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Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

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Billet de blog 9 septembre 2013

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Gabon / Ndendé et le Directeur Général du Budget comme symboles du fiasco de l’enrôlement biométrique

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Alors que les opérations d'enrôlement des électeurs sur la liste électorale biométrique va s'achever on peut dire que ces élections locales à venir seront un fiasco mais qu'il faut quand même s'inscrire car cette inscription servira aussi aux prochaines présidentielles de 2016. Le parti au pouvoir depuis un demi-siècle (après avoir occupé plus de 2/3 des postes à l'Assemblée Nationale) s'apprête à rééditer son exploit par une triche s'appuyant sur le déplacement massif de populations contre rémunération, jouant ainsi avec le feu définitivement.

Ben MOUBAMBA s'est inscrit sur la liste électorale "biométrique" de Ndendé où il se battra avec la Veuve de Pierre MAMBOUNDOU pour sauver le bastion de l'UPG malgré les tricheries et la corruption du Directeur Général du Budget agissant sur les ordres du Président de la République en fonction

Pour exemple et selon de nombreux témoignages, le Directeur Général du Budget (membre influent du parti au pouvoir) a fait installer (en plus des milliers de Gabonais déplacés comme du bétail électoral pour aller s'inscire là  où ils n'ont aucun lien pour saturer les votes futurs) un « kit biométrique » fort de la protection du Président Ali BONGO (sans doute) chez-lui à Mouila pour influencer les élections locales à Ndendé et dans tout le département de la Dola au sud du Gabon. Il fait circuler des bus entiers comme tous  des barrons du parti au pouvoir,  pour inscrire à notamment à domicile, des milliers de gens venus des quatre coins du pays et sans attache particulière avec une ville comme Ndendé ou d'autres contrées. Il souhaite tout simplement avoir le contrôle de la ville de Nendé, de l’Assemblée Départementale, de tous les élus et donc de ce qui se passe dans la localité pour plaire à son Président Ali BONGO ONDIMBA. C'est sans doute leur faute politique de trop.

L’actuel Directeur Général du Budget a donné toutes les garanties au pouvoir gabonais selon lesquelles : premièrement, l’UPG (le parti de Pierre MAMBOUNDOU) est totalement sous l’influence du Parti Démocratique Gabonais (ce qui est une forte erreur d’appréciation de sa part) ; et deuxièmement toutes les traces de l’influence politique de l’opposant historique assassiné en octobre 2011 sont (selon le Directeur Général du Budget qui mélange la politique partisane et son travail de haut fonctionnaire) en voie d’être effacées.  C’est dans cette dernière perspective, qu’il utilise l’argent de l’Etat gabonais sans retenue pour « installer » en décembre 2011 une députée à l’Assemblée Nationale, qu’il corrompt et achète les consciences des chefs de village et de quartier ou déplace à sa suite une cohorte de personnalités, y compris des « opposants ».

Toutefois, à Ndendé, comme dans tout le département de la Dola, le Directeur Général du Budget se heurte à une résistance farouche des populations. En effet, une grande majorité d’entre elles, garde en mémoire les sacrifices de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) au bout de 24 ans et refuse de se laisser acheter ou corrompre par le Directeur du Budget en mémoire (entre autres) du Président-Fondateur de l’UPG.    

La "Présidente" Augustine veuve MAMBOUNDOU s'est enrôlée sur la lite électorale "biométrique en début d'après-midi. – à Ndendé, Ngounie

Le Président en fonction Ali BONGO encourage les appétits gargantuesques d’un « nain politique » même à l’échelle local qui confond les capacités d’un haut-fonctionnaire gérant l’argent public des Gabonais avec ses propres capacités politiques. Le Président en fonction démontre ainsi l’étroitesse de sa vision (s’il en a une). Si donc, l’argent était une clef qui ouvre toutes les portes, comment se fait-il que personne ne soit à ce jour convaincu par un haut-cadre qui excelle plus dans la corruption, les achats de conscience et la voyoucratie en col blanc au Gabon ?  

Une chose est certaine : Ali BONGO ONDIMBA finira par se retrouver dans une situation plusqu’ingérable pour lui dans un avenir proche puisqu’il refuse de voir ceci : trop de puissance nuit à la puissance et 50 ans d’un même pouvoir c’est trop, n’en déplaise ! Les gens en ont plus qu’assez au plus profond de soi-même. Trop de puissance nuit à la puissance ! Les gens qui prétendent nous diriger au Gabon jusqu'à la fin des temps malgré un demi-siècle de gabegie devraient de temps en temps méditer sur cette simple règle de la physique élémentaire. Cependant, nous allons plaider pour que l'UPG refuse le boycott malgré ce fiasco de la biométrie au Gabon.

Bruno Ben MOUBAMBA

De l’Union du Peuple Gabonais (UPG)

bruno@moubamba.com

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