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Billet de blog 16 oct. 2009

Le bal des vampires

Rien de tel que France Culture pour égayer un long trajet en automobile : c'est ainsi qu'entre Auxerre et Bourg en Bresse, j'ai pu écouter avec plaisir, il y a quelques semaines un éminent linguiste disserter des origines du personnage du vampire.

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Rien de tel que France Culture pour égayer un long trajet en automobile : c'est ainsi qu'entre Auxerre et Bourg en Bresse, j'ai pu écouter avec plaisir, il y a quelques semaines un éminent linguiste disserter des origines du personnage du vampire.

A la fin de l'entretien, l' homme de sciences, dont les conclusions allaient le plus souvent à l'encontre des idées reçues, était parvenu à rendre aux vamps, aux goules, aux revenants et autres « morts-vivants » ce qui leur appartenait respectivement. On avait bien entendu évoqué, au cours de cette interview, le fameux film de Polanski : mais notre savant ne semblait pas l'avoir trouvé particulièrement intéressant ni marrant. Pour lui, le seul ouvrage capable de rendre la dimension à la fois tragique et horrifique du vampire était le "Dracula" de Bram Stoker.


Me revint alors en mémoire cette blague linguistiquement incorrecte que les enfants se racontaient quand ils étaient à la communale « quel est le vent le plus pire ? » « le vampire ! ». Elle n'aurait pas fait rire du tout, le docte invité. Peu après cette émission éclata, justement, l'affaire Polanski : comme quoi un bal des vampires peut en cacher un autre, car qu'est-ce que la pédophilie, sinon une manière pour un « vieux » de puiser dans la jeunesse le flux de sang impétueux qui manque à ses artères ? Fini le strass et les paillettes ! Le cinéaste se retrouvait piégé par son passé de débauche. Les citoyens lambda comme moi étaient interloqués, mais bon, chacun sait que le monde du cinéma est connu pour son dérèglement des mœurs et que l'Amérique n'a pas le même système judiciaire que le nôtre. La grande majorité du peuple français ne réagit donc guère à cette affaire.
Par contre, des personnalités, comme on dit, de la vie politique, on devrait plutôt dire, de la « pipolitique », Bernard Kouchner et le tout- nouveau Ministre de la Culture en tête, s'étranglèrent d'indignation jusqu'à lancer une pétition pour la libération du cinéaste. Là encore, peu de remous au café du commerce, à part pour constater, désabusés, devant un Picon-bière que les gens riches et bien placés peuvent tout se permettre impunément et se soutiennent entre eux.

La vie des morts vivants

Mais quand Marine le Pen a jeté son pavé à l'antenne, quelle panique ! On était en pleine déconfiture de la France Culture, et le vent pire soufflait, soufflait sur les braises mal éteintes... Ce Ministre, qui avait soutenu un ex-pédophile. « Paraît qu' il allait avec de jeunes garçons, Madame Michu, pensez donc !!! » Ah pour ça oui, ça jasait, autour du comptoir et dans les chaumières !
Et aussi, il fallait les voir, tous ces pipolitiques, agrippés aux breloques de leur ministères, pesant de tout leur poids de communication, exposant leurs bonnes excuses empesées pour soutenir la nouvelle erreur de casting du Président.de la République.. ! Ils étaient tous là, soudés autour de l'accusé, les suceurs du sang du peuple, la caste qui s'engraisse à bon compte et avec bonne conscience, au prétexte qu'elle est l'élite qui « gouverne »..alors qu'elle ne sait même pas se gouverner elle-même.
...d'ailleurs il n'y en a qu'un, en réalité, qui gouverne, dans ce pays, selon son bon plaisir et sa fantaisie : le PR, un hongrois qui ressemble un peu à Dracula, en plus petit. Pour revenir aux « révélations » de Marine le Pen, Monsieur Frédéric Mitterrand a donc commis il y a quatre ans un livre, où il racontait ses frasques à Bangkok, ou ailleurs, tout le monde se fiche bien de l'emplacement exact car tout le monde a entendu parler des massages et des bordels thaïlandais.
Il y était question de relations sexuelles tarifiées avec de jeunes garçons ...Au fond cela n'étonnait personne, mais choqua tout un chacun... L'accusé confirma son tourisme bordélique mais nia les rapports "pédophiles". Il avait eu droit pour ce faire au JT de 20 heures, le soir même, : notons au passage que Dominique de Villepin n'en a pas eu autant pour l'affaire Clearstream.
« Enfin, tous ceux qui ont lu mon livre savent que je ne suis pas pédophile » a déclaré , au final, l'accusé : Bon, puisqu'il faut bien appeler un chat un chat et un enc.. un enc..., si on lit le passage incriminé, paru dans « le Monde », on comprend rapidement à la lumière crue d'une ampoule de douche que c'est lui, FM, et non pas le prostitué, qui l'est. En clair, un impubère serait incapable de faire à FM ce ...qu'il décrit, point, CQFD.

Miroir, mon beau miroir

« J'ai péché, mais je m'en absous largement, comprenez, la tentation était si forte, songez, ce cadre si exotique avec tous ces garçons en boxer blanc, totalement disponibles, ça m'a tellement excité !
C'était beau comme un marché aux esclaves.
Et puis même si je l'ai payé, je l'ai bien payé et j'éprouvais du sentiment pour ce garçon »
dit-il, en substance, dans son chapitre hard. Aucours d'une une émission de télé antérieure à l'affaire et que l'on a pu revoir, il avait exposé l'argument suivant : " Ce chapître était nécessaire, sans quoi, le récit eût été déséquilibré, il aurait manqué quelque chose » Sans doute : le chapître « sexe » est indispensable, pour faire vendre un roman, de nos jours :
Cela, tous les éditeurs vous le diront....
C'est ainsi : A l'étal létal des vampires littéraires, il est de bon ton de livrer, enrobé de beau style, le récit de ses turpitudes passées. Plutôt que ses longues canines, c'est son nombril, de préférence, qu'on exhibe, le priapisme narcissique érigé en argument de vente.
On minaude, un peu, sur sa mauvaise conscience, mais l'encombrant Jiminy Cricket est vite étouffé.

Pour le lecteur, tout en n'omettant pas la cuvette à portée de main, une bonne surprise l'attend,
tout de même, au détour des feuillets que le Monde avait publiés : C'est plutôt bien écrit : FM parvient, par la magie des mots et de l'anamnèse, à faire pousser des fleurs sur son tas de fumier. Hélas, ici, la belle écriture ne suffit pas à masquer le rien-à-dire, ni à donner du corps à l'ouvrage. Ces fleurs du mal restent convenues et artificielles. A la mode.
On y cherchera en vain le questionnement existentiel déchiré et déchirant qui amnistie la violence d'un Georges Bataille, ou l'éthylisme forcené d'un Bükovski.
Les fleurs sulfureuses de "La Mauvaise vie" sont peintes à la main, certes, mais selon les conditions en vigueur du monde de l'édition. Le bovarysme de garçon de bain de l'auteur, s'il édulcore un peu la veulerie des sentiments et ménage l'émotion dans la déréliction, ne rappelle pas, même de très très loin, la flamboyance crucifiée d'Oscar Wilde, tombé dans la déchéance par amour fou pour son giton.
Aussi, si beau style il y a, ça ressemble plus à un exercice littéraire sur le thème "Emmanuel(le) chez les gays" qu'au "De profundis" du célèbre dandy. Dans le film de Polanski, qui démarre plutôt rigolard, comme une parodie du célèbre roman de Bram Stocker, il y a soudain cette scène effrayante, où les deux héros, jusque là sceptiques, découvrent soudain qu'ils sont les seuls visibles en face du miroir de la salle de bal, parce qu'ils sont entourés de morts-vivants :
Quel rapport, au final, entre les vampires, Oscar Wilde et Fréd Mitterrand ?C'est que si ce dernier se regarde dans le reflet de sa télé, il verra se superposer à son image pipolisée et ripolinée le portrait de Dorian Gray.
Car, le saviez-vous ? Bien avant de "tourner gay", Oscar Wilde fut fiancé : mais sa fiancée le quitta pour épouser .....Bram Stocker : Qui sait si cela ne fut pas l'élément déclencheur de son homosexualité, plus tard ? Autant en emporte le vampire...
Quoi qu'il en soit, par prudence, il est recommandé au citoyen téléspectateur moyen d'enfiler un collier d'ail avant de s'installer devant un débat, ou divertissement, ou journal télévisé, truffé de suppôts du sarkozysme : Le gros souci, avec tous ces vampires du petit écran ou d'ailleurs, c'est qu'ils ont tendance à persévérer dans leur non-être, à nos dépens ....Baruch S

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