Hier, nouvel épisode dans "l'affaire de Tarnac".

Nous sommes en plein Belleville, il est trois heures de l'après midi, le temps est incertain mais le soleil pointe. Nous sommes à bord d'une auto, nous rentrons à la maison après une course sans importance.

A l'angle de la rue Jourdain et de l'avenue des Pyrénées, une voiture pile devant nous, une bande de types patibulaires surgit de tous les côtés, armes au poing. La fenêtre est ouverte et je vois un gros calibre s'approcher tout contre mon visage, je crois à une sorte de car-jacking sur-armé.

 

"les mains sur le tableau de bord", "on ne bouge plus...", "sors de là", "les mains sur la voiture"... palpations, menottes, la conductrice est enmenée aussi sec dans le véhicule de devant, un des sales types armés prend le volant de la voiture et part avec. On enlève les menottes du passager: "toi tu peux y aller c'est après elle qu'on en a, et ne viens pas nous faire chier chez elle". Je reste seul sur le trottoir, ayant juste eu le temps de reconnaître un des enquêteurs de la section anti-terroriste, que j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer. "j'ai cru que des gens vous faisaient une blague", me dit une dame effarée. "Elle a fait quoi la fille, elle a tué quelqu'un?" me dit un jeune qui s'approche de moi.

Un peu plus tard reprenant mes esprits après cette scène de "deux flics a miami", je vois passer cette dépêche AFP:

 

" Une interpellation dans l’enquête sur les dégradations contre les lignes TGV

Une femme de 36 ans a été interpellée mardi après-midi à Paris dans le cadre de l’enquête sur les dégradations commises contre la SNCF dans laquelle neuf personnes sont mises en examen et une, Julien Coupat, encore incarcérée, a-t-on appris mardi de source policière..."

 

...le tout sur réquisition du juge antiterroriste Thierry Fragnoli.

 

La personne interpellée, est une participante active et très visible du comité de soutien parisien aux "inculpés du 11 novembre", elle est connue de tous et n'a jamais été inquiétée jusque là dans l'instruction guignolesque entamée depuis le 15 novembre.

On pense à chaque fois que le comble du ridicule a été atteint et puis non, nouvelle pirouette, nouvelle arrestation grand spectacle (elles sont tellement courantes désormais dans les quartiers nord de Paris...), pour rien, sinon un coup de pression et un peu de poudre aux yeux. Le ridicule ne tue pas c'est vrai, mais monsieur Fragnoli qui s'est engouffré dans la supercherie qu'on lui offrait, semble prêt à en repousser encore les limites, au risque de rejoindre le banc déjà bien chargé de ceux qui seront bientôt offerts à la risée publique.

 

 

 

 

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Nouvelle dépêche sur le site de l'AFP: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h8Yxvb-TLJlxxpIbpIm2NyCmeVGg Merci aux discrets plumitifs de l'AFP pour cette nouvelle démonstration de leur professionnalisme et de leur neutralité dans cette affaire ... "Un des mis en examen dans ce dossier, Benjamin Rosoux, a ainsi rapporté jeudi dans un texte publié sur le site Médiapart avoir été en compagnie de cette femme au moment de son interpellation. Dans ce texte, signé "Benjamin, épicier-terroriste", M. Rosoux, théoriquement assigné à résidence chez sa mère dans La Manche, décrit l'arrestation "par une bande de types patibulaires surgis de tous les côtés, armes au poing"." (...) Pour votre information messieurs, dames, zélés commentateurs de la situation, j'étais à Paris pour voir mon avocate et travailler à ma défense, comme j'ai le droit de le faire aussi souvent que nécessaire, ainsi que pour m'enquérir d'un éventuel emploi en région Parisienne (je suis en contrôle judiciaire chez ma mère depuis cinq mois, sans ressources et interdit de reprendre mon activité...). Au passage, nous n'avons jamais été contrôlés "à proximité d'un des lieux de sabotage", mais bien à plusieurs centaines de kilomètres du plus proche des quatre lieux de sabotages, mais vous n'êtes visiblement pas à une approximation près!