L'Université est autonome et démocratique, elle doit le rester

C’est en tant qu’Universitaires pour la Paix, arraché.e.s de force à nos étudiant.e.s par des pressions politiques, que nous condamnons les violences exercées mardi 2 février à l'encontre des étudiant.e.s de l'Université du Bosphore. Nous soutenons la résistance de l'Université du Bosphore contre l’imposition d’un président par le régime et nous réitérons notre solidarité avec cette lutte.

 C’est en tant qu’Universitaires pour la Paix, arraché.e.s de force à nos étudiant.e.s par des pressions politiques puis par des décrets-lois, que nous condamnons les violences exercées mardi 2 février à l'encontre des étudiant.e.s de l'Université du Bosphore.

Cette violence, qui continue toujours à l'heure actuelle, doit cesser immédiatement ; les étudiant.e.s arrêté.e.s doivent être immédiatement libéré.e.s sans faire l’objet de poursuites. 

Nous le revendiquons avec force : l'Université est dans son principe même autonome et démocratique ; elle doit le rester.

Pour créer du savoir et faire vivre la réflexion critique, il faut donc que l'Université soit à l'abri des pressions politiques, mais aussi des exigences des marchés. Nos sociétés ont besoin que l’Université poursuive librement un idéal de recherche.

Le régime de l'AKP, après avoir attaqué beaucoup d’autres universités, s'en prend aujourd'hui à l'Université du Bosphore, à son corps enseignant, mais aussi à ses étudiant.e.s.

Les différentes actions qui manifestent leur solidarité sont sous la menace de policiers qui, par centaines, déploient une violence disproportionnée sur le campus, mais aussi de tireurs d'élites positionnés sur les toits. Au-delà des manifestant.es, c'est bien l’idéal universitaire qui est attaqué.

Ces menaces ne se limitent pas à la Turquie. D'autres pays, avec d'autres gouvernements, font de même.

La France elle-même, où nous nous trouvons actuellement, est en train de s'éloigner rapidement de cet idéal : les débats parlementaires actuels visent à légitimer l'intervention policière dans l’enceinte des universités, à criminaliser les mouvements des enseignant.e.s et des étudiant.e.s, mais aussi, en même temps qu’à restreindre les libertés académiques, à imposer les exigences des marchés à la recherche libre. 

Confronté.e.s à cette agression globale, nous proclamons une fois de plus que nous n'abandonnerons jamais notre idéal d'une Université autonome et démocratique ; nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour internationaliser les luttes menées en ce sens. 

Nous soutenons la résistance de l'Université du Bosphore contre l’imposition d’un président par le régime et nous réitérons notre solidarité avec cette lutte. 

BAK-France (Universitaires pour la paix en France)

Avec le soutien de l’association de Solidarité avec les Universitaires Pour la Paix et de la Défense des Droits Humains en Turquie (SUP-DDHT)

 

 

 

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