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Billet de blog 27 mai 2014

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Parti de Gauche : regard critique sur sa stratégie.

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Parti de Gauche : regard critique sur sa stratégie.

 La gauche sort en lambeaux des deux élections municipales et européennes de 2014. Le Front de Gauche ne profite pas, loin s'en faut, de la politique de droite menée par le PS. C'est comme si la belle campagne menée par Jean Luc Melenchon à la tête du Front de Gauche n'avait pas existé. 2012 n'est plus qu'un souvenir. Pour le Nantais que je suis, le meeting de Jean Luc Melenchon au Zénith avec 6000 personnes est loin, très loin, trop loin. Jean Luc Melenchon dimanche soir ne cachait pas sa sincère émotion. Mais le Parti de Gauche, dont je fais partie, doit porter un regard critique sur sa stratégie et sur ses erreurs, et tant pis si c'est à chaud car la politique parfois demande d'aller vite.

2017 c'est en effet  demain !

Le Parti de Gauche, à son congrès de Bordeaux en mars 2013, avait indiqué que son objectif était de passer devant le PS aux élections européennes, considérant au passage que les municipales n'allaient guère être importantes. Or, au regard des résultats des deux élections, force est de constater que le Parti de Gauche a échoué aux deux élections.

Le PG a tout d'abord oublié qu'il ne faut jamais passer outre un calendrier électoral.  Les élections municipales avaient lieu  avant les élections européennes. On pouvait donc s'attendre à ce que leurs résultats aient une influence sur l'élection d'après. Or  les élections municipales en véritable prélude aux élections européennes,  ont été une catastrophe pour le PS comme pour le Front de Gauche. Le cas de Grenoble, d'une part, avec l'alliance EELV et PG et celui de la ville d'Aubervilliers d'autre part -reprise par les communistes, ne peuvent faire oublier toutes les villes tombées aux mains de la droite et du FN. Bien entendu la stratégie du PCF qui a voulu sauver ses permanents, ses finances n'a pas aidé le Front de Gauche à poursuivre dans sa dynamique de 2012. Mais nous aurions dû nous en douter, nous y préparer et ainsi adopter une tactique en conséquence en mars 2013 plutôt que de considérer ces élections comme des élections secondaires.  La stratégie du Parti de Gauche pour les municipales n'a pas été à la hauteur des enjeux !

- Le Parti  s'est fourvoyé également lors de la campagne pour les européennes. Mais là, c'est une erreur stratégique plus sourde, plus lointaine. Elle concerne l'analyse faite par les adhérents du PG (mais pas que !) du résultat du référendum de 2005, à une époque où le Parti de Gauche n'existait pas encore. Car ce NON au référendum est pour beaucoup de militants de gauche la dernière victoire, celle qui sert en quelque sorte de signe de reconnaissance, de matrice commune. Or selon moi la gauche du NON au Traité dans son ensemble et donc y compris les dirigeants actuels du PG, n'ont pas su dire ou voulu dire que cette victoire du NON n'était pas une victoire de gauche, que cette victoire électorale était porteuse  d’une «éventuelle » défaite culturelle à court ou moyen terme. Or nous y voilà, neuf ans après, car il y a toujours un décalage entre culture politique et résultats électoraux, nous le savons tous en tant que militants. Il  est temps selon moi d'ouvrir les yeux. C'est culturellement un NON de droite qui l'a emporté en 2005. C'est le NON à Maastricht, au moment où se décidait ou pas une l'Europe libérale, qu'il fallait gagner ! Si nous avions été plus lucides sur le résultat au référendum de 2005 nous aurions alors défendu en 2014  l'Europe (bien entendu une autre Europe plus sociale et plus écologiste) plutôt que de prêter le flanc à une interprétation nationaliste de notre positionnement, plutôt que de participer même sans le vouloir au concert des franchouillards .

Plus grave selon moi, ce qui se trouve être une des lacunes « théoriques » du programme du Front de Gauche « l'Humain d'Abord » : un manque de propositions concernant les leviers à actionner pour donner du travail aux millions de chômeurs. Tant que nous ne serons pas plus précis - et ce n'est pas l'éco-socialisme qui nous ouvre à ce sujet des perspectives à court terme suffisantes - les propositions fascisantes du FN pouvant se résumer au slogan « chômage = immigration », gagneront dans les têtes. Car c'est d'abord dans les têtes, bien avant les urnes que nous avons perdu depuis plus de trente ans. Ceci est dû en grande partie au PS, mais pas seulement. Nous avons notre part de responsabilité. Comment nous opposons nous au capitalisme? C'est la question centrale. C'est la mère des batailles.

Je propose que le Parti de Gauche partout en France soit à l'initiative d' «Assises » que l'on peut appeler «  de la République», « De la Gauche.. » peu importe …en y conviant l'ensemble des partis de gauche, les organisations syndicales, les associations . C'est la seule façon d'agir pour faire face au désastre vers lequel nous conduit la direction du PS pour 2017.

Nous n'avons pas beaucoup de temps. Il est minuit moins cinq. 1

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1Titre d'un article publié dans Mediapart le 26 mai 2014 par François Bonnet.

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