Résistance passive ?

Dans un nombre de pays non négligeable (plus ou moins qu’avant (avant quoi ?)…. décompte inepte)… dans plusieurs pays, dont le nôtre, se pose de plus en plus deux questions : celle de la démission ou celle de la résistance passive… face à des services, des institutions ou des exécutifs sourds, voire méprisants, voire humiliants.

J’en appelle à mes nombreux amis historiens… dans combien de cas la « résistance passive » a-t-elle été efficace ? Les Œillets du Portugal, le Jasmin de Tunisie… on attend l’examen des archives de Pie XII, ouvertes récemment…

C’est une essentielle question de démocratie et de coexistence pacifique des humains qui se pose-là. Pour leur mise en œuvre ou leur sauvegarde. Je ne vais pas aller dans l’excès des millions de morts de faim sous Staline ou autres exemples extra- ordinaires. Mais aujourd’hui, dans combien de pays d’Afrique, d’Amérique latine ou du Sud, en Chine, en Turquie… en Autriche et en Pologne… la «résistance passive» fonctionne-t-elle ? Honneur aux quelques courageux qui meurent, torturés de résistance, dans tous ces pays. Journalistes, écrivain.e.s.

On sait par ailleurs que certaines suppressions radicales, pensées par des gens simplistes, ne règlent rien (Saddam Hussein, M. Kadhafi…). On a vu aussi, notamment en Afrique, que la simple organisation d’élections « ex nihilo », ne crée pas la démocratie. Ce n’est pas la queue qui remue le chien.

Il ne reste donc que la solution de M. Rocard (« Pour une autre Afrique ») ou les analyses et propositions de Frantz Fanon : tout mettre en œuvre pour créer, d’abord, une diversité d’opinions, à l’origine de partis et de syndicats, par l’éducation, par des groupes de discussions (légaux ou non)… et par toutes les attitudes possibles et imaginables qui puissent faire comprendre aux «autorités», quelles qu’elles soient, que la pluralité de pensée est le fondement de l’humanisme. Un certain macronisme a voulu annihiler le débat gauche-droite et prône « l'union nationale »... il est aux antipodes de ce qui constitue la vie d'une société humaine. Ce macronisme, on le constate chaque jour, ne produit et n'encourage qu'une obéissance servile et une impossible résistance, qui caractérise les bulots. Que j’affectionne par ailleurs. Mayo comprise.

Alors, très humblement, à la suite de Fanon et Rocard, je soutiens sans réserve toutes les résistances actives et visibles… arrêts maladie, manifestations, manifestes et lettres ouvertes, votes massifs (et non l’abstention passive) en prenant garde à la politique de la chaise vide…. parfois indispensable… parfois dangereuse.

Dire, écrire, hurler par tous les moyens actifs (qui n’est pas synonyme de « violents »… même si la «vis » est une affaire plus compliquée… cours de latin, demain, promis !), dire écrire, hurler que la pluralité d’opinion, la critique (crise : «krisis» grecque : le moment du choix éclairé) constitue le début et les fins de la définition de l’humanité.

En France, il existe, plus que jamais, une technocratie des amendements, ordonnances et décrets de «cabinets» que J. Chirac devait démanteler, jadis… elle est aujourd’hui une hydre cancéreuse méchante et dangereuse, dans au moins quatre ministères d’importance. Les dossiers de l'éducation nationale, de la santé, des retraites et de l'Intérieur. Au moins.

Nom d’une queue de lézard ! Il y a risque de naufrage… et les «résistants passifs» comptabilisent le nombre insuffisant de canots de sauvetage ! Au nom d'une peur anachronique et caricaturale des errances de la IVe République ? Place aux débats, à la pluralité d’opinions, aux échanges et dialogues réels... et non pas à un semblant de dialogue social proposé comme un leurre aux syndicats… à qui l'on donne des dossiers... vides ou parcellaires ! Place à la résistance, active, respectueuse, mais plus déterminée que jamais.

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