Plusieurs élèves de classe terminale ont choisi d’entamer un mouvement de grève de la faim pour s’adresser à la conscience de ceux qui gouvernent le Gabon, s’ils en ont. En conséquence, nous choisissons en tant que Secrétaire Politique de l’Union du Peuple Gabonais, de soutenir la jeunesse gabonaise par une grève de la faim à nouveau, à partir de ce dimanche 19 mai fête de la Pentecôte, devant la Cathédrale sainte Marie de Libreville.
Pour rappel, une décision impopulaire et improvisée de l’actuel Ministre gabonais de l’Education Nationale a interdit à près de 2000 élèves issus pour la plupart de milieux populaires et donc défavorisés, de passer l’examen du baccalauréat 2013 au prétexte que ce sont des fraudeurs. Cette décision est discutable pour plusieurs raisons :
1) Elle est irresponsable à quelques semaines voire quelques jours des examens ;
2) Elle instaure une triple peine à des élèves désemparés, traités ici comme des ennemis de l’Etat : privation du Bac, rétrogradation en classe de 1ère et interdiction de passer les examens l’année prochaine ;
3) Elle est prise par un Ministre qui a paralysé le secteur de l’enseignement depuis son arrivée, notamment dans les universités et les grandes écoles ;
4) Elle ne tient pas compte des élèves ayant obtenu d’excellents résultats en classe de terminale ;
5) Elle plonge dans le désarroi les enfants et les familles pauvres qui n’ont pas les mêmes possibilités que ceux de la nomenklatura au pouvoir ;
6) Nous vivons au Gabon dans un état que d’aucun qualifie de « fraudeur » lui-même (élections, crimes rituels, administrations, milieux des affaires …etc.) et la jeunesse gabonaise ne peut être sacrifiée sur l’autel des petits calculs politiques.
Nous demandons aux acteurs politiques gabonais de cesser d’être obsédés par les postes à se partager après les prochaines élections locales et d’être aux cotés du Peuple Gabonais à travers sa jeunesse qui souffre.
Nous interpellons la Commission des Droits de l’Homme et le Juge des mineurs pour que les autorités de l’Etat soient enfin mises devant leurs responsabilités : la grève de la faim se poursuivra jusqu’à ce que la décision d’autoriser les 2000 élèves sanctionnés tardivement de passer les examens 2013. Il sera toujours temps de responsabiliser l’ensemble du pays sur cette question de la fraude scolaire dès maintenant. N’ajoutons pas aux crimes rituels, des crimes contre la jeunesse sacrifiée.
De même, nous demandons à la Communauté internationale de mesurer l’espèce d’insécurité émotionnelle dans laquelle évoluent les jeunes Gabonais, afin que nul n’en ignore. Il est temps que le Ministre de l’Education Nationale et de l’enseignement supérieure démissionne s’il n’est pas capable de gérer efficacement le secteur dont il a la charge et qui est en ébullition depuis trop longtemps.
Bruno Ben MOUBAMBA
Secrétaire Politique de l’UPG,
en charge de la Communication et des relations avec les institutions constitutionnelles
Contacts : bruno@moubamba.com
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