Chères et chers collègues,

Un mot de plus. Parole qui libère

Il faut tout faire pour pousser hors des colonnes journalistiques ces termes de « fantassins », de « soldats » ou « d’infanterie » qu’on applique aux professeurs depuis 10 jours, comme si nous comparer à des légionnaires nous mettrait un peu de baume au cœur.

 

Nous sommes des intellectuels ; le mot a mauvaise presse en France et sent son ego ranci. Je suis un intellectuel, je le revendique, et mes collègues, du primaire, du secondaire, du supérieur, également. Nous ne nous battons pas ; nous lisons, nous réfléchissons, nous écrivons, et surtout nous transmettons avec ferveur, et ce que nous savons et ce que nous sommes : de la science (epistêmê) et du discours critique sur les opinions (doxa).

 

Nous n’avons d’armes que nos neurones, de fusil que notre craie, de chants guerriers que notre savoir. Commencez par respecter ce que nous sommes, au lieu de nous transformer en Arès, en Mars ou en gardiens du temple.

 

Nous avons donné notre vie au savoir et à sa transmission. Dans la concorde.

BC

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