L'oubli de laisse ou la mésaventure d'un chien de garde de la démocratie

Un chien de garde de la démocratie s’en vint un matin

A la Maison de la Radio s’expliquer longuement,

Sur ce qu’il croyait devenu urgent et important

Pour ne pas consentir à un journalisme de rien.

L’exercice se présentait sous les meilleurs auspices,

Puisque ses hôtes avaient pour slogan la différence,

Au point qu'elle fleurait souvent l'impertinence,

Et leur faisait pousser la satire parfois jusqu’au vice.

Las, notre chien avait eu l'audace de venir sans laisse.

Ce détail qui lui était coutumier suscita l’irritation

Du prince des ondes publiques qui passait dans la maison

Et lui fit savoir qu’il ne pouvait tolérer une telle hardiesse.

Vous êtes le bienvenu, lui dit-il, mais muni d’un collier,

Ne pas le porter revient à me faire l’insulte et l’affront

Sur mon indépendance de jeter un injustifié soupçon,

Et à vous y refuser, dans le désert on vous laissera aboyer.

 

 

 

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