L’appel des habitants aux opposants à EuropaCity

Nous citoyens du Val d’Oise et de Seine-Saint-Denis, hommes, femmes, travailleurs, chefs d’entreprise, représentants associatifs, retraités ou simples habitants du territoire concernés par le projet, nous lançons un appel solennel aux opposants à EuropaCity pour qu’ils cessent de parler en notre nom.

Depuis toujours, élus, acteurs économiques, experts, intellectuels... ont choisi ce qui était bon pour nous, les habitants des quartiers populaires du nord de l’Île-de-France. On nous a  promis Roland Garros, un Grand Prix de Formule 1 et ils ont fermé PSA. Ils nous ont assuré que nous bénéficierions du Stade de France, de l’Euro 2016 : on attend toujours. On espérait que l’Expo Universelle ait lieu dans le Triangle des Gonesse en 2025, c'est finalement le plateau de Saclay qui a été retenu. Les grands projets nous échappent toujours !

Alors que nos territoires se préparent pour les Jeux Olympiques, nous tirons la sonnette d’alarme pour ne pas que notre voix soit à nouveau confisquée par ceux qui veulent tant notre bonheur.

De ce point de vue, l’opposition au projet EuropaCity fait pointer le risque que nous soyons encore les grands perdants de l’histoire. Là encore, nous remercierons tous ces esprits bien intentionnés, si préoccupés par notre santé, notre bien-être, notre environnement. Pour eux, EuropaCity n'est pas un bon projet pour nous, il faudrait absolument tout arrêter pour créer des fermes écologiques qui, osent-ils nous dire, seraient la seule voie de développement possible pour notre territoire. Mais pourquoi devrions-nous sacrifier l’avenir de nos enfants en choisissant une voie sans issue pour ces quelques hectares coincés entre deux aéroports et une autoroute ? Nous sommes encore les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour nous !

Pourtant, les journalistes ne nous demandent jamais notre avis. Nous sommes sûrement trop stupides pour leur parler. La presse n’en a que pour des opposants, qui n’habitent même pas le territoire, des donneurs de leçons qui n’ont que faire de nous, qui n’ont jamais mis un pied dans nos quartiers, mais qui s’autoproclament défenseurs de notre territoire. Aujourd’hui nous disons stop ! Opposants à EuropaCity, cessez de nous confisquer la parole, venez plutôt discuter avec nous !

Cette parole, nous l’avons exprimée nous-mêmes pendant les longues et nombreuses réunions publiques organisées ces derniers mois. Car quand quelqu'un s’intéresse à votre territoire pour y investir 3 milliards d’euros, la moindre des choses c’est de lui parler : c’est ce que nous avons fait, avec rigueur et avec vigilance, conscients que ce grand projet, locomotive pour notre territoire, n'en règlera pas pour autant tous les problèmes. Nous avons ainsi pu poser aux responsables d’EuropaCity toutes les questions que nous avions (et nous en avions !) sur le projet en lui-même, ses implications sur le territoire, sur notre quotidien, ou encore sur les 12.000 emplois annoncés. Nous avons pu leur confier nos préoccupations sur le recrutement local, la formation de nos jeunes ou les liens avec la population.

 

Nous sommes des citoyens vigilants et exigeants et le resterons aussi longtemps que nous serons impliqués dans le projet. Car quand nous avons quelque chose à dire, nous le disons. Aujourd’hui, après toutes ces réunions, nous pensons qu’EuropaCity et l’investissement qu’il représente sont une chance unique pour développer notre territoire, offrir de vraies perspectives professionnelles à nos enfants et donner enfin une autre image de nos quartiers : l’excellence. L’avenir se construit ici, à Gonesse, Villiers-le-Bel, Sevran, Aulnay-sous-Bois, Sarcelles, et nous voulons être acteurs des futurs grands projets ! C'est pourquoi nous vivons aujourd’hui ces polémiques médiatiques comme une véritable injustice au regard des enjeux que tout cela représente pour nous.

Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de nous réunir dès la rentrée de septembre pour discuter démocratiquement des moyens de nous organiser pour faire enfin entendre notre voix, qui est légitime car nous vivons vraiment sur le territoire et qui nous en avons assez de voir les plus grands projets s’envoler les uns après les autres par le fait des puissants. Nous ne sommes ni à vendre ni à acheter, nous voulons juste un avenir.

 

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