Sur l'indomptable Gasrine( Kasserine)

Le retour des ficelles Benalistes contre le mouvement populaire

Sur Gasrine,

Depuis hier, particulièrement, j'ai l'impression de retrouver sur la toile des relents de plus en plus en plus audacieux du bon vieux discours bien rodé sous l'ancien régime lorsqu'il s'agit de dénigrer toute forme de contestation.

Il est vrai que tout démocrate et patriote ne peut qu'enrager devant ces scènes de pillage et de saccages des biens publics et privés qui accompagnent le mouvement social des plus légitimes entamé à Gasrine.

Mais quand bien même ! Ici, à Paris, il ne se passe pas une manifestation sans ses "casseurs et pillards".

Peut-être même que les Daechis cherchent-ils à tester leur doctrine du chaos !

N'empêche que les postes et les voix de ceux qui dénoncent les "désordres", avec pratiquement les mêmes grosses ficelles que celles usées et abusées par l'ancien régime, prennent le pas sur celles de ceux qui cherchent à porter la voix des patients de cinq ans qui n'en peuvent plus de la misère et de la "hogra" ( terme qui devrait devenir générique, tellement il est juste).

Car en effet, quel est le problème :

1-Voilà cinq ans( et c'est très long 5 ans lorsqu'on est jeune et que l'on était prêt à mourir pour ne plus être ignoré et méprisé) que des dizaines de milliers de ceux-là mêmes qui ont fait cette révolution attendent de ceux qui ont pris le pouvoir d'une manière ou d'une autre de faire cesser les 'injustices dont la pire est celle d'être privé de sa dignité d'avoirce droit humainement intangible,, d'aller gagner honnêtement sa vie. Pas par "une baguette magique", comme s’époumonent certains, mais par plus de justice humaine : Ridha Yahyaoui n'en demandait pas plus.

Ces messieurs du gouvernement sont certes compétents, bardés de meilleures références, probablement sincères, mais manquant terriblement du sens populaire, de charisme, de force de conviction.

Ce n'est pas pareil lorsque l'on parle à la télé et lorsque l'on embrasse la foule, que l'on sillonne les rues, les vallées, les « garaa » et les monts perdus pour sentir le souffle du damné de la terre, pour l'écouter, lui expliquer suffisamment pour le convaincre qu'il n'y a plus de miraculeux, mais suffisamment du possible. De quoi ont-ils peur, ces messieurs dames.

De qui ?

2- On nous nous explique solennellement que le "désordre fait fuir l'investisseur étranger": les sbires de Daech et les amis de RIdha Yahyaoui dans le même sac.

C'est possible que des images diffusées avec le sens de l'amalgame qui fleurit ici et là, fassent douter l'investisseur à qui l’on n’a pas expliqué la réalité des défis.

Je peux parfaitement, comprendre le désarroi de ces véritables amis plus dévoués que tous nos oiseaux de mauvais augure, à notre pays (et j'en connais une au moins) qui déploient une énergie du diable pour convaincre ces investisseurs de venir ou de revenir, de faire confiance au génie tunisien

Mais, je ne peux accepter le simplissime, malodorant de certains de mes compatriotes :

L'investisseur pragmatique vient parce que La Charguia, par exemple est à 2-4h des plus grands hubs européens. Parce que les compétences tunisiennes ont mille fois fait leurs preuves. Question qualité/ salaire Parce que nous sommes 11 millions de consommateurs.

Alors si Gasrine ( je préfère le dire comme cela que selon la bonne vieille transcription coloniale et beldia) était à 1h30 d'Echcharguia, grâce à une autoroute et une voie ferrée dignes de ce nom, avec peut-être même un aérodrome , comme il faut, alors l'investisseur n’hésiterait point à venir à Gasrine et ailleurs.

3- Mais enfin, y-a-t-il vraiment une stratégie, in modèle claire de développement ? Et pourquoi, on n'en parle pas assez ? J'ai cru entendre Monsieur le Premier Ministre parler de la nécessité de changer de modèle de développement. Mais changer quoi ? Pour quoi ?

Voici un débat qui ne doit plus se confiner dans les sphères savantes, du moins celles qui se le croient. Les camarades de Riha yahyaoui ont très certainement leur mot à dire là-dessus.

Alors, Monsieur le Premier Ministre, commencez franchement et sincèrement par leur demander leur avis.

Ce qui serait une très grave erreur, ce serait de profiter des désordres orchestrés ou spontanés pour dénier à chacun d'entre nous le droit de s'exprimer pacifiquement.  Ce genre de choses arrive, insidieusement, trop vite pour que l'on puisse s'en rendre compte. Soyons plus vigilants que jamais.

 

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