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Billet de blog 23 févr. 2018

Où va la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) ?

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Il plane comme un malaise autour de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU). De manière symptomatique le site internet de la Fédération ne fait pas état, en Une, des bouleversements en cours dans le champ de l’Education Nationale alors même que la FSU est essentiellement un syndicat d’enseignants. Ces questions ne sont pas une priorité fédérale et sont laissées aux syndicats nationaux.

Alors même que les lycéens alimentent en ce moment avec leurs parents la plate forme Parcoursup, que les Universités préparent la sélection des futurs étudiants, que les enseignants de lycée remplissent les fiches Avenir, que la réforme du Bac va personnaliser les parcours des lycéens, et que les postes aux recrutements sont en forte diminution dans le primaire et le secondaire, l’éditorial du site de la FSU porte sur le pouvoir d’achat. Bien sûr que cela est une préoccupation fondamentale. Mais cela fait dix ans que c’est le cas ! Alors que les projets relatifs à l’Education nationale sont le quotidien de centaines de milliers de lycéens, de parents et de professionnels de l’éducation, la FSU n’en fait pas une priorité. La Fédération a pourtant l’occasion de faire de la politique en s’adressant à ceux qui s’interrogent sur tous ces changements. N’ hurlez pas ! Faire de la politique ne veut pas dire choisir un camp. Cela veut dire donner du sens à l’action syndicale en proposant des perspectives d’amélioration sociale et en s’opposant quand il le faut aux choix des dirigeants politiques, et dans ce cas donner des perspectives de lutte précises pour gagner (quitte à perdre !).

Mais là, la Fédération semble ne pas comprendre que Macron c’est un Madelin qui est en train de réussir. Ce n’est pas qu’un simple communicant. Son programme est Thatchérien.

Pour s’opposer à la loi El Khomri, la FSU appelait les enseignants à se joindre aux différentes journées de grèves. Pour toutes les réformes touchant l'Education Nationale en 2018, la FSU et le SNES s’en remettent seulement à la grève le 22 mars, sans même aucune perspective pour après (or cela se discute et se décide éventuellement avant le 22 sinon ce jour là après la manif tout le monde est rentré chez soi et personne n’est dans la rue le 23).

La question dès lors qui se pose est de savoir ce que signifie cet effacement de la FSU. Est-ce que cela traduit un repositionnement  ? Afin de ne plus être classé dans le camp des syndicats contestataires ? Pour regagner le terrain perdu lors des dernières élections professionnelles ? Pourquoi pas, mais alors cela voudrait dire que les raisons de la création de la Fédération en 1993 ne sont plus d’actualité. L'évolution de la FSU vers une UNSA-bis avec pour seule ambition-programme de se rapprocher de la CFDT afin d'être plus présentable,  ne serait pas une bonne chose, pour les salariés du public et du privé !

Christophe Batardy - Membre de la FSU depuis 1994.

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