Le pouvoir gabonais n’a pas tenu compte de notre avertissement prémonitoire : l’excès de puissance nuit à la puissance elle-même. Il n’aura qu’à s’en prendre à lui-même. Bruno Ben MOUBAMBA.
LES élections locales prévues le 23 novembre prochain au Gabon pourraient ne pas se tenir à cette date. D’après nos informations, ces échéances électorales pourraient être repoussées au début de l’année 2014.
Les raisons de cet éventuel report sont principalement le délai jugé très court accordé à Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique, adjudicataire du marché de la biométrie au Gabon. A moins d’un mois des élections locales, cette société n’aurait pas encore élaboré une liste fiable à mettre à disposition de la Commission électorale nationale permanente (Cenap), chargée des opérations électorales au Gabon.
D’où l’inquiétude à peine voilée des acteurs politiques nationaux, toutes obédiences confondues. La solution, estiment d’aucuns, est de repousser les élections locales au début de l’année 2014 afin de donner une marge de temps à Gemalto pour confectionner une liste électorale acceptable par tous.
D’après nos sources, plusieurs doublons subsistent dans les données collectées lors de l’opération d’enrôlement des citoyens, organisée sur l’ensemble du territoire national du 31 juillet au 22 septembre et qui avait touché plus de 300 milles personnes.
En raison des sommes d’argent mises en jeu par des acteurs politiques de la majorité notamment, plusieurs potentiels électeurs se seraient fait enrôler plusieurs fois dans des localités différentes. Ce qui nécessite un toilettage du fichier électoral mis à disposition de Gemalto.
Conformément à l’article 37 de la loi n 07/96 du 12 mars 1996 modifiée portant dispositions communes à toutes les élections politiques, le report des élections ne pourra être acquis qu’après avis de la Cour constitutionnelle et l’aval du Président de la République. Plusieurs leaders politiques se montrent favorables à ce schéma.
La biométrie est une technique globale visant à établir l’identité d’une personne en mesurant une de ses caractéristiques physiques. Il peut y avoir plusieurs types de caractéristiques physiques, les unes plus fiables que d’autres, mais toutes doivent être infalsifiables et uniques pour pouvoir être représentatives d’un et un seul individu.
20 milliards de francs CFA avaient été inscrits dans le budget de l’Etat pour le financement de la biométrie. Le processus avait été enclenché après la signature de la convention y relative entre l’Etat Gabonais et Gemalto.
Le leader mondial de la sécurité numérique se proposait de mettre à disposition du Gabon, à l’échéance du 31 décembre 2012, un fichier un fichier électoral réalisé sur la base des données personnelles à caractère biométrique. Mais il n’aura pas gagné ce pari.
Jonas Moulenda