Mobilisation massive en protestation du traité anti-piratage ACTA

Le monde a été témoin hier de la plus grande manifestation contre le droit d'auteur en « offline » -déconnectée du web -. Les manifestations massives contre le traité anti-piratage ACTA ont eu lieu sur quatre continents, avec des manifestations recensés dans plus de 200 villes européennes. Des centaines de milliers de personnes sont ainsi descendus dans les rues pour empêcher leurs pays et le Parlement européen d’attenter à la nature libre et gratuite d'Internet en ratifiant l'ACTA.

Plusieurs pays se sont déjà prononcés pour Acta : l'Australie, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, Singapour et les États-Unis, l’ont déjà ratifié en Octobre dernier. En UE les différents États membres et le Parlement européen doivent encore ratifier le traité plus tard cette année. Pour éviter cela, des centaines de milliers de personnes à travers le monde sont descendus dans les rues aujourd'hui, et des millions d'autres sont attendus pour faire leur action en ligne. En Europe, la plus grande manifestation s’est déroulée dans la capitale bulgare à Sofia, avec plus de 50.000 participants recensés par la police.

Cette mobilisation est simplement la plus grande protestation « offline » à ce jour contre ACTA. Bien qu'ACTA ai été discuté pendant quatre années déjà, ce n'est que récemment que le public s'est impliqué à une telle échelle. L'attention accrue du grand public pour ACTA s’explique notamment par la protestation du mois dernier contre les lois SOPA / PIPA. A cette occasion Wikipedia, Reddit et beaucoup d'autres sites Web à grande audience avaient symboliquement noirci leurs pages d’accueil.

Les manifestations anti-ACTA, initiées en Pologne il y a quelques semaines, n'ont pas été sans résultats politiques. Plusieurs pays ont ainsi mis leur décision en attente. La Pologne a été la première à céder, suivie par la Slovaquie, la République tchèque et de la Lettonie. Hier, la première économie européenne, l'Allemagne a ainsi fait marche arrière. Au sein du Parlement européen, dont les membres se prononceront sur la ratification de l'ACTA plus tard cette année, il y a aussi un mouvement de protestation. Marietje Schaake, député européenne exhorte ainsi ses collègues à ne pas laisser le droit d'auteur réprimer l'innovation : "ACTA ne doit pas passer. Concentrons-nous sur les réformes afin de permettre à l'internet de fleurir, au lieu de laisser modèles économiques dépassés limiter le marché libre, et criminaliser le public". 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.