Monsieur le Président, Je ne voterai pas pour vous

Non, Monsieur le Président, je voterai toujours pour la république et cela ne sera donc pas pour vous...

Ainsi donc, Monsieur le Président de la République a décidé, tout seul au nom de la République d'inclure et de maintenir le principe de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, convaincus de terrorisme. Et son Premier Ministre, droit dans ses bottes sécuritaires est venu nous expliquer que tuer des français, etc...Le Figaro, Le F.N., Gaino sont tout cramoisis de plaisir
Quoique l’on puisse dire, et avec toutes les précautions que l'on puisse avancer, cela rappelle directement Vichy.

François Hollande est déjà en campagne. C'est au moins doublement détestable

Cela laisse entendre que tout le ramdam sécuritaire qui fait glisser le curseur des liberté républicaines vers le plus bas des niveaux connus depuis les heures sombres de la Guerre d'Algérie, est finalement, et au moins dans une certaine mesure, ( voir le canard de ce mercredi) au service de cette ambition personnelle. Coller aux états d'âmes de l'électeur de base, tenté pour le "vote sanction" On peut le voir ailleurs, mais pas dans une démocratie.

Parce qu'ici, Le Président doit, certes rassurer ses concitoyens terrorisés, mais surtout veiller au respect absolu, intangible des libertés garanties par la Constitution et la déclaration Universelle des Droits de l'Homme. C'est en ce sens qu'il est PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRACAISE.

Mais cela montre aussi que Monsieur le Président futur candidat à sa propre succession est particulièrement satisfait que la dernière de ses manœuvres ait mis le Figaro dans l'émoi qu'il réserve jusque-là aux "Républicains" et qui pourrait convaincre finalement l'électeur traditionnel de droite lassé par le cirque des vaniteux de son camps, que Hollande pourrait bien être le bon candidat.

Piètre calcul : parce qu'un électeur un électeur de droite ne votera jamais qu'à droite. Et un électeur du Front National trouvera que le candidat Hollande est un piètre plagieur.

Et l'électeur républicain de gauche, il a quoi lui, pour choisir François Hollande : Rien. Que des renoncements dont la liste est tellement longue et ne cesse de s'allonger.

 

Moi qui attendais que le Président Hollande ait, par exemple le courage de mener le combat gagné depuis longtemps par les démocraties voisines, d'accorder un minimum de droits civiques aux centaines de milliers de personnes qui résident en France depuis de très nombreuses, voire  des dizaines d'années, avec un document qui leur rappelle qu'ils ne sont pas des citoyens ( au sens de la déclaration de 1789) de ce pays..

J'attendais de lui qu'il proclame haut et fort que les combat pour le respect des Droits de l'Homme est et demeurera le fondement de toute politique internationale. Et je vois la diplomatie de mon pays s'aligner sur les positions des régimes les plus autoritaires, les plus moyen âgeusement sanguinaires pour quelques commandes de Rafale. Quitte à se faire ridiculiser, comme ce fût le cas dans les négociations sur le nucléaire iranien, ou sur la crise syrienne.

 

Monsieur le Président,

Vous candidat, je ne voterai pas pour vous parce que vous aurez dilapidé l'héritage des luttes sociales menées par les électeurs de gauche depuis la fin du siècle dernier

Vous candidat, je ne voterai pas pour vous, parce que je ne vois aucune projet  de progrès qui ait pu être mené à terme sous votre mandat actuel ( à l'exception, peut-être du mariage pour. Mais, là, même l’Espagne de Rajoy est allée plus vite). Par contre la liste de renoncement est bien longue.

Vous candidat, je ne voterai pas pour vous, parce que, sous votre mandat, la diplomatie française s'est limitée au commerce des armes, et aux erreurs de jugement.

Vous candidat, je ne voterai pas pour vous, parce que, suite au choc du 6 décembre 2015, j'attendais de votre part, au minimum un sursaut républicain salutaire et je me retrouve avec une idée des débuts des années trente et quarante qui, non seulement est une gifle aux valeurs républicains, mais une autre brèche dans l'édifice unificateur de la République.

Monsieur le Président, je ne voterai donc pas pour vous, parce qu'à chaque fois que vous ferez une promesse, je saurai, cette fois-ci que vous ne vous adressez pas à ceux qui vous ont porté en 2012, mais plutôt à ceux d'en face. Et même plus loin encore.

Mais je ne m'abstiendrai pas non plus, comme tout électeur républicain de gauche.

Bien cordialement

 

 

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