Faux arguments mais vraie répression.

Depuis plusieurs décennies les données statistiques nous montrent une baisse significative des morts suite à des accidents de la circulation. On ne peut que s’en réjouir.

 

Cette baisse est un motif de fierté  pour tous les gouvernements qui la présentent comme le résultat de la répression (eux ils parlent de prévention) routière.

Rien n’est moins vrai.

Car si c’était le cas, cette baisse serait pondérée et calculée selon  plusieurs facteurs tels que le nombre des véhicules en circulation, le kilométrage moyen parcouru, le kilométrage total du réseau routier et son état, la vétusté du parc automobile, les conditions climatiques, la vitesse du vent et l’âge du capitaine ; le tout exprimé en pourcentage.

Or, malgré l’augmentation constante  des véhicules en circulation la mortalité a chuté en chiffres réels.

Même quand l’introduction des 35 heures a mis d’un coup plus de monde sur la route.

 Les  facteurs qui ont déterminé cette amélioration sont connus depuis longtemps. Pour rappel :

Rentrent dans la statistique des tués sur la route les personnes qui décèdent entre le moment de l’accident et 6 jours après (ce laps de temps était en discussion, je n’ai pas l’info qu’il ait été changé).

  • Or la médecine a fait d’énormes progrès et en essayant de les sauver elle prolonge la vie de blessés qui sortent ainsi de la statistique.
  • Le Samu est devenu plus performant et plus rapide dans les interventions.
  • Tout le monde a un portable et peut appeler les secours en temps réel.
  • La sécurité passive des voitures a fait également un bond spectaculaire.
  • Les routes sont meilleures et mieux entretenues.

 Mais actuellement on a pratiquement amélioré tout ce qui pouvait l’être.

Il ne reste que peu de marge.

Par conséquent les accidents mortels vont peut-être baisser en pourcentage mais logiquement  augmenter en chiffre réels au rythme de l’augmentation du trafic.

Et l’Etat va encore sévir.  Et nous faire passer à la caisse.  C’est dans les tuyaux.

 

 

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