Nous sommes tous nés en 1975!

Au nom du principe universel de solidarité, les personnels de la cité scolaire Honoré de Balzac (Paris XVIIe) refusent le projet de réforme de la retraite par points.

Tout en se réclamant avec cynisme du programme du Conseil National de la Résistance, le Premier Ministre propose aux salariés de revenir sur près de 75 ans d’histoire sociale et d’abandonner toute référence collective à des annuités et au taux de remplacement. La retraite ne serait plus un droit pour tous les salariés mais la rémunération de points acquis pour chaque heure travaillée.

Si les concepteurs de cette réforme clament haut et fort qu'elle préserve le principe de la répartition - les actifs occupés finançant les retraites - nous ne sommes pas dupes : ce n'est bien sûr qu'une façade. En effet, par son système à points, cette réforme introduit une logique purement individualiste où chacun va accumuler des points qui seront fonction de son niveau de salaire.

Pour une grande majorité de salariés - et plus particulièrement pour les femmes aux carrières plus souvent interrompues et aux rémunérations inférieures - cela se traduira in fine par une diminution des retraites : pour ceux du privé parce que leur carrière sera de plus en plus morcelée en raison de la précarisation croissante de l'emploi privé ; pour ceux du public parce qu'ils commencent en général leur carrière à des niveaux de salaire assez bas, qui ne progressent ensuite que très lentement au fil des échelons gravis - à titre d'exemple, les enseignants devraient perdre entre 600 et 1000 euros bruts de pension par mois.

Cette baisse annoncée des niveaux de retraite, que chacun va anticiper, va tous nous précipiter dans les bras des sociétés financières, prêtes à nous vendre des retraites complémentaires par capitalisation pour lesquelles la seule logique de l'épargne individuelle prime, et soumises aux aléas boursiers par l’intermédiaire des fonds de pension. Le PER mis en place par la loi PACTE n'a pas d'autre objet que celui de servir de "coquille d'accueil fiscal" à de tels produits d'épargne. Seuls les hauts salaires, capables de générer une capacité d'épargne conséquente, permettront d'en tirer vraiment avantage - encore faudra-t-il qu'une crise financière, jalon régulier du capitalisme, ne vienne pas réduire à néant cette épargne ainsi constituée.

NOUS AFFIRMONS LE PRINCIPE INDEFECTIBLE DE SOLIDARITÉ ENTRE :

  • Les générations (refus de l'individualisme, fragilisation des pensions, les retraites complémentaires s'inscrivant dans la capitalisation de tous les secteurs de la vie…)
  • Les salariés du privé et du public car toutes les retraites seront dévalorisées, pas seulement les "régimes spéciaux"
  • Les élèves et les professeurs (les réformes successives dont la réforme des lycéesempêchent le travail décent, lent et patient des élèves et des enseignants…)
  • Tous les personnels de notre établissement scolaire : les collègues de la vie scolaire, les AED, les infirmières, les agents administratifs, agents techniques, les enseignants contractuels, vacataires, titulaires, (tous les statuts sont unis contre l’individualisme qu’induisent ces réformes, les petits calculs des intérêts particuliers qui séparent les gens…)
  • Les cheminots, les agents de la RATP et leurs usagers. Il n’y a qu’une seule bataille aujourd’hui, celle qui nous concerne tous, indivisibles.

Il n’y a pas de pays vivable sans solidarité, sans souci de l’autre, sans amour.

PRÉSERVONS LES PRINCIPES DU CNR, FONDATEURS D’UNE VÉRITABLE JUSTICE SOCIALE

 

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