La lutte continue. Ils ne passeront pas
Transcription de la prise de parole d’Olivier Besancenot le 30 juin 2024 place de la République
Chers amis, chers camarades.
On m'a proposé de dire quelques mots.
Donc moi, c'est Olivier Besancenot du Nouveau Parti anticapitaliste.
On a décidé. de faire partie du Front populaire avec notre particularité
à un moment extrêmement particulier.
Donc on l'a fait en conscience,
en se faisant violence, on doit l'avouer,
pour qu'une coalition la plus large voit le jour.
Sans rien oublier ni des uns ni des autres.
Moi, aujourd'hui, il a été question de penser évidemment à ceux qui ont pas voté
et qu'il faut faire voter.
Moi, je voudrais avoir une pensée pour ceux et celles qui n'ont pas le droit de vote dans ce pays.
Je voudrais avoir une pensée pour les immigrés, souvent des femmes qui se lèvent tôt.
Qui charbonnent. Qui rentrent tard le soir. qui élèvent seules leurs enfants.
A ces millions de personnes dans le pays, hommes, femmes, enfants d'immigrés.
On voudrait vous dire la chose suivante
la France ne se résume pas au score électoral de ce soir.
Il existe un pays solidaire. Il existe un pays qui croit en l'égalité des droits.
A toutes ces personnes qui tremblent dans leur chair ce soir,
parce qu'on ne va pas se raconter d'histoires, ça existe aussi
qui se posent des questions qui nous posent des questions,
qui nous disent comment ça va tourner dans les heures et dans les jours à venir.
On voudrait vous dire on va faire bloc et bloc jusqu'au bout.
Je voudrais aussi avoir une pensée pour les générations militantes
qui nous ont précédées des générations militantes luttes de classes
antiracistes, antifascistes qui ont payé le prix cher de la lutte contre le fascisme
et qui doivent, comme nous, là aussi, se faire violence parce que, amis, camarades.
Notre responsabilité dans les heures, dans les jours, dans les semaines qui viennent,
c'est de résister à l'air du temps.
L'air du temps délirant qui fait qu'aujourd'hui ça se joue entre deux composantes politiques
et que la balle est dans le camp de la macronie et que sur les plateaux télé,
il y en a visiblement qui préfèreraient payer moins d'impôts
et surtout ne pas en payer plus du côté de certains présentateurs,
quitte à avoir des fachos, la balle est dans leur camp à eux et à elles.
Nous prenons nos responsabilités et nos responsabilités
c'est de faire en sorte que la peur ne change pas de camp dans ce pays.
L'extrême droite dans l'histoire, quand elle met la main sur l'appareil d'État,
on sait quand elle commence à le prendre, on ne sait pas dans
quel degré de barbarie ça se termine.
Alors il faut faire front ici et maintenant.
Résister à l'air du temps.
Et je terminerai là dessus. C'est combattre cette ambiance politique qui est à gerber.
C'est l'aberration orwellienne pour ceux qui ont la référence de 1984
et de son livre.
Le ministère de la Vérité. Ce ministère du totalitarisme qui mélangeait les mots
tout et leur contraire.
La guerre, c'est la paix.
La liberté, c'est l'esclavage,
La force, c'est l'ignorance.
Aujourd'hui, nous sommes en train de vivre cette séquence politique là où
on rend ni plus ni moins les chômeurs responsables du chômage,
où on rend les immigrés responsables du racisme,
où on rend les femmes du fait de leurs actions soi disant trop radicales,
responsables du sexisme.
Tout est à front renversé
et comme une apothéose politique. Le rêve de la réaction
et des fachos en tout genre, c'est de dire que l'extrême droite serait antiraciste
et que toute la gauche serait antisémite.
Il faut tout remettre à l'endroit.
Alors oui,
on a affaire à un rouleau compresseur, à des chaînes d'info en continu.
Alors je vais vous dire, c'est pas compliqué. Enfin si, c'est extrêmement compliqué.
Il faut que chacun et chacune d'entre nous relève la tête dès demain matin,
s'adresse à ceux qui aujourd'hui ont le moral dans les chaussettes.
Et il y en a.
Faut pas se raconter d'histoires et ce n'est pas grave, on a le droit d'avoir des coups de mou,
on a le droit de douter. C'est humain de douter.
Nous on n'est pas comme eux mêmes sur ce terrain là.
Mais faut leur dire que demain matin,
on se transforme, nous tous et nous toutes. En chaînes d'information en continu
en contre chaînes d'information continue
pour que ça soit la victoire.
Alors oui. Il y a un grand révolutionnaire qui s'appelait Auguste Blanqui.
Qui a fait quelques révolutions dans le XIXᵉ siècle.
Et il s'attaquait à ce qu'il appelait les adorateurs du fait accompli, les fatalistes de l'histoire.
Le récit voudrait qu'aujourd'hui on intériorise l'idée que l'extrême droite soit déjà au pouvoir.
Amis camarades, l'extrême droite n'est pas au pouvoir.
Nous avons le pouvoir de faire en sorte que l'extrême droite ne soit pas au pouvoir
et de continuer la lutte après le sept.
Parce qu'il faudra mener la lutte après le sept.
Qu'on gagne ou qu'on perde.
Et d'ailleurs, si on devait gagner, il faudra redescendre dans la rue. Parce que comme on n'a pas la mémoire courte,
on n'oublie pas non plus, amis et camarades, que certains gouvernements de gauche,
quand ils étaient au pouvoir ont mené une politique de droite alors que l'inverse n'est jamais arrivé. Et sur ça aussi, on sera vigilant.
Merci à tous.
La lutte continue.
Ils ne passeront pas !
¡No pasarán!