batardy
Historien - Géographe
Abonné·e de Mediapart

19 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 juil. 2016

batardy
Historien - Géographe
Abonné·e de Mediapart

Les propos de Jean Luc Melenchon : une erreur ou une dérive ?

batardy
Historien - Géographe
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les propos tenus par Jean Luc Melenchon au Parlement européen le 5 juillet 2016, surprennent et inquiètent ceux soucieux de s'opposer aux reflexes identitaires qui ont cours au PS comme chez LR sans même parler de l'extrême droite avec le FN. 

Jean Luc Melenchon, dans un discours portant sur la violence sociale résultant de la mise en concurrence des travailleurs à l'échelle européenne, a déclaré  :  «L'Europe qui a été construite est une Europe de la violence sociale comme nous le voyons dans chaque pays  chaque fois qu'arrive un travailleur détaché qui vole son pain au travailleur qui se trouve sur place."

Cette formule est dangereuse politiquement et symboliquement. Politiquement, car ce type de propos ne participe pas de la construction d'une autre Europe comme l'exprime encore si bien par ailleurs Jean Luc Melenchon, mais également symboliquement car ces mots  laissent sous entendre que le salarié qui vient d'un autre pays est un voleur.

L'ennemi dès lors n'est plus l'Europe du libre échange qui nourrit les inégalités sociales entre pays,  mais l'étranger (européen également soit dit en passant) qui viendrait manger notre pain.

Opposer un travailleur à un autre sous prétexte qu'il vient d'un autre pays rappelle les discours "bleu marine". Ces propos sont graves, pour celui ou celle qui croit à la solidarité internationale entre salariés, car ils auraient pu être tenus par le Front National.

Ces propos participent d'une dérive nationaliste. Ils risquent  d'éloigner de nombreux électeurs d'un vote Melenchon après le quinquenat catastrophique de François Hollande et les politques européennes désastreuses.

Il ne s'agit sans doute que d'une maladresse, d'une erreur lors d'un discours au cours duquel  l'expression peut dépasser la pensée

Mais pour de nombreux hommes et femmes qui soutiennent  la candidature de Jean Luc Melenchon, comme c'est le cas du rédacteur de ce billet,  il n'y aura  pas de deuxième erreur car dès lors ce serait une dérive inacceptable.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte