Le président malgré nous

Honoré de Balzac nous a certes donné son nom, mais il arrive que Molière nous prête sa plume, pour rappeler que "pas de retrait, pas de rentrée !"

Acte I, scène 1

Manu : Non, je te dis que je n'en veux rien faire et que c'est à moi de parler et d'être le maître.
Bridget : Et je te dis moi, que c'est moi la maîtresse, que je veux que tu la retires, cette réforme par points et que je n'ai pas signé de pacte avec toi ni de loi Pacte pour soutenir tes fredaines.
Manu : Oh la grande fatigue que de diriger un pays et que BlackRock a bien raison quand il dit que rien ne vaut la capitalisation !
Bridget : Voyez un peu l'habile homme avec son benêt de BlackRock !
Manu : Oui, habile homme, trouve-moi un faiseur de magot qui sache comme moi diviser un pays, qui ait servi 2 ans et demi à mettre gilets jaunes, infirmiers infirmières, cheminots, manifestants, manifestantes pour le climat et professeurs dans la rue.
Bridget : Peste du fou fieffé !
Manu : Peste de la carogne !
Bridget : C'est bien à toi vraiment à te plaindre de moi : devrais-tu être un seul moment sans rendre grâces au ciel de m'avoir, moi, professeure, prête à éduquer nos enfants ? Est-ce que je mérite que tu me traîtes ainsi ? J'ai tous ces petits enfants sur les bras.
Manu : Mets-les à terre !
Bridget : Tu as déjà réformé de manière insensée le lycée...
Manu : Baste, laissons là ce chapitre, il suffit que nous savons ce que nous savons et que tu fus bien heureuse de me trouver.
Bridget : Qu'appelles-tu bien heureuse de te trouver ? Un homme qui réduit nos retraites, qui balaye le principe même de solidarité par répartition, un traître qui jouera selon son bon plaisir sur la valeur du point d'indice ?
Manu : Ma petite femme, ma mie, vous savez que je l'ai assez bon, le poing...
Bridget : Je me moque de tes menaces.
Manu : Ma chère moitié, vous avez envie de me dérober quelque chose...
Bridget : Crois-tu que je m'épouvante de tes paroles ?
Manu : Doux objet de mes vœux, à la rentrée tu te fatigueras et ne l'entendras plus de cette oreille. (il lui tire l'oreille).
Bridget : Lâche donc mon oreille, le temps des coups de bâton est révolu. De quelle rentrée parles-tu ? De quelle fatigue parles-tu ? Pas de retrait, pas de rentrée !

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