Hommage à Jim Haynes, par Mireille Azzoug

 Merci à Mireille Azzoug pour ce très bel hommage à Jim Haynes, un personnage hors du commun qui enseigna pendant plus de vingt ans au département d'anglo-américain à Paris VIII.

 Au début des années soixante-dix, quand je l'y ai connu, “ Vincennes ”, profitant des libéralités accordées par le ministre Edgar Faure, pouvait accueillir des gens hors-système comme Jim Haynes. Á l'époque, pas de tags anti-Blancs, homophobes, pas de réunions racisées. Autre France, autres mœurs. Pour paraphraser Wolinski, nous nous battions à Vincennes pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus.

 

Notre cher collègue Jim Haynes est décédé à Paris le 6 janvier 2021 à l’âge de 87 ans. Il était né le 6 novembre 1933 à Haynesville en Louisiane. Diplômé de l’université d’Édimbourg, il avait rejoint le département d’anglais comme assistant, début 69 à la création du CUEV, à l’invitation de Bernard Cassen qui l’avait rencontré en 1965 au Fringe Festival d’Édimbourg et lui avait consacré un article (ci-joint) dans Le Monde.

 

Jim a enseigné pendant plus de vingt ans au département d’anglais où il assurait des ateliers d’expression orale, de creative writing, de langue de spécialité dans le domaine des arts et du théâtre ainsi que des cours sur le théâtre américain, les mouvements underground et les média anglo-saxons. En 1987, il a rejoint l’UFR arts, qui correspondait plus étroitement à son profil et dont de nombreux étudiants suivaient déjà ses cours.

 

Adepte de la Beat generation et du mouvement hippie, dont il avait fait siens les mots d’ordre (mais il était abstème et ne fumait pas), Jim Haynes ne détonait pas vraiment dans l’univers post 68 de Vincennes. Mais il avait quand même une longueur d’avance, notamment dans sa manière non conformiste d’enseigner. Sa pédagogie interactive consistait à « soutenir, encourager, stimuler, intéresser, provoquer » les étudiants qui, disait-il, apprennent tout seuls.

 

Jim Haynes était non seulement un collègue peu conventionnel mais il avait, déjà à l’époque, un parcours personnel hors du commun. Une soif de vivre et d’innover dans tous les domaines de la vie personnelle comme professionnelle. Terme qu’il aurait récusé car, dans la veine du Droit à la paresse de Paul Lafargue, Jim Haynes écrivait en 1978 un manifeste – en réponse au marxisme, disait-il – Workers of the World, Unite and Stop Working ! (Éditions Dandelion) (ce qui est plus facile à faire pour les élites que pour le commun des mortels). Il sera publié en plusieurs langues et même en russe lors de sa visite en Russie après la chute du Mur. Et pour qualifier une manière créative et récréative de dépenser son énergie, Jim avait créé le terme « fullering » (En référence à Buckminster Fuller (1895-1983), génial marginal qui devint un célèbre inventeur étasunien, à la fois architecte, créateur, écrivain...), ce qu’il fit frénétiquement toute sa vie. Il aimait improviser et créer du nouveau, et dès que la routine s’installait, il passait à autre chose.

 

Sa vie tient du roman. Boy-scout dans sa jeunesse, il fait ses études secondaires au Venezuela à San Tomé, où sa famille s’était installée pour le travail de son père. De retour aux États-Unis, il s’inscrit à la Georgia Military Academy à Atlanta, où il suit les cours intensifs de formation militaire. Une erreur, confesse-t-il. Il fréquente ensuite l’université de Louisiane (à Bâton Rouge) durant quelques mois et, après un séjour à la Nouvelle Orléans, il s’engage dans l’Armée de l’air et atterrit à la base de San Antonio. À l’issue d’un entraînement militaire intensif de trois mois, il demande à suivre des cours de langue – il parle déjà l’espagnol – et il étudie le russe six heures par jour pendant toute une année. Avide de découvrir d’autres horizons, il obtient son transfert à la Kirknewton Air Force Base, située près d’Édimbourg. Là, à sa demande, il est autorisé à poursuivre ses études à l’université d’Édinbourg en échange de gardes de nuit au Service de surveillance du Système de défense aérienne russe. À l’université, il étudie l’histoire, l’économie, la philosophie et suit les cours du politiste John MacIntosh (qui deviendra député travailliste). Jim succombe au charme de la ville, se lie facilement avec tout le monde, et c’est le début d’une intense vie sociale et de nombreuses rencontres d’artistes, d’écrivains..., ponctuée de voyages.

 

Il obtient alors sa démobilisation et doit gagner sa vie pour poursuivre ses études. Ayant travaillé à la coopérative de livres de l’université de Louisiane, il a l’idée de créer une librairie spécialisée dans le livre de poche près de l’université d’Édimbourg. L’argent épargné sur sa solde lui permet d’acheter une vieille boutique décrépite qu’il transforme, avec l’aide de Red Williams, en une librairie accueillante dotée d’un café et d’une galerie où sont exposées poteries et tapisseries. Ainsi naît en 1959 la Paperback Bookshop, lieu de diffusion avant-gardiste inauguré par l’économiste Alan Thompson (professeur d’économie, qui allait lui aussi devenir député travailliste). Les lecteurs y trouvent, outre des ouvrages universitaires, des livres d’écrivains anticonformistes en vogue – anglais, étasuniens, notamment de la Beat Generation, européens – Jack Kerouac, William Burroughs, Germaine Greer, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras... avec lesquels il noue d’ailleurs des liens personnels. Sur les rayonnages figurent aussi des auteurs plus classiques – D. H. Lawrence, David Hume...–, des revues (The Village Voice, revue new yorkaise branchée) ainsi que quelques magazines à caractère sexuel. La Bookshop organise régulièrement des signatures de livres, des lectures d’auteurs, des récitals de poésie... Durant le festival d’Édimbourg de 1960, il organise dans sa librairie une représentation des Dialogues sur la religion naturelle de Hume. L’événement remporte un franc succès, ce qui lui vaut des critiques positives de la presse écossaise.

 

Bien qu’anticonformiste, Jim a l’esprit d’entreprise et sait mener sa barque en véritable homme d’affaires.

 

En 1961, l’éditeur John Calder propose au directeur du Festival d’Édimbourg d’inclure dans le programme des conférences / débats d’écrivains. Ainsi naît en 1962 le premier symposium littéraire, que Jim co-organise dans le MacEvan Hall de l’université avec John Calder et Sonia Orwell (la seconde épouse de l’écrivain décédé). Une soixantaine d’auteurs, dont Henry Miller, Norman Mailer, Lawrence Durrell, William Burroughs, Hugh MacDiarmid, Alain Robbe-Grillet, Kingsley Amis... prennent part à ces conférences-débats, suivies de soirées organisées à l’université. Jim voulait que les gens se rencontrent.

 

En 1962 il crée avec le musicien folk Roy Guest un lieu culturel musical, The Howff, mais celui-ci ferme ses portes à la fin du Festival.

 

Entre temps un de ses amis achète à Édimbourg une ancienne bâtisse pour la transformer en studios d’artistes. Jim lui propose d’utiliser le rez-de-chaussée pour en faire un théâtre : c’est ainsi qu’ouvre ses portes en 1963 le Traverse Theatre, sous forme d’un club, dont il sera successivement le directeur, puis le directeur artistique. Évidemment, l’idée est d’en faire un théâtre différent, d’avant-garde, avec un répertoire continuellement renouvelé. Le Traverse monte des pièces de Kafka (Lecture to an Academy, la version française, Un grand singe à l’Académie, a été montée au théâtre des Amandiers, Nanterre, 2006, au TNP, 2013) à la Maison des Métallos, 2014), Heathcote Williams (The Local Stigmatic), Brecht et Kurt Weill (Happy End, en français l’Opéra de quat’ sous)..., ce qui lui vaut la reconnaissance de la presse anticonformiste comme plus traditionnelle, non seulement écossaise mais aussi hollandaise et étasunienne. Parfois le théâtre se lance dans le happening.

 

Au Festival de 1963, c’est un symposium consacré au théâtre qu’il coorganise avec John Calder et Kenneth Tynan (le critique de théâtre le plus influent à l'époque en Grande-Bretagne), et qui réunit un parterre de dramaturges, metteurs en scène, acteurs de théâtre, au nombre desquels Edward Albee, Arnold Wesker, Laurence Olivier, Arthur Adamov, René de Obaldia. Lors de la soirée de clôture au MacEvan Hall, un happening est organisé : une jeune fille nue poussée dans une chaise à roulettes traverse à toute vitesse la galerie. La presse crie au scandale, ce qui a pour conséquence, malheureuse, l’annulation du symposium des poètes qu’ils avaient prévu pour le Festival suivant.. Jim et l’équipe du Traverse contribuent alors à revitaliser le Fringe (voir, plus bas, l'article de Bernard Cassen dans Le Monde du 15 septembre 1965, le festival off. 

 

En 1965, Jim Haynes quitte la direction du Traverse pour se lancer dans la création d’un nouveau théâtre à Londres. Avec trois associés, Michael Geliot, Ralph Koltai et Charles Marowitz, qui en sera le directeur, il monte le London Traverse Theatre : divers acteurs et artistes connus participent aux productions, dont certaines sont reprises dans les théâtres londoniens du West End. Avec quelques associés, il crée le International Times, IT, premier journal underground en Europe (auquel Paul McCartney apporte son concours financier), lequel survivra, avec des interruptions, jusque dans les années 1990. En 1966 Jim reçoit le Whitbread Prize pour sa contribution, jugée remarquable, au théâtre anglais.

 

En 1967, il démissionne du Théâtre pour se consacrer, avec Jack Moore, à la création d’un espace culturel à Dury Lane (Londres). Ce sera l’Arts Lab, avec une galerie d’art au rez-de-chaussée, qui expose les artistes underground et du pop art, un cinéma en sous-sol et, logés dans un entrepôt voisin, un théâtre et un restaurant. Diverses personnalités underground du monde des arts et de la culture exposent ou se produisent à l’Arts Lab (Andy Warhol, David Bowie, John Lennon et Yoko Ono...). En octobre 1969, l’Arts Lab ferme ses portes mais il a fait des émules et il a impulsé la création du BIT (Beatniks International Transfers), qui devint le « centre nerveux » des réseaux alternatifs du Swinging London.

 

Jim est aussi, à sa façon, un militant politique. En 1968, il aide le comédien et auteur afro-américain Dick Gregory (Richard Claxton Gregory), militant pour les droits civiques des noirs, candidat aux élections présidentielles étasuniennes du Freedom and Peace Party, à récolter des fonds à Londres pour sa campagne.

 

Évidemment, Jim Haynes ne peut pas manquer Mai 68 : à peine arrivé à Paris, il participe à l'occupation du théâtre de l’Odéon. Puis il fait un tour d’Europe, participe au festival de Berlin. En 1969, il contribue, avec Bill (William) Levy, à la création de la revue Suck, The First European Sex Paper, à Amsterdam (interdite à Londres), avec la participation, entre autres, de Germaine Greer et Heathcote Williams –, laquelle ne vivra que l’espace de quelques années. À caractère érotico-pornographique, mais aussi esthétique, le but était de subvertir l’ordre social et moral en matière sexuelle. La même équipe organise, à l’automne 70 et 71, le Festival pornographique d’Amsterdam.

 

En 1973, Jim, conquis par Paris, s’installe dans la capitale. D’abord rue Mathurin-Régnier, puis, de manière définitive, rue de la Tombe Issoire (au 83) dans un atelier d’artistes avec une cour attenante, où il demeurera le restant de ses jours. Le « 83 » deviendra le centre d’une vie intense et foisonnante.

 

Des idées, toutes plus originales, plus folles les unes que les autres, Jim en a plein la tête. Il lance the Cassette Gazette, revue audio qui permet la diffusion de textes lus par leurs auteurs, écrivains ou poètes..., au nombre desquels Ferlinghetti, Bukowski... Rêvant d’abolir les frontières, il crée un passeport mondial, que certains parviendront à utiliser l’espace de quelques voyages mais la justice y mettra vite bon ordre. Après une conférence sur l’éducation à l’UNESCO, il propose la création d’un bateau-université. En juillet 1976, il organise une tournée de la fanfare des Beaux-Arts à travers les États-Unis pour la célébration du 200e anniversaire de l’Indépendance des États-Unis. Il parcourt la planète, d’événement en événement, de festival en foire, Édimbourg, Francfort, Cannes... toujours en quête de nouvelles rencontres.

 

Jim a aussi fait sienne la devise hippie « faites l’amour par la guerre ». À Paris il lance en 1971 avec Jane Pasle-Green, un recueil d’articles et d’essais consacrés à la révolution sexuelle, Hello, I love you, qui sera ultérieurement publié dans plusieurs langues par divers éditeurs, avec, en première de couverture, une citation, illuminée, de Germaine Greer : « Si nous étions sexuellement libérés, il n’y aurait pas de président, pas de police, pas de répression policière et pas de gouvernement ». Ultérieurement il entreprit d’écrire un livre plaidant pour la libération des femmes qui comporterait une unique phrase, traduite dans toutes les langues, « Women’s Liberation is the recognition by both women and men of the need and the right of each and every woman to assert herself », lequel ne parvint pas à voir le jour.

 

Rien ne freine la fringale de fullering de Jim. En 1980, il fonde les Handshake Editions pour aider à la diffusion d’écrits de poètes, écrivains, artistes, peu médiatisés... y compris ses propres écrits. Au début l’impression et la diffusion, totalement artisanales, sont réalisées dans son propre atelier : en reproduction offset, les amis de passage étant invités à contribuer à l’assemblage des pages. En 1981, il publie Everything is. Soft Manifestos for our Time (Handshake Editions, avec un avertissement au bas de la couverture: « Don’t waste a reader’s time. Present big ideas in small books, not small ideas in big books ») et, en 1983, son autobiographie Thanks for coming !, est publiée par l’éditeur londonien Faber and Faber. Il continue, en parallèle à « coacher » des intervenants aux divers festivals — Édimbourg, Berlin, Foire du livre de Francfort, Festival de Cannes, ainsi que sur d’autres continents, sa terre natale bien sûr, mais aussi Amérique du Sud, pays asiatiques (il déjeunera avec Indira Gandhi).

 

Son « dada », c’est de mettre des gens en contact les uns avec les autres. C’est dans ce domaine que Jim va trouver une activité permanente : le 83 rue de la Tombe-Issoire devient un lieu de rencontres, dîners, conception de projets et fait aussi office de galerie d’exposition – l’Atelier A2, qui accueille artistes en résidence, peintres, photographes..., jeunes ou moins jeunes, souvent en marge de l’art médiatisé. Il va y organiser durant près de 40 ans, toutes les fins de semaine jusqu’à son dernier souffle, le « Sunday Salon », une sorte de dîner / causerie où se côtoient, dans l’esprit des salons du passé, des personnes issues des milieux les plus divers – littéraires, artistiques, show business... toutes tendances confondues. Chacun acquitte son écot dans une enveloppe. Les dîners, souvent exotiques, sont cuisinés par les personnes venues des quatre coins de la planète, y compris les invités eux-mêmes, et parfois des professionnels. En 40 ans, ces rencontres-dîners, qui regroupent de 30 à 60 personnes, ont totalisé près de 150 000 participants, du monde entier, écrit Vicky Baker dans le BBC News (du 24 janvier 2020), qui conclut que pour Jim « every connection mattered ». Le lien de ce cercle, c’est la Letter from Jim (il en a écrit plus de 600) qu’il adresse périodiquement à celles et ceux qui figurent dans son carnet d’adresses, et dans laquelle il raconte sa vie : voyages, écrits, photos et liste, impressionnante, des personnes qu’il a rencontrées.

 

 

Hommage à Jim Haynes, par Mireille Azzoug

Jim Haynes derrière Nathalie Rossi-Gensane, lors du fameux repas des 40 ans de “Vincennes” en 2009 (photo : BG)

De 1991 à 1993, ce sont les pays de l’Est qu’il parcourt, et, pour faire tomber encore plus les frontières, il édite une série de guides touristiques People to People, consacrés à plusieurs de ces pays : Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Pays baltes, Russie. Publiés par Zephir Press Books, ces annuaires touristiques recensent des autochtones des pays de l’Est et de l’Ouest qui sont prêts à des rencontres et des échanges bénévoles. Ce qui lui vaut un prix de l’Institute for Social Inventions de Londres.

 

En 1993 il écrit un essai « On being lazy », publié à Bucarest et traduit à Moscou (de même que Workers of the Word Unite, and Stop Working !), où le hasard veut qu’il rencontre Poutine.

 

Jim va continuer à sillonner le monde, apportant partout son aide au montage ou à l’organisation de projets, introduisant de nouvelles personnes dans les divers festivals, notamment celui d’Édinbourg auquel il est resté très attaché toute sa vie.

 

En 2001 une crise cardiaque l’oblige à une vie moins trépidante. L’année suivante, il participe à la Foire du livre de Guadalajara (Mexique), contribue à l’édition d’une version bilingue espagnol / anglais de Parables, recueil de poèmes du poète cubain Pablo Armando Fernandez.

 

En 2002, il fait le récit autobiographique de ses périples, Le tour du monde en 33 jours (publié par Glas, Moscou). Puis son âge augmentant et sa santé déclinant, les voyages en avion lui sont interdits. Il se rend à Édinbourg en train pour célébrer le 50e anniversaire du Traverse, qu’il a lancé, et les étudiants de l’université feront des sculptures pour commémorer la Paperback Bookshop.

 

Malgré son âge et sa santé précaire, il continue ses voyages en train, traversant les frontières, à la rencontre des gens, d’anciennes et de nouvelles connaissances, visitant les festivals, découvrant de nouveaux lieux, de nouveaux évènements. Les dîners / causeries du 83 continuent bon train, avec un pic pour célébrer ses quatre-vingts ans en 2013. En 2016, il assiste avec émotion à l’exposition consacrée aux années 60 organisée à Londres au Victoria & Albert Museum.

 

En 2017, l’Université Napier d’Édimbourg lui décerne un PhD honoris causa. Les archives « Jim Haynes » sont conservées dans cette université. Andrea Nolan, sa vice-chancelière, écrit : « Jim was a man of many facets. He expanded our perspective by opening conversations which collided art, literature, drama and science. »

 

Le « citoyen du monde » (comme il se nomme lui-même, dans son livre World Citizen at Home in Paris, 2016), le « people junkie » (sa drogue, c’était les gens) qu’il a été s’éteint à Paris le 6 mars 2021.

 

Après quoi Jim Haynes a-t-il couru de façon frénétique sa vie durant ? Peut-être, cette quête perpétuelle avait-elle, comme pour Baudelaire, un but ultime : échapper à l’ennui, « plonger dans l’inconnu pour trouver du nouveau ».

 

La dernière fois que nous avons vu Jim Haynes, c’était en 2009, au dîner des collègues du DEPA dans un restaurant chinois du 13e à Paris. Un peu vouté, les cheveux blanchis, j’ai retrouvé le Jim qui avait quitté le DEPA vingt ans plus tôt. Il m’a saluée avec une certaine émotion, d’ailleurs partagée : « Hi baby », c’est ainsi qu’il appelait toutes les femmes.

 

Mireille Azzoug
Ancienne directrice du DEPA

 

Le présent hommage a été rédigé à partir de son autobiographie, Thanks for Coming !, et de Jim Haynes, Life, document en ligne dans lequel il raconte sa vie année après année, et qui inclut une vidéo sur son 80e anniversaire.

 

PS,  (BG) : En 1971, Jim m'avait très gentiment accordé un entretien très intéressant reproduit dans mon livre L'autre Angleterre.

Hommage à Jim Haynes, par Mireille Azzoug

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