Dans le centre de la France, mourir, la belle affaire. Souffrir...

 

Il y a une quinzaine d’années, je me trouvais du côté de Cosnes-sur-Loire (qui s’appelle désormais Cosnes-Court-sur-Loire, les connes du pays ne devaient peut-être pas aimer). Un dimanche, je me blesse sans gravité. Je cherche un lieu où me faire soigner. Le vrai binz! Il me fallut au moins deux heures pour trouver un endroit médicalisé idoine où l’on m’expliqua qu’en effet je me trouvais en plein désert.

 

La situation ne s’est pas améliorée. Avec Sarkozy, Hollande et Macron, il ne fallait surtout pas rêver !

 

Je viens de lire les mésaventures d’un couple de sexagénaires qui auraient pu finir tragiquement. En rentrant de chez des amis, l’épouse se plaint d’horribles maux de têtes, quelques jours après avoir été prise en charge pour un AVC. Elle vomit, au bord de l’évanouissement. Son mari appelle les pompiers qui le redirigent vers le SAMU.

 

Il patiente quinze minutes au bout du fil. Il est alors informé que les services d’urgence ne peuvent s’occuper de son cas et il lui est demandé d’emmener lui-même son épouse à l’hôpital. Affolé, il prend la route vers les urgences de l’hôpital de Nevers en dépassant certainement les 80 kms chers à notre Premier ministre. Á quarante kilomètres de l’endroit où il se trouve. “En arrivant, je me suis fait engueuler” explique-t-il, “car je m’étais garé n’importe comment”.

 

Très vite, l’épouse subit un scanner qui révèle un AVC hémorragique. Les médecins présents ne peuvent intervenir alors que la situation de la malade est d’une urgence totale car elles risque des complications gravissimes, voire la mort. Ils stabilisent son état. La pauvre dame est héliportée le lendemain vers Dijon.

 

De retours à l’hôpital de Nevers, elle souffre d’une phlébite, de pertes de mémoires et ne peut marcher.

 

Interrogé sur ce que vient de subir ce couple, l’hôpital de Bourges estime que tout s’est déroulé normalement et que les désagréments ne sont qu’un “non-événement”.

 

Le cas de parents de malades qui se transforment en ambulanciers n’est pas rare dans ce coin enclavé de notre pays. La ruralité, la rase campagne deviennent des souffrances en soi. La pauvreté aussi. Dans cette région, on a pu noter la fermeture d’une maternité au Blanc, les parturientes ayant le “choix” entre Poitiers et Châteauroux. Á Pithiviers, qui dispose d’une gendarmerie très importante – de ce côté tout va bien, le service d’ambulances du SMUR a été suspendu pendant 18 jours en août.

 

 

 

Dans le centre de la France, mourir, la belle affaire. Souffrir...

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