À propos de l’ADA 5, son miroir (Toulouse, les 6, 7 et 8 mars 2020)

Comment sortir du capitalisme, quelles stratégies et tactiques - Quelles nouvelles formes d’organisation au travail sont compatibles avec l’urgence climatique, la justice sociale, la démocratie directe, le partage des richesses, l’autosuffisance ou encore l’autogestion.

À propos de l’ADA5, son miroir

Où on nous oppose qu’il n’y a pas d’alternative possible au capitalisme, on peut toujours, un par un, une par une, se défaire d’une domination, le patriarcat, particulièrement aliénante. Saurons-nous en ces temps cruciaux et notre épreuve collective de vérité, sortir collectivement ensemble du capitalisme ?

 Un compte-rendu possible du thème 1: Comment sortir du capitalisme ? ADA5, Toulouse.

 

Les 557 propositions qui constituent les vagues du thème 1 abondent dans le sens de trois actualités : la sortie du capitalismela suppression de l’argent et le statut du travail.

 

1) Faut-il sortir du capitalisme ? Oui, il y a lieu d’opposer aux dogmes mortifères de la « croissance » et de la « compétition », la coopération et l’entraide. L’alternative au capitalisme peut venir d’une organisation locale des individus,le local s’entendant comme la première échelle de prise de pouvoir politique et écologique.

 

2Faut-il battre « monnaie » ou supprimer l’argent ? La suppression de l’argent est une question actuelle. Gratuité et bénévolat, de fait, y concourent. L’échange de service, la redistribution, l’expérience de démocratie directe de Saint Nazaire par ex., si elle fait sortir du système marchand, ne nécessite pas de recourir à la monnaie. La monnaie, on l’enlève ou on la garde ? L’euro, itou ?

 

3) Le travail n’est pas la condition de nos vies. Déconnecter travail et emploi. Avoir du temps pour participer à la vie sociale et politique. Sortir de la centralité du travail en proposant un salaire inconditionnel à vie basé sur une qualification et un salaire décent.

 

APPEL : Que tous les groupes de gilets jaunes réfléchissent à un système social plus juste et plus solidaire !

 

Peut-on déjà limiter l’emprise du capitalismeaujourd’hui ?

 

Oui, le peuple l’a toujours fait, en combattant ses effets d’aliénation et lui opposant des pratiques solidaires alternatives. Toutes les propositions alternatives au capitalisme, qui visent la limitation de son emprise, sont cumulables, qu’elles soient à court terme ou long terme, individuelles ou collectives (répartition équitable des richesses / logement pour tous / souveraineté économique).

- En interdisant l’usure.

- En développant des zones de gratuité où on se partage les savoir-faire et les coups de main.

- En développant les suffisances alimentaires. 

- En se positionnant de façon radicale sur des pratiques alternatives autogérées.

- En promouvant l’éducation populaire par laquelle on s’enseigne et mutualise les savoirs.

- En s’opposant à toutes les formes de privatisation (barrages hydroélectriques, cours d’eau et réserves humides, hôpitaux, écoles, crèchesassurances sociales, retraites…)

- En ouvrant des maisons du peuple et en créant des pôles d’échanges.

- En boycottant les entreprises du CAC40.

- En prenant conscience que nous sommes en lutte (guerre des classes).

- En restant pratique et reconnectant les gens au temps.

- En portant le capitalisme à son paroxysme pour mieux le saboter.

- En cultivant la résistance sur nos ilots d’autogestion résiliente.

- En organisant la défense collective.

- En marquant notre présence par l’affichage.

- En interpelant les élus pour accentuer la division de la majorité.

- En modifiant nos façons de consommer (co-voiturage / circuits courts / espèces / recyclage / économie alternative).

 

Comment peut-on sortir du capitalisme ? Et ne pas revenir, d’une manière ou d’une autre, à son fondement et sa raison, l’État nation notamment !

 

En abolissant notre aliénation à la domination économique.

En supprimant la dette, qui n’existe que parce que, sa condition, l’argent existe.

- En reprenant notre souveraineté monétaire. Si on est dans l’autogestion, on n’a pas besoin de contrôle.

- En abolissant la propriété privée et le salariat.

- En nous réappropriant les outils et moyens de production en autogestion et copropriété d’usage.

- S’ils sont des biens communs, l’eau, l’air, la terre, le vivant, le bonheur (sic) font partie du patrimoine de l’humanité, ils ne sont pas des marchandises. Pas de brevet sur les semences par ex. (Monsanto / Bayer).

- En allant vers une transition écologique.

- Inventons une autre manière de vivre. Créons un programme politique pour le bien commun.

- « Le fruit du travail appartient à ceux qui produisent » (les « œuvriers » !). Telle sera l’application du socialisme.

ALTERNATIVE : nationalisation / socialisation.

Salaire à vie. Communalisme.

Écrire dans la constitution sa base vivrière, l’obligation de soins, le logement décent, la nourriture.

- Oser rêver, « la vérité de demain sera l’utopie d’aujourd’hui » (Lafarge).

- Avec le temps long, le goût apprend à se développer. Donner la priorité à l’horizontalité solidaire en économie comme en politique.

Gratuité des services. Valoriser l’humain, pas le profit.

ALTERNATIVE : solidarité / compétition.

- S’unir sur une idée comme la souveraineté sur le travail afin de décider quoi produire, comment produire et pourquoi produire.

- Travailler sur le besoin et restaurer le lien social.

- agir local / penser global ; temps / urgence écologique ; patriarcat / racisme. 

Stratégie de prise de pouvoir en jouant le jeu des élections.

- Démocratie directe : pouvoir par le peuple pour le peuple.

- Unités de base de la démocratie : la commune / le quartier / l’arrondissement / l’éducation populaire [média(s) populaire(s), indépendant(s) et locaux participent en réciprocité à l’éducation populaire].

- Gouvernance participative (ex. tirage au sort).

- Mandats révocables.

Débat à mener : Doit-on passer par une révolution pour sortir du capitalisme ?

- Remettre en place l’esprit du CNR 1936-45 sur le plan économique et social (alinéa 9 de la Constitution de 46).

La monnaie, on l’enlève ou on la garde ?

- Remplacer les fondements de l’économie par le partage des connaissances.

- RIC locaux, expérimentaux. Bonne information du processus. Ouvrir à tout le monde.

- S’unir dans un grand mouvement populaire.

ALTERNATIVE : nationalisation / socialisation.

Faire une révolution sans passer par les élections. On va sortir du capitalisme en passant aussi par des élections.

- Mettre au service du local ce qui peut l’être en se réappropriant les terres et en développant la suffisance alimentaire.

- Abolir le traité de Lisbonne.

- Mettre en place une économie qui réponde aux besoins de tous et tienne compte de l’environnement.

ALTERNATIVE : nationalisation / autogestion.

ALTERNATIVE : nationalisation / socialisation.

- Abolition des liens de subordination.

- Fin de la classe oisive des rentiers.

- Abolition du marché.

- Penser la révolution en dehors de l ‘élection.

Socialisation des biens plutôt que leur nationalisation.

Opposer aux dogmes mortifères « croissance » et « compétition », la coopération, la collaboration, l’entraide.

Éco-féminisme / écologie sociale.

- Retisser nos liens à la nature.

- Lutter contre toutes les dominations. ALTERNATIVE :Solidarité / égoïsme.

Le capitalisme s’adapte pour mieux nous écraser et se sophistique pour mieux nous exploiter.

 

 

 

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