Ben MOUBAMBA (avatar)

Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

Abonné·e de Mediapart

261 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 juin 2013

Ben MOUBAMBA (avatar)

Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

Abonné·e de Mediapart

Libre circulation en zone CEMAC : un danger absolu pour le Gabon en 2014

Ben MOUBAMBA (avatar)

Ben MOUBAMBA

Docteur en philosophie (Université de Reims) ; Docteur en sciences politiques (EHESS - Paris).

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les chefs d’Etat de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont décidé de la suppression des visas dans les pays de la zone CEMAC, à partir du 1er janvier 2014. Cette décision a été prise le 14 juin à Libreville au Gabon, lors du sommet des chefs d’Etat de la CEMAC. Et elle n’est pas acceptable au Gabon en la circonstance. Encore un mauvais choix politique du pouvoir PDG dans notre pays. Pour en arriver à la libre circulation en Europe, on est partis d’une vraie communauté économique à un espace politique ayant des valeurs communes. Les critères de convergence empêchent aujourd’hui bien des pays européens d’accéder tout de suite à ce que l’on appelle « l’espace Schengen » qui regroupe des pays de même niveau. Mais au Gabon et en Afrique Centrale, on fait tout à l’envers : la libre circulation annonce l’affaiblissement des états au lieu de les renforcer puisqu’aucun d’eux n’est obligé par exemple de favoriser la concurrence ou de respecter un certain nombre de principes. Résultat : les « pays vides » comme le Gabon verront affluer tous les maux de l’Afrique Centrale et c’est encore une fois de la faute de ceux qui nous gouvernent sans vision au jour le jour.

En tous cas, un pouvoir géré par l'UPG et se partenaires devra remettre en question un accord de libre circulation en zone CEMAC qui n'a pas fait l'objet d'un Traité international et d'un accord des parlements nationaux voire d'une adhésion populaire par la voie référendaire .... Quelques chefs d'tat et de gouvernement ne peuvent pas imposer des décisions sans critères de convergence entre les pays ! L'intégration sous-régionale ne doit pas être un effet ou un aventurisme anti –étatisme.

Comment un pays comme le Gabon qui n'arrive même pas à gérer son propre secteur commercial peut il décider d'ouvrir ses frontières aussi légèrement? Le secteur commercial gabonais est aux mains des seuls expatriés même s’il est politiquement incorrect de le dire. Les expatriés ont le droit de s’enrichir dans notre pays mais parfois l'insécurité prend  des proportions trop inquiétantes.  Comment peut on décider d'ouvrir ses frontières en sachant que nos terres font l’objet de toutes les convoitises ? Nous les upégistes (Union du Peuple Gabonais) sommes pour la libre circulation des personne et des biens dans la zone CEMAC, mais à condition que le Gabon soit prêt à accueillir plus de réfugiés, plus de chômeurs alors que le chômage de nos jeunes est à 30 %, plus de compatriotes africains n’ayant rien à perdre … etc.

Nous vivons dans un pays ou les autorités imposent des choses à une population qui ne comprend rien à ce qui se passe et que l’on veut maintenir à souhait dans l’ignorance. Quel est l’intérêt du  Gabon dans toute cette affaire? Nous n'avons pas d'entreprises pour exporter nos produits vers les  pays voisins, les Gabonais ne voyageront pas et resteront chez-eux. La décision sur la libre circulation indique que nos compatriotes de l’Afrique Centrale ne pourront pas rester plus de 3 mois sur notre sol, mais même si l’un d’entre eux dépasse cette limite, les autorités ne pourront plus l'expulser, car ce serait aller à l'encontre du principe de libre circulation des personnes. De plus, ils n’auraient qu’à traverser une des frontières terrestres sans oublier les trafics y découlant. Résultat des courses : la masse critique des accueillis va continuer à grossir et comme à Dubaï, les visiteurs  dépasseront les autochtones en nombre resteront donc chez nous Ad vitam æternam ( jusqu'à la fin des temps). Ce qui ne va pas manquer de poser un certain nombre de  problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Après tout, c’est peut-être ce que recherchent ceux qui gouvernent le Gabon en ce moment, avec des méthodes irrationnelles.

Service COMMUNICATION de L’Union du Peuple Gabonais (UPG)

Bruno Ben MOUBAMBA

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.