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Billet de blog 20 septembre 2015

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Burkina : manifestation contre le coup d'état à Paris

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Voir Détails Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina
Niché sur sa base arrière de Côte d'Ivoire, le despote déchu Blaise Compaoré laisse planer son ombre sur Ouagadougou, encore, comme une fatalité. Ne croient à la fatalité que ceux qui ont baissé les bras. Le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso a lancé l'appel au rassemblement la veille au soir, dans l'urgence. Comme le rappelle un des organisateurs, un fait est avéré : le 31 octobre 2014, la France a exfiltré Blaise Compaoré, le soustrayant à la justice de son pays (*).


Les prises de paroles se succèdent au porte voix, entre état des lieux et volontarisme indigné : "Sur le terrain il y a une forte mobilisation, dans toutes les provinces, la résistance est partout; si on ne délivre pas la vraie information aux démocrates d'ici et ailleurs, ces gens vont continuer à perpétrer leurs crimes", " Dans les médias, le RSP prétend avoir le soutien de l'armée. C'est archi faux! le RSP n'est qu'une minorité..."  Aux instigateurs du coup d'état, qui prétextaient un processus électoral d'exclusion injuste, la réponse est donnée : "Ces gens qui ont tué pendant une trentaine d'années, qui ont confisqué le pouvoir, appauvri le pays, qui ont mis en place le régime patrimonialiste, enflammé l'Angola, la Sierra Leone [...], se plaignent d'être exclus. Eh bien non, nous ne pouvons pas les accepter, car ils ne sont pas des démocrates." Beaucoup d'informations et d'analyses qui n'ont pas, ou très peu été relayées dans la presse écrite française.

Avis de prudence, également :  "Le danger qui nous guette, c'est la guerre civile; soyons vigilants", et de mobilisation : "Si nous restons couchés, nous sommes morts", "  Nous vous appelons à résister avec tous les moyens que vous avez à disposition".
Les discours sont rythmés par les revendications : "A bas le RSP", "Dissolution du RSP", "libérez Michel Kafando et les ministres"; ou les slogans : "A bas ceux qui se prostituent pour prendre l'Afrique depuis une centaine d'années", "Vive le peuple français solidaire du peuple burkinabé", "Thomas Sankara, Vérité et Justice" ...
Dans l'assemblée, les esprits sont tourneboulés, le besoin de s'exprimer l'emporte par moments sur l'attention portée aux harangues. Les sentiments les plus variés coexistent, s'entremêlent. Exaspération, tristesse, inquiétude pour les proches et compatriotes, enthousiasmes chantés ou criés, gravité, impatience parfois. Une voix s'élève : "Allons à l'ambassade, à l'ambassade!". Réponse : "ne nous trompons pas de colère, nous n'avons rien à y faire!". Quelques palabres s'ensuivent, incartade vite oubliée. A propos des fomenteurs et autres complices : "Ils sont à côté de la plaque. Ils n'ont pas compris que les choses ont changé. Ca ne peut plus se passer comme ça".
Quel est ce Collectif (**) au nom compliqué quoique de circonstances? Un groupement d'associations burkinabés de France, créé quelques jours avant la destitution de Blaise Compaoré, en octobre 2014. Si certains partis les ont rejoints, c'est en mettant leur étiquette politique de côté. L'urgence pour eux est d'unifier les forces pour appuyer le processus démocratique au Burkina et sa stabilité.
Les gens rassemblés, eux, étaient à peu près deux cents, venus des quatre coins de la France; pour la plupart français d'origine Burkinabé, mais aussi beaucoup d'Afrique de l'Ouest venus manifester leur solidarité. Une minorité visible était française d'origine indo-européenne.


(*) : Voir http://www.rfi.fr/afrique/20141105-burkina-faso-blaise-compaore-france-exfiltration-cote-ivoire-hollande/
(**) : voir   http://paris.demosphere.eu/rv/41902

RSP : Régiment de la Sécurité Présidentielle (1300 soldats)

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