Lundi Antigone

Lundi 02 novembre… jour d’hommage aux morts dans la tradition chrétienne… jour qui devait être celui d’un hommage solennel à Samuel Paty. Non point parce qu’il serait mort sous le statut de « traître » comme Polynice… Tout au contraire. Mort d’avoir enseigné, professé, avec professionnalisme et enthousiasme l’esprit critique, le droit de regard, les compétences de réflexion.

 

 

Lundi Antigone qui ressemble à un mercredi des Cendres. Tout juste une poignée de secondes de silence et une lettre, sortie d’un vieux portefeuille, comme une épitaphe rancie, d’un auteur pourtant illustre. Lundi cendreux, où, le Ministre l’avait dit publiquement, les professeurs pourraient prendre l’habit et le temps du deuil pendant deux heures… laisser couler les larmes et la pensée de la liberté de s’exprimer… des professeurs, des élèves… de la hiérarchie… parfois plus susceptible que Mahomet lui-même.

Il ne restera que des cendres amères de ce lundi 02 novembre… d’une nouvelle promesse non tenue… d’un collègue que l’exécutif a pu pleurer en Sorbonne… mais que les collègues Antigone n’ont pas le droit d’honorer dignement. Sous prétextes de tous les motifs futiles qui pouvaient être anticipés ; que diantre faire des élèves qui arrivent par transport scolaire ? Enigme pour des énarques troglodytes ; que diantre va faire le corona de 8h à 10h… que diantre vont fomenter les terroristes dès l’aube ?

Ce lundi Antigone, pour beaucoup, pour moi, ce sera le lundi de trop. Trop de cendres accumulées. Trop de discours à la Créon… Trop de paroles infidèles.

Bernard Chambré

Professeur de Lettres classiques

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