T'es mon père bio, aboule le fric !

Il y a quelque temps, une des chaînes du service public a traité d’un problème familial qui m’avait totalement échappé à ce jour. Vous êtes un homme, vous rencontrez une femme qui vous plait. Elle n’est pas, en apparence, insensible à vos charmes. Vous avez une relation. Elle vous quitte, enceinte sans que vous le sachiez. Des années plus tard, elle se manifeste : par voie de justice, vous êtes obligé de reconnaître un enfant que vous ne connaissez pas et de payer une pension avec les arriérés.

 

Autant on peut concevoir qu’une jeune femme qui ne parvient pas à s’en sortir seule avec un enfant recherche le soutien matériel du géniteur, autant, on a pu être sidéré par une décision de justice accordant des sommes exorbitantes à un adulte de 22 ans, ce qui obligea le géniteur (qui n’avait jamais rencontré cet homme majeur) à vendre sa maison pour pouvoir s’acquitter de la dette, et ce qui le plongea dans une profonde et durable dépression.

 

La justice et le législateur ont raison de poser comme principe que tout enfant a le droit de connaître ses origines. Aujourd’hui, avec l’ADN, c’est aisé. Mais c’est peu dire que l’on assiste à un retour du bâton. Autant ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps des filles-mères furent gravement victimes d’une société qui les méprisait et ne leur était que de peu de secours, autant le système punit de manière aberrante et violente des hommes la plupart du temps piégés.

 

Une fois que le géniteur a été contraint de payer, que se passe-t-il ? Rien. On ne construit pas une relation humaine d’importance avec de l’argent (« Money can’t buy me love », chantaient les Beatles), surtout quand il n’est pas dans l’intention du récipiendaire de cet argent d’offrir quoi que ce soit en retour.

 

Après les pères divorcés au sommet de grues, les pères sperme.

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