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Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

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Billet de blog 1 juin 2013

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Gabon : l'UPG et la suspension de la grève de la SETRAG ce 31 mai 2013

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A 16 h 30 dans la zone d’Owendo en périphérie de Libreville au Gabon, deux représentants du ministère gabonais du travail sont sortis des bureaux de la SETRAG pour annoncer aux grévistes de cette société qui gère le réseau ferrée de notre pays qu’un nouvel accord a été trouvé. Bien entendu, les grévistes ont fait confiance aux deux représentantes de l’Etat gabonais alors que les problèmes de la SETRAG sont impossibles à régler d’un coup de baguette magique. En réalité, toutes les infrastructures gabonaises sont vieillissantes et le modèle économique pour ne pas dire systémique qui préside aux destinées des grandes entreprises du pays dans lesquelles l’Etat a de fortes participations est dépassé pour ne pas dire inadapté aux nécessités de l’heure

Est-il normal qu’un patron expatrié se fasse payer tous les mois à près de 15 millions de francs CFA à ne rien faire depuis Paris et pour une lecture d’e-mails en provenance du Gabon ?
Est-il normal qu’on ait dans une entreprise gabonaise aussi importante une convention collective qui s’applique à deux vitesses aux employés ? – à Owendo.

La Responsabilité Sociale de la SETRAG est quasi nulle au Gabon. – à Owendo.


La notion d’environnement est totalement absente des préoccupations de la SETRAG dans un Gabon qu’on proclame émergent et sur tous les tons en ignorant volontairement l’aspect anachronique du « Gabon Emergent à l’horizon 2025 ». On fait dans la prophétie auto-réalisatrice dans notre pays alors que l’émergence à la gabonaise est un chemin qui ne mène nulle part ailleurs qu’aux frustrations quotidiennes. En revanche l’aspect sociétal qui devrait être au cœur d’une telle ambition est inexistante, que ce soit du point de vue du citoyen et de sa famille ou du point de vue de l’épanouissement du personnel des entreprises comme la SETRAG. Le Gabon doit changer dans son modèle économique inadapté au 21e siècle.

Des entreprises comme la SETRAG devrait s’engager dans des démarches de formation, d’amélioration de la qualité, ce qui implique une volonté forte de l’entreprise car elle entraîne des efforts et des coûts sinon que l’on arrête de saouler les Gabonais avec le mot « émergence » comme des perroquets gris de la Ngounié.

Le porte-parole des grévistes de la SETRAG.

Redonner sa place aux employés des entreprises dans un pays qui compte officieusement plus de 30 % de chômeurs parmi la population active. Quand est-ce que l’Etat gabonais va-t-il faire confiance à la valeur de la parole des employés et des chômeurs, à la volonté modernisatrice des quelques Gabonais qui travaillent ? C’est pourtant des choix de ces compatriotes que nous pouvons espérer l’évolution de toute la société dans son rapport au travail et à la prospérité.


Revaloriser les métiers du transport ferroviaire auprès des personnes qui les pratiquent va avoir, peu à peu, lentement sans doute, un impact sur l’image qu’ils ont d’eux-mêmes aujourd’hui. La professionnalisation de ces métiers, la compétence pointue qu’ils requierent ainsi que les qualités humaines fortes sont autant de points de valorisation du citoyen gabonais et de son rôle dans la société.


Jusqu’à quand le Parti Démocratique Gabonais va-t-il empêcher le Gabon de « prendre son essor vers la félicité » ? Les Gabonais en ont assez de ce pouvoir !

Qui dira aux dirigeants de la SETRAG qui se la coulent douce sous le soleil équatorial et aux frais de a princesse pendant que des gens compétents crient famine qu’il ne suffit pas d’appeler les agents de l’Etat pour venir calmer des employés en colère. Lorsque l’on dirige une entreprise et qu’on se veut un bon manager il faut savoir fixer des objectifs et entraîner les employés vers des buts élevés. En France, ceux qui dirigent la SETRAG savent pourtant ce que c’est que des normes ou la labellisation de certains process. Cette labellisation devrait exister au Gabon pour promouvoir l’épanouissement au travail. – à Owendo.


Les critères de labellisation sont nombreux et reprennent tous les critères qualité connus en Europe dans tous les domaines. Il faudrait que les gens qui dirigent l’économie gabonaise à quelque poste que ce soit soient obligés de respecter des critères de qualité relationnelle et de prise en soins de la méthodologie, éléments qui ne sont pas pris en compte habituellement par les chefs des entreprises. C’est ce que l’UPG appelle « normalisation de l’Etat ». 
Bruno Ben MOUBAMBA 
Secrétaire Politique de l’UPG

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