L'Afrique, l'aube d'un nouvel air?

A l'euphorie légitime, à l'ivresse de la souveraineté recouvrée, aux rêves d'égalité, à l'aspiration de puissance et de reconnaissance, succèdera guerres et misères, venant étouffer tout espoir d'un peuple devant l'écran de fumée des indépendances.

A l'euphorie légitime, à l'ivresse de la souveraineté recouvrée, aux rêves d'égalité, à l'aspiration de puissance et de reconnaissance, succèdera guerres et misères, venant étouffer tout espoir d'un peuple devant l'écran de fumée des indépendances. Doit on continuer de se lamenter ? Ressasser le passé: l'esclavage, la colonisation, la françafrique ,et bientôt la chinafique ! Le salut du continent passe par une unité de ses peuples. Et en leur capacité à lutter ensemble contre le courant mondialiste à bord du bateau Afrique.

Un long mirage

L'aube d'un nouvel air nous avait-t-on promis, richesse et prospérité avaient-ils dit, démocratie terrible désillusion. Outil du tyran, fléau du faible. La vie continuera peu importe nos cris et nos peines. Le soleil se lèvera, brillera et se couchera à l'occident.Dans un ballet incessant, nos proconsuls continueront leur procession vers Lutèce, avec pour offrandes notre dignité et notre souveraineté.

En marionnettiste habile le suzerain poursuivra sa besogne, donner d'une main pour reprendre de l'autre. Il s'offusquera de notre ingratitude, celle qui nous donne la hardiesse de braver le Styx pour rejoindre "son jardin d'Eden" .Contrée lointaine, moderne et civilisée, là où vie rime avec liberté, et existence avec opulence.

Soit loué les esprits des lumières, père de la société moderne, pour leurs prouesses et leur affairisme. Aux envolés lyriques remarquées, aux intentions civilisatrices, nous répondrons calomnie! Cela n'était que prétexte, à l'industrie naissante il fallait nos matières premières, au capitalisme notre sang.

L'aube d'un nouvel air

L'aube d'un nouvel air ne doit pas être promesse, mais récompense d'un travail laborieux. Cessons nos croyances, notre fois aveugle en l'humanité. "Aimes ton prochain" avaient-ils dit, "donnes et tu recevras", douce anesthésie pour les sauts! Le monde n'est que convergence d'intérêts, régi par la loi implacable du capitalisme. 

Le loup s'improvise berger, garantit notre monnaie, et par philanthropie finance l'Union Africaine à hauteur de 75%. Ne soyons pas étonnés du résultat, la raison du plus fort est toujours la meilleure.

L'aube d'un nouvel air passe par une fierté recouvrée: un rejet de la mendicité et de l'assistanat. Par une fois nouvelle et vive en l'unité de l'Afrique. Par un courage immense et  sans limite face à l'impérialisme! Et par une sauvegarde de nos us et coutumes qui font de nous des africains.

 

Bali Souké

 

 

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