la fête des VRAIES mères

 

Cher Mr Président Sarkozy

Nous saluons ici votre nouvelle mesure de modernisation des jours fériés : j'ai nommé "la fête du vrai travail", toute à la gloire de notre chère Nation. Une fois votre inévitable réélection confirmée, et nos accords scellés, nous nous proposons de continuer à réformer le calendrier :

Pour commencer, nous devrons instaurer la fête des vraies mères.

Il s'agira là de récompenser par un diplôme les mamans qui se dévouent jour et nuit pour leurs enfants, leur famille et leur mari, sacrifiant leur repos, leur carrière et leur loisirs dans la noble tâche qui leur est naturellement dévolue : ce sera plus moral que la coutume actuelle qui consiste à couvrir de cadeaux, certes généralement utiles car d'usage ménager, mais immérités, n'importe quelle gourgandine sous prétexte qu'elle a un jour accouché.

Une mention spéciale sera accordée aux pondeuses d'excellence et également, au cours d'une cérémonie, une médaille en forme de croix de malte inversée sera attribuée aux mères ayant engendré un fils ou une fille qui se sera engagé dans l'armée ou dans la police.

Après quoi il sera impératif que la fête Nationale du 14 juillet, soit elle aussi réformée pour devenir la fête de la vraie Nation. La bonne tenue des festivités sera de rigueur :

Qu'on ne voie pas traîner, parmi les rangs qui admirent le défilé, des femmes portant le hijab ou vêtues de boubous criards, des garçons à la peau  insolemment bronzée, coiffés d' une casquette à l'envers, engoncés dans un sweet à capuche et autres signes ostentatoires de diversité subversive.

Il en va de notre sécurité nationale et de l'honneur de notre patrie.

Il conviendra aussi ce jour là d'honorer les vrais français : à cet effet, on tirera au sort un couple pavillonnaire typé, accompagné de son chien de garde : 

de préférence un berger allemand.

Que ce dernier ne sache pas claquer des talons en levant la main droite à plat et le bras incliné à 45 degrés par rapport à l'axe du tronc n'a aucune espèce d'importance. L'important est qu'il sache aboyer juste quand Mme Brigitte B, l'amie de Mme le P, viendra le décorer. 

Un bal suivra la cérémonie, ce sera le vrai bal du vrai quatorze juillet, la sono ne diffusera que des valses viennoises . A la buvette, bière, saucisses à volonté, mais surtout pas de merguez.

Veuillez agréer Monsieur le Président Sarkozy l'expression de notre plus étroite collaboration.

 JMLP

 

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