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Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

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Billet de blog 12 mai 2013

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GABON : UN PSEUDO HAUT CONSEIL DES ACTEURS NON ÉTATIQUES PRÉTEND DÉNONCER L'AUTHENTIFICATION DE L’ÉLECTEUR PAR LA BIOMETRIE

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A longueur d’interviews et de déclarations à la presse, on ne peut que constater la catalepsie d’une certaine opposition épuisée par le pouvoir gabonais. Un article paru en page 3 du quotidien l’UNION sur « La Biométrie » sonne comme le glas de des revendications d’une opposition qui n’est plus en mesure de résister. A moins qu’elle ne reçoive du « sang neuf » et accepte de libérer de l’espace à de nouveaux acteurs.

Voici retranscrit l’article de Christian G. KOUIGA bien connu pour être le porte-plume d’une partie de la nomenklatura au pouvoir : 

LU DANS L'UNION DU 11/12 MAI :

 LE HAUT CONSEIL DES ACTEURS NON ETATIQUES DENONCE LE CARACTERE ILEGAL DE L’AUTHENTIFICATION

Une délégation des membres du Haut Conseil des Acteurs Non Etatiques (HCANEG), conduite par son président exécutif Nicaise Moulombi, a été reçue il y a peu par le ministre de l’intérieur, Jean-François Ndongou, en présence de son secrétaire général  Lambert Noël Matha. Le « blocage du processus électoral par la classe politique » a constitué l’autre épicentre des discussions. Le HCANEG a pointé un doigt accusateur à la classe politique qui multiplierait des subterfuges pour freiner l’intégration de la biométrie dans le processus électoral national.

Après avoir participé à la rédaction de l’évaluation du rapport postélectoral, et assisté comme observateur aux Législatives de 2011, le HCANEG (membre de la société civile gabonaise) suit « avec une attention particulière et soutenue » l’évolution de la situation socio-économique et politique du pays. Tout en saluant la volonté manifestée de faire aboutir la biométrie, M. Moulombi et les siens, dénoncent toutefois « l’entente sourdine » des politiques se focalisant sur l’authentification des électeurs le jour du vote, alors même, rappellent-ils, que cette exigence est illégale n’ayant pas encore de valeur juridique à ce jour.

« La loi électorale précise que toute élection politique se fait sur la base de la liste électorale biométrique. Rappelons qu’en conclave à la cité de la Démocratie, l’opposition et la majorité républicaine, a indiqué le président exécutif du HCANEG. En adoptant l’authentification comme un des éléments de la mise en œuvre effective de la biométrie, ont totalement fait fi de ce que la loi prévoit. Dans tous les cas, nous considérons que la phase d’enrôlement qui exige la photo, les données sur les ascendants, les empreintes digitales, la carte d’électeur avec photo, la pièce d’identité et la présence physique lors du vote, constituent à n’en point douter une authentification distincte ».

Voilà pourquoi Nicaise Moulombi et compagnie considèrent que les 10 milliards (somme estimée pour l’authentification) ne sont que des agiotages. Tout en prenant l’opinion nationale et internationale  à témoin, le HCANEG s’oppose t-il, à toute nouvelle dépense que peut entrainer la phase d’authentification.  « Le Gabon a besoin d’argent pour combler d’autres manquements, notamment la construction de nouvelles salles de classe pouvant accueillir les nombreux élèves, l’année prochaine, étant que l’entrée en sixième ne nécessite plus de concours », a déclaré M. Moulombi. (L’UNION du samedi 11 au dimanche 12 mai 2013).   

Commentaires de la Communication de l'UPG 

-          Sur le rendez-vous avec le Ministre de l’intérieur : il est étonnant de voir un groupement d’ONG aller prononcer des oukases politiques à la sortie d’une réunion « illégitime » avec le ministre de l’intérieur. Si le politique s’appuie sur l’onction électorale (pour l’avoir recherchée voire obtenue), les Gabonais devraient poser la question à certains leaders d’ONG de savoir « quelle est la base de votre légitimité en politique  » ? Les suffrages des urnes ou les réseaux ? La légitimité d’un responsable d’ONG étant relative sur un plan politique (il ne représente que lui-même, ses intérêts ou ceux de ses financiers), l’acteur de la société civile doit se montrer prudent dans ses déclarations ;

-          Sur le pseudo blocage ou freinage du dispositif de la biométrie par les politiques : quelques bonnes volontés doivent expliquer aux chefs de l’HCANEG que la Cour Constitutionnelle ayant parlé (des élections locales pour le 23 novembre au plus-tard), en principe il n’y a plus de blocage possible à moins de faire appel au droit international c’est-à-dire au droit de résistance. Ce qui ne va pas sans poser un certain nombre de problèmes. Le HCANEG veut-il une campagne de désobéissance civique au Gabon ?

-          Sur « l’entente sourdine » des politiques au sujet de l’authentification des électeurs le jour du vote : il faut rappeler à cette organisation (le HCANEG), qui cherche semble t-il à faire le jeu du pouvoir gabonais, que ce ne sont pas les « politiques » qui cherchent à violer la loi sur la Biométrie de 2011 à travers un nouveau projet de loi d’avril 2013 contre l’authentification des électeurs ;

-          Sur l’enrôlement ou la liste électorale comme preuve d’authentification : il s’agit d’une manœuvre et d’une construction pour éviter que les machines ne détectent les fraudeurs ;

-          Sur la somme de 10 milliards que couterait l’authentification : le  HCANEG ignore sans doute que 20 milliards de francs CFA ont été décaissés pour faire toute la biométrie et rien que la biométrie ?

-          Sur l’argument des salles de classe à construire : le HCANEG fait preuve d’infantilisme en ignorant l’hémorragie financière de notre budget et la surliquidité de nos banques (lire le rapport 2012 du FMI sur le Gabon).

En conclusion : le HCANEG doit parler en vérité sinon qu’il se taise à jamais !

COMMUNICATION - UPG     

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