Covid : Médias Fact Checkers, fabriques à mensonges

Reuters Fact Checks, “Vrai du Faux“ de France Info, Snopes… Pas un fait ne résiste à la mécanique bien huilée des vérificateurs professionnels. Une production à la chaine, CINQ mensonges en trois fact-checks, avec un cas d’école : le drame de la British Airways.

Mois de mai funeste pour l’aviation civile. 17 pilotes de trois compagnies indiennes (0,4% des effectifs environ) meurent du Covid-19, officiellement ; à la British Airways, quatre pilotes sont décédés en pleine campagne de vaccination. Devenue virale sur les réseaux sociaux, la nouvelle est passée au crible des vérificateurs de faits, le service Fact Check de Reuters, en l’occurrence. Il reproduit les propos d’un témoin qui se dit « ami d’un pilote de la BA [British Airways] » :

« "Il y a eu ce troisième pilote de BA qui est mort ces sept derniers jours, ouais ? Troisième pilote mort en une semaine", dit l'homme... "Les deux premiers avaient la quarantaine et la cinquantaine ; ce type, la trentaine, en parfaite santé, pas de problèmes sous-jacents. Il a reçu son deuxième vaccin et il est mort en quelques jours, exactement comme les deux premiers.

"A cause de cela, BA est maintenant en pourparlers avec le gouvernement pour savoir s'il faut autoriser les pilotes vaccinés à voler. Le problème, bien sûr, c'est qu'environ 80%, selon mon ami de BA, 80-85% ont été vaccinés."

L’agence Reuters dément qu’il y ait eu des « pourparlers de crise » entre la compagnie et le gouvernement britannique, sans démentir (ni confirmer) la conjonction temporelle entre vaccinations et décès. Responsable au sein de l’agence du médicament anglaise (MHRA), la docteure Sarah Branch affirme : « Nous n’avons pas été tenus au courant des morts des pilotes de la BA après qu’ils aient reçu le vaccin covid-19 ni n’avons eu de discussion avec la BA… ».

Voilà une information bigre inquiétante : quatre pilotes meurent en pleine campagne, et c’est business as usual, les managers de la British Airways ne sonnent pas l’alerte, et Sarah Branch ne s’en étonne pas une seconde. Tout va bien à la BA, les vols reprennent...

Il semble que Sarah Branch confirme discrètement la vaccination préalable des décédés, mais Reuters glisse dessus allègrement.

En l’absence de démentis de Reuters, certaines données de l’ami du pilote sont confirmées, en creux. 80% à 85% des pilotes auraient bien eu l’injection à ce stade. La flotte de la BA comprend 280 avions, chacun étant en moyenne associé à « 5 ou 6 équipages » dont un pilote et un copilote. Ce qui donne grosso-modo 1700 pilotes vaccinés, environ 2 pour mille décédés, potentiellement du vaccin. Pas de quoi interpeller un manager ou les médecins du ministère…

Reuters ne dément pas non plus que trois pilotes soient morts « quelques jours » après le vaccin.

Traduisons un passage de l’article : « Le porte-parole [de BA] a toutefois confirmé l'authenticité des quatre livres de condoléances, quatre pilotes de la compagnie étant récemment décédés. "Nos pensées vont à leur famille et à leurs amis", ont-ils déclaré, ajoutant qu'aucun des décès n'était lié aux vaccins. »

Reuters brille par sa précision. Le porte-parole n’a pas de nom, et on passe au pluriel, « ont-ils déclaré », la responsabilité des propos sans identité est noyée dans la masse, et l’important est cité sans guillemets : aucun… n’était lié aux vaccins…

Qui le dit ? On ne sait pas. Quelqu’un (ou un chœur collectif ?) qui travaillerait pour la BA. Une information qui n’engage donc que le journaliste, et encore, son nom est « Reuters Fact Check ».

Patience. Une semaine plus tard, le 22 juin, le site Snopes, pionnier du fact-checking, dont un des plus gros donateurs est Facebook (100 000 dollars), titre : « Non, quatre pilotes de British Airways ne sont pas morts du vaccin COVID-19 ».

 Au fait, lequel, de vaccin ? Joker. Trois sont agréés par les anglais, en tout cas : le Moderna, le Pfizer et l’Astrazeneca.

Un bon point, le journaliste de Snopes a un nom, c’est l’irlandais Dan Mac Guill. Il affirme que British Airways a « fermement rejeté » la causalité vaccinale pour « les quatre pilotes », s’appuyant sur le tweet suivant :

 

tweet-britishairways

Traduction : « Tristement, quatre membres de notre communauté de pilotes sont décédés récemment. Nos pensées vont à leur famille et à leurs amis. Cependant, il n'y a aucune vérité dans les affirmations des médias sociaux qui spéculent que les quatre décès sont liés ».

Les quatre décès ne sont pas liés… entre eux ? Par défaut, c’est la seule affirmation, elle est incontestablement vide de sens. Il n’y a pas de lien direct, mais, éventuellement, un lien indirect : le vaccin. Il n’est pas dit qu’ils ne sont pas liés au vaccin. De plus, vue la syntaxe, ils nient le lien entre les QUATRE morts, mais ne nient pas un lien entre trois morts. Si c’est que trois, ça va…

Les managers de la BA sont des pros de la rhétorique, et les journalistes, eux, sont dans la manipulation (avec l’alibi d’être nuls et incompétents, ils pourront plaider la mauvaise interprétation). Magnifique exemple de fabrication mensongère en mode sériel, un classique.

Bilan temporaire :

  • La BA n’a rien nié du tout, et de toute façon, elle n’a pas la compétence médicale pour le faire.
  • On reconnait la citation de Reuters : sa source était un Tweet (!), le « ils » vient de « our thoughts », et la « porte-parole » s’appelle peut-être Julie... Sans le tweet, ça fait sérieux, et on comprend l’absence de guillemets dans la phrase “... ajoutant qu’aucun des décès n'était lié aux vaccins“ : Doublement faux (aucun ET vaccin).
  • Reuters fait dans le mensonge avec dissimulation des sources, facteur aggravant...

De son côté, Dan Mac Guill a le mérite de fournir des détails :

« Snopes a pu vérifier l'identité de trois pilotes de British Airways décédés en mai et juin 2021 : Le capitaine Nicholas Synnott, le premier officier Edward Brice-Bennett et le premier officier Grant Mercer […]

Synnott est mort en juin 2021, et son décès a été signalé dans un article du Daily Mail du 10 juin, ainsi que sur une page commémorative créée par ses proches. L'affirmation selon laquelle il a été tué par une vaccination contre le COVID-19 est particulièrement scandaleuse, étant donné qu'il a contracté le virus en mars 2020, alors qu'il travaillait au Texas.

Profondément atteint par le COVID-19, il a souffert d'une insuffisance respiratoire et un médecin a déclaré : " Tous les organes de son corps étaient touchés. " Après avoir reçu des soins pendant huit mois à l'UT Health et au Memorial Hermann Hospital de Houston, Synnott est finalement rentré chez lui en Angleterre en décembre 2020 ».

Le journaliste fait dans l’indignation et l’évidence trompeuse. Si le capitaine Synnott est rentré, c’est qu’il y avait un mieux. Tous ses organes « étaient touchés », mais à quel point, on ne sait pas. Rien dans la séquence des faits n’exclut une vaccination létale. Sachant que la protéine de pointe seule a un potentiel toxique, on peut imaginer que sa condition de fragilité, aggravée par une réaction au vaccin, ou bien une réaction auto-immune ou autre, aient précipité une issue fatale.

Mac Guill fait une déduction ferme de spécialiste (qu’il n’est pas), sans les éléments suffisants, avec un accès d’indignation au passage (« affirmation… scandaleuse »), qui impressionne le lecteur. Joli travail.

Il continue : « Brice-Bennett est décédé le 2 juin 2021. Le New Valley News, un journal local basé dans le sud du Wiltshire et le nord du Dorset en Angleterre, a rapporté qu'il avait été retrouvé inconscient dans un parc de VTT à Tidworth, dans le Wiltshire, et qu'il avait ensuite été déclaré mort par les ambulanciers. Une enquête du coroner nous apprend qu'un examen post-mortem avait révélé que Brice-Bennett avait souffert d'un "traumatisme abdominal et d'un hémopéritoine", qui est une sorte d'hémorragie abdominale interne ».

Cela peut rappeler le décès de l’étudiant en médecine mort d’une hémorragie interne après le vaccin, l’estomac rempli de sang. Un traumatisme résulte d’une « une action violente sur l'organisme », qui n’est pas nécessairement mécanique, et pourrait donc être liée à une réaction vasculaire « violente » au niveau du péritoine suite au vaccin. Ou bien : le cycliste a pu faire un malaise à cause du vaccin, et chuter inconscient.

Les éléments fournis sont largement insuffisants pour conclure, puisque le « traumatisme » n’est pas explicitement associé à la chute du cycliste. D’ailleurs, avec subtilité, Mac Guill laisse le lecteur conclure par lui-même.

Enfin :

« Mercer est décédé le 4 mai 2021 […]. Une personne ayant une connaissance directe des circonstances entourant la mort de Mercer a déclaré sans équivoque à Snopes qu'elle n'avait aucun lien avec la vaccination COVID-19 ».

Une personne anonyme, pourrions-nous ajouter. Il est « sans équivoque » qu’une enquête s’impose…

Mac Guill conclut : « Comme nous l'avons montré, nous savons que dans au moins trois cas, il existait d'autres explications claires pour les décès… ».

Disons plus clairement : les explications très partielles n’excluent en rien la causalité vaccinale, et une floppée d’éléments d’enquête cruciaux et forcément connus, manquent à l’appel.

Il poursuit :

« Compte tenu de tous ces facteurs, l'affirmation selon laquelle quatre pilotes de British Airways ont été tués par la vaccination COVID-19, en mai et juin 2021, est fausse ».

Le journaliste a pris des cours de rhétorique à la BA... Aucune « affirmation », négative ou positive, ne peut-être vraie, puisqu’aucune preuve ne permet de conclure. Mac Guill laisse croire qu’il a démontré le contraire, sans le dire. Par une lapalissade, il trompe le lecteur, du style « Pile je gagne, face tu perds » ; du grand art. Ce faisant, il laisse au directeur de publication de Snopes, David Mikkelson, la paternité du mensonge, compris dans le titre de l’article, qui n’est pas de la responsabilité du journaliste :

Non, quatre pilotes de British Airways ne sont pas morts du vaccin COVID-19

Au vu des éléments d’enquête rendus publics, cette affirmation est strictement fausse. Mikkelson pourra plaider la surinterprétation de la formule alambiquée de son journaliste.

Ce ne sont que quelques exemples, Don Patillo.

Ce décryptage d’un article des “Decodeurs“ du journal Le Monde révèle leur mauvaise foi dégoulinante, tout occupés à discréditer un médicament susceptible de faire capoter le projet européen de pass sanitaire, ou de mettre un sérieux coup au vaccin miracle (et accessoirement de sauver des milliers de vies, mais ça, c’est pas le problème de Big Pharma).

Synthèse : nous avons pu voir comment les vérificateurs utilisent les mêmes moyens pervers qu’ils attribuent aux « théoriciens de la conspiration » :

  • Manipulations sémantiques ou émotionnelles.
  • Interprétations fallacieuses à partir de sources non référencées, même quand elles existent (cf Reuters/Tweet de BA), cherry-picking (sélection des sources grossièrement biaisée)…
  • Conclusions fermes sans l’ombre d’une preuve.

Ainsi, le lecteur est abreuvé de titres fallacieux dans les pages Google, qui suffiront largement à calmer l’ardeur du public à en savoir plus. Et donc à permettre aux autorités compétentes de dissimuler une vérité gênante, ou de ne pas procéder à une enquête sérieuse et exhaustive, sur des évènements dont la gravité rend indispensable la dite enquête.

Sous-titre de Snopes : « Des théoriciens du complot sans scrupules se sont emparés cyniquement, et sans preuves solides, d'une série de décès tragiques au cours de l'été 2021 ».

Comme on dit à l’école : « C’est çui qui dit qui est ».

Pare-feux low cost du Système

Qu’ils soient établis en entités séparées, comme Snopes, ou en missions embedded, comme les Décodeurs du Mond ou, Reuters Fact Checks ou les Checknews de Liberation (on n’est pas à un anglicisme près), les vérificateurs-de-faits (pas terrible en frenchy) éteignent en urgence les feux propagés dans les réseaux sociaux. Des passages sont parfois pertinents, mais l’impression générale qui s’en dégage est que la conclusion est écrite à l’avance ; pour arriver à la “bonne“ conclusion, le vérificateur ramasse ainsi les éléments de discrédit, et s’ils n’existent pas, il suffit de faire comme si. Il évacue ou minore les éléments gênants, et s’attache surtout à ne pas poser les bonnes questions. Dans le cas où un intervenant est contacté, l’idéal est de ne pas lui poser de questions.

Ex. Questions que l’agent de Reuters n’a pas posées à la porte-parole anonyme de British Airways :

  • Qui êtes vous ?
  • Les pilotes décédés ont-ils bien été vaccinés ? Quand ? Combien de temps avant le décès ?
  • Si oui, avec quels fournisseurs ? Les vaccins provenaient-ils du même lot ? Les lots ont-ils été analysés ? Étaient-ils conformes ? (on sait avec le piratage de Pfizer que des lots sont de qualité déplorable)…
  • Le lien ou l’absence de lien entre vaccin et décès a-t-il été établi ? Comment ? Par qui, quelle entité compétente ?...
  • Vous dites que les quatre morts ne sont pas en lien. De quels liens parlez-vous ?...

Le journaliste le plus nul et stupide sait et doit poser ces questions triviales dont la réponse existe nécessairement. L’éventuelle absence de réponse doit être rapportée, c’est une information.

L’apparence trompeuse d’un travail conclusif et accompli permettent aux responsables de ne pas se justifier, de se défausser de toute responsabilité (propos évasifs et anonymes…), et aux médias et maisons-mères de ne pas produire la nécessaire enquête fouillée (dans notre cas, circonstances précises des décès, autopsies, médecins impliqués, témoignages et déclarations identifiés…).

En parallèle, les GAFAM et autres médias prennent ces faits faussement vérifiés en référence, soit pour censurer, soit pour mouliner la choucroute, et les faits remodelés selon l’éthique exemplaire décrite ci-dessus, se répand par contagion.

Je ne peux m’empêcher d’ajouter une fournée du cru, j’en ai à la pelle. L’été dernier, alors que de nombreux parents s’inquiétaient des effets d’un masque collé à la figure des journées entières sur le nez de leurs enfants, je relayais une pétition en commentaire d’un article de Mediapart, aussitôt « dépublié » par les dits modérateurs.

Pour prouver que le masque ne présente aucun danger, ils mettent en lien le site de France Info TV, rubrique « Le vrai du Faux », un fact-check payé par nos impôts ; chacun sait que France Info est à la pointe des questions de santé (dirigée).

Son titre :

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Ses arguments : aucune référence d’étude, mais les vagues avis de deux médecins de la même fondation (du Souffle), le seul bout de phrase à retenir étant : « … aucune étude scientifique rigoureuse n'a montré qu'il provoquait une hypoxie ».

Il existe au moins une étude de 2008, faite sur 53 chirurgiens, qui constate des taux d’hypoxie importants. Elle est très rigoureuse en matière de mise en œuvre, mais ne peut disposer de groupes de contrôle, un chirurgien n’opère pas sans masque. Le doute persiste, mais AUCUNE étude ne prouve l’absence d’hypoxie.

Une myriade d’études parfaitement conformes avec les protocoles existent, portant sur les effets du port prolongé. Je n’en cite qu’une faite sur des soignant.e.s, issue des services de santé anglais : un tiers du panel déclare des maux de têtes, 10% des maux de tête fréquents, et 7% ont dû prendre un à quatre jours de congés maladies sur une période de 16 mois ; conclusion : « Une durée plus courte du port du masque facial peut réduire la fréquence et la gravité de ces maux de tête ».

En trois phrases et deux références, j’ai démontré que le titre du « Vrai du Faux » comportait DEUX FAUSSE NOUVELLES flagrantes : des forts maux de têtes à répétition, ce n’est pas dangereux pour la santé ? Et pour celle des enfants ? Cette étude récente est plutôt inquiétante, et tend à démontrer que les maux de têtes infantiles sont liés à l’hypoxie et à l’hypercapnie (à quoi d’autre, sinon ?), sachant que l’excès de CO2 dans le sang n’est pas indépendant de l’absorption d’oxygène. Quoiqu’il en soit, le masque PEUT provoquer l’hypoxie, tant que le contraire n’est pas prouvé, et il comporte des dangers, c’est démontré. L’incurie de France Info contamine Mediapart, pendant que des gamins en souffrance sont punis par les instits.

Rassurez-vous, la santé n’est pas la seule cible des « vérificateurs », la géopolitique de l’OTAN est un domaine très prisé.

Nous avons donc en début de chaine, la matière première des faits, évacuée ou déformée, et à l’autre bout, l’assemblage conforme à l’idéologie de la pensée unique à dynamique infantilisante-totalitaire, livré en flux tendu, gratos.

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