« Rassemblement national » ou rassemblement des droites ?
Le ralliement de Marion Marechal au RN acte la transformation sans le dire du dit « Rassemblement national » s’affirmant « ni de droite, ni de gauche mais national » en coalition des droites, ce pourquoi Marion Marechal milite depuis des années.
Le ralliement de Ciotti, tout en conservant son étiquette de « Républicain » de droite est cohérente avec ce qu’il a toujours été : un politicien franchement de droite.
Bardella se voyant déjà premier ministre se félicite de ses ralliements et commence à incarner la fonction en modérant les promesses de sa présidente et de son parti : ainsi il n’est plus question du retour à la retraite à 60 ans ! (« il faudra voir avec la situation financière que nous trouverons »)
Les journalistes informés parlent de « mélonisation » (de Georgia Meloni, la première ministre italienne d’extrême droite) de Bardella qui se prépare à exercer le pouvoir la barre à droite, au nom des droites.
Les masquent tombent.
On voit même la tête de liste des Républicains aux européennes, Monsieur Bellamy, et nouveau « Président par intérim » des Républicains ( après l’exclusion de Ciotti qu’il a lui-même voté) affirmer qu’en cas de duel RN-Front populaire, il voterait RN ! Au moins, c'est clair !
Gérard Larcher, Président du Sénat et deuxième personnage de la République, a la retenue de dire qu’il s’abstiendrait. Mais quel barrage « républicain » que voilà !
Surfant sur la droitisation ambiante, à son tour, Macron transforme son crédo central « et de gauche, et de droite » en « jamais l’extrêmisme », comme si au centre il n’avait pas incarné justement une forme d’extrémisme, et que c’est justement cela qui a posé question.
En outre, c’est injuste : par deux fois, en 2017 et en 2022, Macron s’est fait élire, en toute lucidité, avec les voix de la gauche, « bien qu’extrême » pour faire "barrage à Le Pen".
Comment s’étonner dès lors que la seule solution électorale qui reste pour exprimer une alternative réellement nationale à l’union des droites politiciennes (du RN au centre) soit de voter « Front populaire » fût-ce en se bouchant le nez devant tous les credo poutiniens qui le parcourent.
Il est cependant très prévisible que le vote pour un « Front populaire » constitué en urgence, en virage à 180 degrés de la campagne des européennes, ne suffise pas en trois semaines à résoudre les crises françaises et défendre la République face à « la pente énorme à remonter » dans les circonscriptions (expression de François Ruffin).