"Dans la Guerre"

Me voilà (re) plongée « Dans la Guerre » (celle de 14/18, parce que je suis comme Brassens « Moi, mon colon, celle que j’préfère, c’est la guerre de 14-18 »…) enfin, je dis « re-plongée » parce que c’est la deuxième fois que je me plonge « Dans la Guerre » le superbe livre d’Alice Ferney.

 

DANS LA GUERRE

 

 

 

Me voilà (re) plongée « Dans la Guerre » (celle de 14/18, parce que je suis comme Brassens « Moi, mon colon, celle que j’préfère, c’est la guerre de 14-18 »…) enfin, je dis « re-plongée » parce que c’est la deuxième fois que je me « plonge « Dans la Guerre » le superbe livre d’Alice Ferney.

 

Et je vis avec toujours autant d’émotions, d’empathie, ses descriptions d’un réalisme et d’une précision chirurgicale de l’horreur vécue dans les tranchées par ceux que nous appelons les « Poilus » et pensons vieux en ayant vu des « anciens combattants » mais qui étaient de jeunes gens, de jeunes époux ou fiancés, jeunes pères de famille, fils aimés de mères pour toujours enfoncées dans le chagrin…Le tour de force d’Alice Ferney , avec son style merveilleux, c’est de nous immerger dans la boue, le sang et la mort (rarement lu d’autres descriptions aussi véridiques ! peut-être « Ceux de 14 »  ou « Les Eparges »de Maurice Genevoix ?ou « les Croix de Bois » de Dorgelès ?) mais en même temps de nous faire partager la lumière, la sagesse, la solidarité, la fraternité même dans la peur qui habitent certains de ces hommes, tout en nous faisant vivre les sentiments, les jours, les nuits à l’arrière, la vie, l’attente de ces femmes, trop souvent passées sous silence…et en même temps s’élève un chant à la Nature, égorgée, à la Vie, à l’Amour,  à la Paix…un cri devant la bêtise des hommes, leur cruauté, enfin ceux qui envoient les autres à l’abattoir, s’entretuer entre frères…

 

Quelqu’un a dit « il y a un « Avant Hiroshima (ou Auschwitz ?) et un Après »

 

Moi, je pense qu’il y a un « Avant guerre de 14 » et un « Après » et que nous souffrons toujours de ses séquelles ! Toute une génération de forces vives, de paysans, ouvriers, instituteurs etc…immolée sur l’autel de la Patrie de chaque côté des nations ennemies au bout d’une guerre où il n’y eut pas vraiment de vainqueurs ou de vaincus, juste deux nations exsangues et dévastées, l’une rêvant de vengeance (ça viendra !) et l’autre, avec ses alliés, pour se consoler de ses terres ravagées et toujours aussi arrogante et irresponsable, allant dépecer le monde ailleurs, mettre sous sa domination d’autres peuples, engendrer d’autres souffrances, engranger des poudrières qui s’enflamment encore aujourd’hui et sèment misère et désolation loin de chez nous jusqu’à ce que cela nous revienne en boomerang maintenant et toujours…

 

 

 

Honneur à ceux qui sont morts de par la bêtise et le pouvoir de certains, à celles qui sont restées seules et ont continué à vivre…

 

Honte à ces dirigeants, qui, toujours de nos jours, préfèrent décorer des dictateurs sanguinaires, vendre des armes, tuer les hommes et détruire la planète, répandre l’exclusion et la bêtise, plutôt que de respecter la Vie

 

Merci à Alice Ferney de ce bel hommage à nos aïeux et aïeules, de cette puissante réflexion (je ne veux pas « spoiler » car je voudrais que vous lisiez ce livre) parfois vue à hauteur d’un chien, soit un être-frère pas doué de notre parole humaine  certes mais sans doute pas dénué d’âme…

 

Bonne lecture !

 

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