Pourquoi marchons-nous cet été 600 km de La Hague à Paris?

Cet été, nous marchons de La Hague à l’Assemblée Nationale à Paris pour débattre, discuter, échanger sur la transition énergétique. Nous avons débuté notre périple le 24 juillet et espérons arriver à Paris le 25 août.

Les marcheurs sur les dunes de Biville Les marcheurs sur les dunes de Biville

De quoi s'agit-il?

10 à 25 kilomètres par étape avec des conférences tous les soirs. 

Un cycle de conférence pour mieux comprendre les enjeux avec un vocabulaire adapté aux plus néophytes, retransmis chaque soir sur Facebook Live, avec la participation d’ACDN, de l’ACRO, d’Alternatiba, de l’ARPE, du CAN Ouest, de la Confédération Paysanne, du CREPAN, du CRILAN, d’Enercoop Normandie, d’Enfants de Tchernobyl Belarus, de FNE Normandie, de Greenpeace, de La Compagnie Energies et Territoires, de la Maison Ecologique, du Mouvement de la Paix, de la SCIC des 7 Vents, du réseau de l’Habitat Participatif de Normand, du réseau Sortir du Nucléaire, de Sortir du Nucléaire Berry Giennois Puisaye et de Stop EPR entre autres! 

Un programme riche destiné à prendre à bras le corps la complexité du sujet. Du lien entre nucléaire civil et nucléaire militaire aux différentes manières de stocker les déchets, de l’EPR de Flamanville à la résilience du nucléaire, de la pollution des éoliennes aux différents modèles d’industrialisation des énergies renouvelables en Europe, de la méthanisation à l’hydrogène, de  la sobriété numérique au carbone dans nos assiettes, les sujets sont vastes et les interlocuteurs prêts à prendre le temps du dialogue avec des intervenants tels qu’Antoine Bonduelle, Michel Frémont ou Marie Atinault.

Le programme des conférences Le programme des conférences

Pourquoi?

Nucléaire en Questions avait déjà organisé une première marche en 2018.

Aujourd’hui, alors que le nucléaire avec le fiasco de l’EPR et des coûts dépassant ceux des énergies renouvelables semble mort et enterré, ceux qui osent s'y opposer sont publiquement traités de Barjots, et sont vus comme des inconscients qui ne se soucient guère des enjeux climatiques. 

Se poser, prendre le temps de réfléchir, de rassembler, d’écouter, de discuter est plus que jamais nécessaire. Avec cette marche, le dialogue se fait sur le chemin, avec les habitants croisés tous les jours, dix à vingt minutes sur les pas de porte. Aucune question n’est balayée et cela, même entre nous.

Nous prenons le temps car l’enjeu est capital. L’aspect climatique nous est rappelé chaque jour par les catastrophes qui se déroulent partout autour de nous. 

Au milieu de ces crises sanitaire, écologique et sociale, la division règne et les positions tranchées prennent le pas sur le dialogue. Nombreux sont les citoyens déroutés qui ont un avis, des à priori mais qui reconnaissent volontiers que la question de la transition énergétique est bien complexe.

Pourtant cette question est centrale et ne peut être éludée. Chaque changement des sources d’énergie a été accompagné par un virement dans l’histoire de l’humanité. Le feu, le charbon, le nucléaire. Aujourd’hui, nous menaçons notre propre survie et l’énergie est une question que chacun doit être en mesure de s’approprier.

Cette appropriation de la question de l'énergie par le citoyen est urgente. 

En effet, nos centrales sont vieillissantes et ne peuvent fonctionner encore bien longtemps. La définition d’un calendrier des fermetures s’imposent car ne pas anticiper serait catastrophique à tout point de vue même si les centrales même après leur arrêt continueront bien sûr à employer sur des décennies.

Il faut déterminer comment nous passer de ces vieilles centrales. Le charbon est évidemment pour tous hors de question. Ceux qui souhaiteraient construire (déjà finir de construire) de nouveaux réacteurs nous réengageraient pour 80 ans, selon la cour des comptes. Une telle décision ne peut être prise par une poignée d’hommes politiques et d’ingénieurs.

Voilà en quelques mots pourquoi nous marchons de La Hague à Paris pour échanger avec les habitants croisés dans la campagne, en espérant qu’ils en discutent à leur tour et que le débat s’ouvre. Voilà pourquoi nous organisons des conférences spécifiques chaque soir retransmises sur Facebook Live. Le besoin d’une information simple, mais non simpliste est prégnant. 

En tant que citoyens, il est crucial que nous nous saisissions de ce débat, un triple débat, scientifique, économique, mais aussi philosophique sur la société que nous souhaitons construire.

Si nous pouvons dire que la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser aux militaires, nous pouvons aussi déclarer que l’énergie est une question trop sérieuse pour la laisser aux seuls ingénieurs.

Oui, il faut écouter nos scientifiques, mais il faut aussi se saisir de cette question publique qu’est l’énergie! 

Voilà pourquoi nous marchons 600 kilomètres de La Hague à Paris pour débattre de la transition énergétique et des solutions que nous souhaitons adopter !

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