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Billet de blog 2 avr. 2012

Un français, d'origine hongroise ...

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Crime originel.

A la façon dont les medias nous ont rebattu les oreilles des "origines algériennes" d'un certain M.Merah, il était impossible de ne pas saisir le message : bien évidemment, on veut par là nous faire entendre que si ce criminel avait été français " d'origine", il n'aurait pas fatalement rallié l'islamisme radical. Par là aussi, on nous laisse complaisamment sous-entendre que tout immigré d'origine algérienne serait un fanatique islamiste en puissance.

Tâchons pourtant de rester calmes :

Si l'on ajoute au rappel obsessionnel, par les medias, de cette "origine"  ( que le droit du sol dément, constitutionnellement ) le fait, moins proclamé, que le criminel fut abandonné par son père ( retourné en Algérie ) explique en partie, selon les psychologues, (et étant donné son caractère violent ), qu' il ait pu devenir un fanatique de la cause islamiste.

On peut donc concéder à son "origine" une influence certaine sur la psyché désaxée et les actes inqualifiables de M.Merah. Les sociologues ajouteront que l'argent facile des caïds excita tout d'abord sa convoitise et que sa criminalité commença par là, avant qu'il ne devînt un assassin.

Le cas de Mohamed Merah n'est pas un cas isolé. Il rappelle, à certains égards, la destinée fatale (pour  ses congénères ) d'un autre quidam, lui aussi " français d'origine étrangère" et qui devint célèbre pour ses méfaits :

Ce Français, d'origine hongroise, avait lui aussi été abandonné par son père ....:il en avait conçu une grande souffrance névrotique.

D'un naturel ambitieux et doué pour l'intrigue, couvé par sa mère, lui aussi, et envieux d'une autre sorte de caïds, il fit tant qu'il devint Roi, ou presque. Son caractère foncièrement primaire et violent fit, hélas,  le reste :

On passera sur les boucs émissaires électoralistes habituels de l'extrême droite qu'il reprit à son compte, à savoir les enfants de l'immigration héritée des Colonies. On passera sur la politique de répression extrême-droitière, qui scella son ascension vers les sommets de la criminalité : un enfant tomba d'un balcon en fuyant les policiers qui pourchassaient son père, des petits enfants, voire des bébés, au motif qu'ils étaient noirs et sans papiers, furent arrêtés et arrachés au sein de leur mère, enfermée en centre de rétention. On passera sur les affaires d'argent, le fisc protégeant les bandits de haut vol tout en faisant les poches des miséreux, les millions usurpés, les avions, les medias, les faits d'armes détournés à son seul profit, à sa seule gloire. Crimes qu'il ne commit pas de sa main, mais dont il était l'instigateur, en tant que Premier responsable.

On passera, non parce qu'on excuse, mais parce que la liste des crimes serait trop longue et qu'elle ne serait somme toute que l'énumération déprimante des exactions ordinaires d'un banal tyran .

Revenons, par contre, sur les origines géographiques et l'anamnèse de ce monarque : Le fils d'immigré hongois, abandonné par son père, s'est mis  soudainement à s'en prendre avec  frénésie à d'autres boucs émissaires, pourtant faiblement ciblés par l'ensemble de ses administrés : c'est à dire qu'aucune raison sondagière ou électoraliste ne venait justifier ces prises de position, dont l'extrême violence n'égalait que l'incongrüité.

Il s'agit en l'occurence du fameux discours de Grenoble, qui fit pourchasser, avec un acharnement incroyable, des familles éperdues de Roms :

Cela accentua la déshérence sanitaire et sociale, la misère matérielle et morale de ces populations. exclues impitoyablement de leurs campements précaires, dévastées. Cet acharnement provoqua un tollé au plus haut sommet de l'Europe et ne fit plaisir qu'à une poignée de  tordus du FN.

Plus bizarre encore,  les évènements qui motivèrent le discours Grenoble étaient dûs non à des Roms, mais à des caïds de banlieue. Car le crime commis par les Roms à cette période avait été de se faire tuer en tâchant de forcer un barrage de police. Alors que les habitants de la Villeneuve de Grenoble, qui n'en pouvaient mais de ces règlements de compte entre  bandes de narco-trafiquants, demandaient à cor et à cris une police de proximité, et voilà que ce  Roi désaxé n'avait trouvé d'autre remède à l'insécurité de leur quartier que de leur casser du tzigane, sous leurs fenêtres !

Quelle mouche l' avait donc piqué ?

Ce n'est pourtant pas difficile à comprendre : son inconscient territorial avait parlé à sa place :

Il  faut savoir que les Hongrois ont  toujours détesté les Roms. Cette haine atavique avait resurgi dans la psyché malade du monarque "français d'origine hongroise" . Alors même que le harcèlement infâme des immigrés et des sans papiers était par lui conduit sans état d'âme, quand il tapait sur les Roms, il y mettait toute sa flamme. Il jouissait.

Ainsi poussé par son atavisme incontrôlable, a travers les fissures de son inconscient, il s'avérait un fanatique de la cause patriotique de ses ascendants.

A partir de là, il s'engagea toujours plus avant dans la très haute criminalité. 

A la fin, la comptabilité de ses crimes l'ayant rattrapé, il fut  finalement mis hors d'état de nuire par les citoyens, dans les urnes.

Pour autant on ne déclara pas, dans les medias, que

"Le Président Français, d'origine hongroise ", avait été battu au second tour par le raide scrutin du  6 mai.

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