Tu veux comprendre

Il paraît qu'après cette longue semaine de deuil. Tout le monde veut parler. Mais pour pouvoir parler, chacun et chacune d'entre nous veut savoir. Jamais dans une salle de professeurs les questions sur Daech n'ont autant eclipsé celles sur les conseils de classes.On ne se lasse pas de regarder le journal de sa chaine préférée. On n'ose même pas râler contre le fait que le film ou l'émission de 20h45 ne commence qu'à 21h30.

Il paraît qu'après cette longue semaine de deuil. Tout le monde veut parler. Mais pour pouvoir parler, chacun et chacune d'entre nous veut savoir. Jamais dans une salle de professeurs les questions sur Daech n'ont autant eclipsé celles sur les conseils de classes.On ne se lasse pas de regarder le journal de sa chaine préférée. On n'ose même pas râler contre le fait que le film ou l'émission de 20h45 ne commence qu'à 21h30. Priorité à l'information.

Et pourtant, qui sait vraiment? On replonge dans le pathos habituel. Nos hommes politiques relayés par nos "journalistes" et surtout nos

"experts " en tout, qui pointent à tous les évênements, nous expliquent que "les méchants" ( décidément le vocabulaires enfantin!..)en veulent à notre "belle démocratie", à nos belles "valeurs républicaines..". Et qu'il faut entonner la Marseillaise ( au lieu du Chant des Partisans, parce que trop partisan, m'a-t-on dit) pour montrer notre "unité" et notre "détermination" devant l'agresseur.
Pendant ce temps là, Monsieur Valls, solennel, magistral, nous annonce des lendemains pas sûrs et surtout des mesures "anti-terroristes" pas très rassurantes dans une démocratie..

Et pourtant, il suffirait de...Il suffirait que l'on s'installe tranquillement. Que l'on éteigne nos chaines de télévisions et de radio. Et que l'on lise. Quoi? Des journaux. Surtout d'ailleurs. Des livres pour ceux qui ont le temps.

Bref, pour comprendre, il faut sortir de son trou.

Et là, on peut découvrir, en regardant un tout petit peu, en avant du soir du 13 novembre, qu'il n' y avait pas grand chose à envier de notre avenir: On se laissait doucement entrainer dans le tunnel de la banalité de l'impensable pour une démocratie, notre démocratie, l'arrivée en fanfare des gragottes de la haine ordinaire. On n'avait plus deux grands partis politiques, mais trois.

Et plus de la moitié d'entre nous trouvait ( et trouve probabalement encore, cela normal, ou "pas choquant".

On peut aussi découvrir que des minitres de la République se sont tranformés en VRP d'un avionneur militaire auprès de décapiteurs en série, et de financiers occulte de notres bourreau de vendredi derniers et probabalement des autres fois.

Que nous livrions des armes , payées par nous tous pour les voir revendues dans l'immense supermarché de la mort entre Idlib et Moussoul.

Que nous avons fini par demander une invitation urgente à l'Iran satanique que nous n'avions pourtant  pas fini de vilipender , histoire d'assurer l'exécution des contrats de l'avionneurs avec les décapiteurs.

Que nous avons toujours regardé ce basané qui est parmi nous, comme indéfectiblement étranger. Nous, nous sommes Français, et lui il est Musulman.

Et plein d'autres découvertes essentielles.

Surtout, que le monde tourne sans nous. Et surtou, surtout surtout, que nous avons perdu le désir, la volonté, le courage, d'essayer de le comprendre le Monde qui nous entoure , comme il est, en l'interrogeant lui-même, en le regardant de près, au lieu de le regarder comme nous le voulons et surtout avec les mêmes yeux d'il y a cent ans, lorque nous croyions que nous étions les maitres du Monde et le Temple de la démocratie.

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