron-Benalla, qui n'est qu'un élément, mais significatif, de cet ensemble a pourtant entraîné la mise en place de deux commissions d'enquêtes parlementaires, celle de l'Assemblée a été sabordée et celle du Sénat a eu maille à aller à son terme. Mais, c'est peu pour une démocratie exigeante, une démocratie digne de ce nom, une démocratie qui doit pourtant relever de la marche ordinaire des affaires.
Où sont les authentiques républicains, les vrais démocrates, les exigeants défenseurs des droits (et des droits de l'homme) ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
La nomination d’Éric Coquerel suscite une polémique parmi les féministes
Plusieurs militantes ont affirmé que le député insoumis, élu jeudi président de la commission des finances, a déjà eu un comportement inapproprié avec des femmes. Mais en l’absence de signalement, aucune enquête n’a abouti. L’intéressé dément, tout en admettant avoir « évolué » depuis #MeToo.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean
Journal — Parlement
Face au RN, gauche et droite se divisent sur la pertinence du « cordon sanitaire »
Désir de « rediabolisation » à gauche, volonté de « respecter le vote des Français » à droite… La rentrée parlementaire inédite place les forces politiques face à la délicate question de l’attitude à adopter face à l’extrême droite.
par Pauline Graulle, Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani
Journal — France
Extrême droite : la semaine de toutes les compromissions
En quelques jours, le parti de Marine le Pen s’est imposé aux postes clés de l’Assemblée nationale, grâce aux votes et aux lâchetés politiques des droites. Une légitimation coupable qui n’augure rien de bon.
par Ellen Salvi
Journal — Culture-Idées
L’historienne Malika Rahal : « La France n’a jamais fait son tournant anticolonialiste »
La scène politique française actuelle est née d’un monde colonial, avec lequel elle n’en a pas terminé, rappelle l’autrice d’un ouvrage important sur 1962, année de l’indépendance de l’Algérie. Un livre qui tombe à pic, à l’heure des réécritures fallacieuses de l’histoire.
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Pourquoi les fonctionnaires se font (encore) avoir
3,5 % d'augmentation du point d'indice, c'est bien moins que l'inflation de 5,5%. Mais il y a pire, il y a la communication du gouvernement.
par Camaradepopof
Billet de blog
Les services publics ne doivent pas être les victimes de l’inflation
L’inflation galopante rappelle que le monde compte de plus en plus de travailleurs pauvres dans la fonction publique. Les Etats ont pourtant les moyens de financer des services publics de qualité : il faut faire contribuer les plus riches et les multinationales.
par Irene Ovonji-Odida
Billet de blog
Oui, l’inflation s’explique bien par une boucle prix – profits !
Il est difficile d’exonérer le patronat de ces secteurs de l’inflation galopante. C’est pourquoi les mesures de blocage des prix sont nécessaires pour ralentir l’inflation et défendre le pouvoir d’achat des travailleurs. Par Sylvain Billot, statisticien économiste, diplômé de l’Ensae qui forme les administrateurs de l’Insee.
par Economistes Parlement Union Populaire
Billet de blog
L’inflation, un poison qui se diffuse lentement
« L’inflation est un masque : elle donne l’illusion de l’aisance, elle gomme les erreurs, elle n’enrichit que les spéculateurs, elle est prime à l’insouciance, potion à court terme et poison à long terme, victoire de la cigale sur la fourmi », J-Y Naudet, 2010.
par Anice Lajnef