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Bahman Khodadadi

Juriste, traducteur, activiste politique et chercheur, ancien prisonnier politique.

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Billet de blog 19 janvier 2026

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Iran : quand la révolution persiste et défie les projets de déstabilisation

La révolution iranienne de 1979 n’est pas un souvenir figé : elle traverse aujourd’hui les tensions internes et les pressions étrangères. Face aux manœuvres de déstabilisation et aux ambitions de division, le peuple iranien reste fidèle à son indépendance, sa liberté et sa justice sociale, transformant chaque crise en force collective.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’histoire de l’Iran est une longue quête d’autonomie et de souveraineté. Depuis la chute des empires perses et l’arrivée de l’islam, les Iraniens n’ont jamais accepté la domination extérieure. Leur engagement pour l’autonomie a conduit à la construction d’un chiisme propre, à la fois religieux et révolutionnaire, qui a façonné l’identité nationale. Sous les Safavides, le chiisme devient religion officielle, et l’Iran reconstruit un empire consolidant pour la première fois depuis des siècles son indépendance. Cette souveraineté, fragile sous les Qajars et encore plus sous le régime Pahlavi — largement soumis aux intérêts occidentaux — a préparé le terrain pour la révolution de 1979 : un acte rationnel, collectif et profondément historique visant à restaurer la liberté, l’indépendance et la justice sociale.

Dès ses débuts, la révolution de 1979 a affronté l’opposition occidentale, incarnée par les sanctions économiques, les pressions diplomatiques et les tentatives d’ingérence, révélant une hostilité constante envers un peuple déterminé à préserver son autonomie. Loin d’être un événement figé, cette révolution demeure vivante, structurante et formatrice pour la société iranienne. Elle ne se limite pas à un renversement politique ; elle a ouvert la voie à une transformation sociale, que l’histoire contemporaine continue de nourrir. Le peuple iranien reste profondément attaché à ses revendications historiques et continue d’exprimer ces idéaux, même face à une oligarchie interne et aux interventions étrangères.

Les événements récents en Iran illustrent cette tension : les tentatives de provoquer des manifestations prolongées, combinées à la violence orchestrée par des éléments d’extrême droite et des services étrangers, s’inscrivent dans un projet de déstabilisation et de guerre. Ce scénario, comparable à celui des « douze jours » d’interventions passées, visait à générer chaos et divisions, dans l’espoir d’un effondrement politique ou d’un conflit externe. Cependant, l’histoire et la mémoire nationale montrent qu’en présence d’une menace extérieure, les Iraniens se rassemblent : même ceux qui ont manifesté contre la hausse des prix et les difficultés économiques reconnaissent que l’unité nationale prime face aux forces étrangères.

Aujourd’hui, l’Iran se tient à la croisée des chemins d’une révolution sociale. Si la révolution politique de 1979 a été accomplie, la transformation sociale reste à venir. Les tensions entre l’oligarchie, cherchant à préserver le statu quo et à s’aligner sur des intérêts extérieurs, et les forces populaires aspirant à une justice sociale réelle, sont le moteur de ce processus. Les mouvements progressistes et de gauche, longtemps marginalisés, pourraient redevenir essentiels pour concrétiser ces aspirations, transformant les revendications populaires en changements structurels durables et significatifs.

Malgré la pression extérieure, les tentatives de déstabilisation et la violence orchestrée par des groupes internes et étrangers, la résilience du peuple iranien garantit que ni guerre, ni effondrement, ni projet de partition ne peuvent détruire l’unité nationale. L’histoire le prouve : l’Iran a résisté aux invasions et aux pressions répétées, et la mémoire collective, l’attachement à l’indépendance et à la justice sociale demeurent les piliers de sa stabilité.

Ainsi, la révolution iranienne n’est ni achevée ni absente. Elle continue de façonner l’avenir du pays, transformant la dynamique politique en une dynamique sociale vivante. L’histoire montre que la seule véritable menace serait l’abandon de ces valeurs — un scénario improbable tant que la population reste consciente, vigilante et engagée. Ce qui se joue aujourd’hui n’est donc pas seulement une lutte politique, mais un processus continu de révolution sociale, profondément enraciné dans la culture et l’expérience historique du peuple iranien.

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