Le Gabon va célébrer ses 53 ans d’existence en tant qu’Etat s’inscrivant dans le concert des Nations Unies. Notre opinion est que le Gabon existe depuis des siècles grâce à ses premiers habitants les Pygmées auxquels il faudra rendre un hommage particulier un jour, mais aussi par sa dominante bantoue qui a accueilli les Portugais dès le 15e siècle. Pendant trois siècles, la vie du Pongo fut d’ailleurs rythmée par la traite des esclaves entre tribus côtières et marchands européens (Portugais et Hollandais, notamment). Toutefois, ceci est une autre question de type purement scientifique qui se posera peut-être en temps voulu.
Dernier drapeau du Gabon à la veille du 17 août 1960
Le Président Ali Bongo Ondimba s’exprimant à l’occasion de ces 53 ans « d’indépendance » du Gabon va probablement montrer qu’il est satisfait des efforts engagés par son Gouvernement autour du fameux plan qui s’appuie sur le Gabon vert, le Gabon industriel et le Gabon des services voire même le Gabon bleu, qui est selon les partisans du pouvoir, le pendant environnemental de la volonté présidentielle de préserver les équilibres écologiques sur le territoire gabonais.
De fait, le Chef de l’Etat va s’auto-congratuler pour les quelques tronçons de routes réalisées ici ou là mais aussi pour « l’imminence » du lancement du barrage hydro-électrique du Grand Poubara au sud-est du pays. Ali Bongo va probablement redire aux Gabonais qu’il fait ce qu’il dit. Il donnera en exemples des usines thermiques qui produiraient un peu plus d’électricité d’une part ; et d’autre part, il pourrait se réfugier derrière le fait que "beaucoup" a déjà été réalisé même si les choses ne vont pas assez vite. Nous passons sur les couplets attendus sur l’unité nationale, le sens de la responsabilité individuelle ou le service de l’Etat, sans oublier le dépassement du tribalisme pour ne citer que ces aspects habituels de la prose du 17 août.
- 1. Le Gabon est bloqué selon Paul Mba Abessole
Loin de nous toute attitude extrémiste visant à extrapoler ou stigmatiser tout ce que fait le Président de la République car là n’est pas le problème. Le vrai sujet à été soulevé par le député controversé proche de la Majorité dite républicaine en la personne de M. Paul Mba Abessole. Ce dernier, a déclaré à la surprise du parti au pouvoir (le Parti Démocratique Gabonais) avec qui il a signé un partenariat indéfectible que « le Gabon est bloqué ». Sans vouloir se mêler d’un débat qui concerne ceux qui gouvernent le Gabon, il conviendrait de s’interroger sur les principaux facteurs de blocage de la société gabonaise. Car, ce sont ces blocages qui ternissent quelque peu le 53e anniversaire du « 17 août 1960 » qui a vu notre pays sortir officiellement de la colonisation française.
Il conviendrait de reconnaître que notre pays fait face à un blocage politique sans précédent depuis les élections législatives ratées du mois de décembre 2011 qui a vu un pays en voie de démocratisation se retrouver avec une Assemblée nationale à 99,99 % de l’obédience du parti au pouvoir si l’on y intègre ses quelques "élus" venus de partis alliés. L’ensemble des groupes parlementaires de l’opposition aura quasiment disparu à cette occasion et le contre-pouvoir législatif est devenu totalement inopérant malgré le talent d’une ou deux personnalités dites de l’opposition qui brillent par un certain sens de la rhétorique politique.
- 2. Le management par la misère continue alors qu’il faut des réformes pour le Peuple et non contre le Peuple
Le Gabon a emprunté des centaines de milliards de francs CFA cette année alors même que le budget du Gabon a été modelé sur la base d’un baril de pétrole oscillant autour de 40 $ mais nous sommes dans un contexte international qui voit le baril de pétrole atteindre très souvent les 100 $. Le rapport 2012 du FMI a donc signalé la surliquidité des banques au Gabon et la difficulté des Gabonais à accéder au crédit. Le manque de rigueur budgétaire a également été pointé du doigt par l’institution internationale, alors que la dépense publique s’est accrue quand les rentrées pétrolières se sont envolées à la hausse. Tout le mystère gabonais résidant dans le manque de sérieux dans la gestion de l’argent public alors que les populations croulent sous la pauvreté, la vie chère, le chômage et les mauvaises conditions de vie.
Le Président Bongo n’apportera pas les réponse nécessaires aux attentes des citoyens en ce sens qu’il ne pourra pas expliquer sincèrement aux uns et aux autres ce qu’il faut faire pour en finir avec une pauvreté qui ne s’explique pas au Gabon. Comment le pourrait-il ? Et c’est ici qu’il faut déplorer notre Assemblée Nationale monocolore où le débat national devrait avoir lieu pour rassurer le Peuple Gabonais et deuxièmement, il faut regretter par avance l’espèce d’autisme politique qui frappe le pouvoir politique au Gabon, car il ne faut se faire aucune illusion : les prochaines élections locales de novembre 2013 verront le Parti Démocratique Gabonais (PDG au pouvoir) remporter artificiellement ce scrutin et contrôler comme d’habitude les assemblées municipales et départementales du pays. Alors oui, le Président Ali Bongo va demander aux Gabonais d’aller s’inscrire sur la liste électorale biométrique par le processus d’enrôlement. Nous le ferons bien entendu et moi-même je le ferai mais ce sera sans illusions. Sans illusions ? Bien entendu sans illusions, parce que les réformes attendues au Gabon ne sont pas au rendez-vous.
Le statut de l’opposition est renvoyé aux calendes grecques, les institutions ne servent pas le progrès de la démocratie mais favorisent une société de peur et autarcique, "le management par la misère" continue en ce sens que l’on affame toujours les acteurs gabonais pour les pousser à s’humilier davantage et à perdre toute dignité par la mendicité politique, la pauvreté et le chômage sont toujours le lot quotidien des Gabonais, le manque de services publics et le peu d’investissements structurants nous font vivre comme à l’âge de pierre malgré l’eau courante et l’électricité quand elles sont disponibles …etc.
Le Gabon a besoin de vraies réformes qui se feront non contre le Peuple mais pour le Peuple. L’éducation, le logement, la santé, la science et la culture attendent les impulsions nécessaires pour voir poindre à l’horizon du Gabon, simplement un nouvel espoir. C’est que le Gabonais a perdu tout espoir. Il est tout juste bon à être instrumentalisé et manipulé comme une chose que l’on déplace ou que l’on retourne. Nous sommes un pays disposant d’un drapeau et d’un hymne national mais c’est à peu près tout. Nous avançons sans vision et sans aucune perspective. Le manque de justice est une des preuves du manque de perspectives dans notre pays : l’insécurité est au zénith, les crimes rituels n’ont jamais cessé et les commanditaires de ces crimes sont en voie d’être réhabilités.
Nous voyons qu’au pays de l’argent-roi, ceux qui gouvernent le Gabon ont tout à fait compris que s’ils veulent diriger pendant un siècle et voire plus, ils n’ont aucun avantage de favoriser l’enrichissement des populations gabonaises spécifiquement car le risque serait trop grand de voir des gens évolués et bien portants contester l’ordre établi. Il s’agit donc de contrôler le pays en maintenant le Peuple dans un état de pauvreté relative mais en tous cas de pression psychologique afin que nul ne songe à revendiquer plus. Que peut nous dire le Président Bongo que nous ne sachions déjà ? Son système ne veut pas que les Gabonais évoluent et de toutes les manières nous sommes englués dans le ridicule débat ethnique qui nous empêche de nous unir pour défendre l’intérêt commun. Le Système qui tient le Gabon compte sur son argent pour nous tenir pendant plus d’un siècle et le pouvoir gabonais compte sur nos peurs, nos bêtises et notre couardise pour nous bloquer (cf. Paul Mba Abessole) jusqu’à la fin du Gabon.
- 3. Les Bantous du Gabon vont-ils disparaitre ? Non, puisque nous avons des ressources spirituelles
Les ennemis de notre pays obtiendraient la fin du Gabon par une contre-culture qui a déjà commencé ? On ouvre les frontières aux non-bantous à qui on accorde des facilités financières importantes (crédit, PME, commerce informel) et un accès au foncier sans précédent, on distribue la nationalité gabonaise sans passer par la "case naturalisation" et on introduit les vrais – faux papiers dans le fichier biométrique. On favorise la culture du pain, des jeux et des loisirs superficiels au détriment des traditions tout en accentuant l’exode rural. On détruit la mémoire collective en détruisant des lieux sacrés dans le pays comme à Minvoul, Mandji ou ailleurs et on créée une nouvelle société gabonaise acquise à « Ya Ali Bongo » et à sa dynastie et le tour sera joué. Les Gabonais sont si manipulables. A peine se souviennent – ils de ceux qui ont payé de leur sang notre longue marche vers une liberté minimale.
Cependant et pour ne pas rester sur une note purement pessimiste, il faut redire ceci avec force.
L’heure du changement est sur les Citoyens gabonais et africains — Soyons conscients que certains comportements affichés par les gouvernants au Gabon et en Afrique ne peuvent plus désormais être tolérés par la « matrice universelle ». Les Gabonais doivent saisir cette chance car le système gabonais est condamné s’il persiste dans son erreur, pour peu que nous sachions saisir la vague. C’est alors le temps pour "les changements" de prendre place, changements qui résulteront dans une transformation globale de toutes les consciences humaines sur la surface de la terre. Ces changements nous seront incompréhensibles à moins que vous ne comprenions le plan de la Providence pour nous tous.
Les changements seront incompréhensibles parce que vous direz : « Comment un tel malheur et une telle malchance peuvent conduire à une meilleure situation ici au Gabon ? ». Les changements sont pourtant nécessaires pour nous dépouiller de nos conforts matériels qui nous ont permis d’ignorer la conscience de nos devoirs. Ainsi, plusieurs d’entre nous se sont détournés et sont allé vers des poursuites triviales, dans notre quête de la richesse et des possessions matérielles. Et ce n’est pas bien !
C’est le temps maintenant de mettre de côté vos affaires courantes et d’expérimenter l’importance de la spiritualité, de l’éthique et de la conscience saine. Vous devez être conscients que les grands événements sont imminents et que les événements les plus ténébreux sont orchestrés à votre niveau par des énergies draconiennes qui sont conçues pour créer une toxicité dans nos esprits afin de vous aveugler.
Le temps est venu pour les héritiers de l’éthique universelle, de prendre position contre les forces qui ont infesté la terre gabonaise et la terre africaine depuis la nuit des temps. Ce sont les temps où nous devons revêtir notre armure de protection afin de passer à travers ces temps troublants qui sont devant nous. Et ce n’est pas du côté des criminels rituels et autres artisans du mal que nous trouverons le salut.
Sachez ceci : que les ennemis des Gabonais sont à se préparer pour se battre contre nous; vous ferez bien de vous préparer. Examinez attentivement tous vos dirigeants et vos politiques maintenant. Observez bien les serviteurs des ténèbres qui essaient de contrôler et de dominer le peuple de notre pays par le biais de l’argent, des dons, de la fête et des fausses valeurs. Leur temps est terminé. Ils fondront tous comme de la cire que l’on soit dans la politique, l’économie, la culture ou la société civile.
Vous voyez les fruits de leurs œuvres mauvaises dans la destruction du système de santé gabonais par exemple (Cf. la faillite de tous les hôpitaux de la sécurité sociale comme JEANNE EBORI qui va être démoli à Libreville pour enrichir une oligarchie de gens mauvais), tout en essayant de vous contrôler tous. Ces perfides trompeurs (dénoncés par notre hymne national en 1960) planifient maintenant de nous rendre esclaves et de contrôler toutes nos neuf provinces du Gabon en y envoyant de nouveaux roitelets (surtout dans la Ngounié et la Nyanga dans le sud-ouest) mais c’est trop tard. Ils n’ont pas d’autre choix que de changer ou de disparaître et c’est ce qui va se passer.
Et ils déambulent parmi nous comme s’ils étaient d’une classe privilégiée qui regarde de haut leurs frères et sœurs du Gabonais ;
Ces pantins du Mal ne s’échapperont pas avec leurs plans mauvais. De fait, ils ne verront jamais leurs plans se réaliser parce qu’ils ont choisi le néant alors que c’est le temps du dévoilement de l’être c’est-à-dire de la Vérité. Ce que vous devez faire aujourd’hui, c’est de vous préparer pour le chemin rocailleux qui est devant par la réflexion et la contemplation permanente du Souverain Bien.
Bruno Ben MOUBAMBA
bruno@moubamba.com
Homme politique gabonais
Union du Peuple Gabonais