Cette publicité peut être lue comme un outil de propagande indirecte, ou au minimum comme un récit qui épouse parfaitement la stratégie de normalisation du RN.
Le loup, figure traditionnelle du danger, n’est pas vaincu ni tenu à distance : il est invité, accepté, blanchi symboliquement.
Le message n’est pas “le loup a changé par des actes”, mais “il faut lui faire confiance parce qu’il se montre aimable”.
Dans cette lecture :
- le loup = un pouvoir historiquement perçu comme dangereux
- la table de Noël = la République, les institutions, la communauté nationale
- les cadeaux = un discours rassurant, social, protecteur
- la bergerie = la société réelle, avec ses contre-pouvoirs affaiblis
La fable demande au spectateur de suspendre sa vigilance, de croire que la nature du loup peut s’effacer par la simple mise en scène de la douceur. C’est précisément le ressort classique de toute stratégie de dédiabolisation politique.
Donc, sans pouvoir affirmer que “le RN a commandé la pub”, on peut légitimement conclure que :
Cette publicité participe à un imaginaire politique qui banalise le danger, transforme la méfiance en naïveté, et prépare l’acceptation du “loup au pouvoir”.
Et c’est souvent ainsi que fonctionne la propagande moderne :
non pas par slogans, mais par contes rassurants.