Rue Garibaldi, Lyon, 6h30 du matin

Pour la première fois de ma vie, j’ai assisté à une rixe, brève mais très violente, au pied de la Cité administrative de Lyon, au petit matin.

 

Á 10 mètres de moi, quatre jeunes hommes de type somalien ou éthiopien, discutaient de manière véhémente dans leur langue. Les quatre étaient armés d’un couteau. Soudain, six autres individus, arrivant de nulle part, également armés d’un couteau, se jetèrent sur eux. Les échanges furent brefs, quelques coups de couteaux parvinrent à destination, un peu de sang fut répandu, l’un des jeunes hommes s’écroula par terre et fut frappé violemment à la tête à coups de pied par l'un des ses adversaires. J’ai encore dans l’oreille le bruit sourd du choc d’une chaussure contre une figure. Heureusement, je ne les intéressais nullement, pas plus que deux ou trois Lyonnais qui attendaient leur autobus.

 

La rixe cessa aussi rapidement qu’elle avait commencé. Les deux camps se séparèrent. Quelques secondes plus tard, un individu arriva rapidement à scooter sur le trottoir en me frôlant et balança ce qui me sembla être de l’eau de Javel à la figure d’un de ses antagonistes qui hurla. Il disparut aux commandes de son engin, vraisemblablement “ emprunté ”, à moins que le RSA ait été fortement augmenté récemment.

 

Je n’ai naturellement rien compris aux enjeux de cette rixe qui a duré au maximum dix secondes, même si les combattants s’invectivaient en français, ce qui signifiait qu’ils n’étaient pas de la même origine.

 

Les pouvoirs publics, certains média bien-pensants et, naturellement, l’Union européenne, nous apitoient régulièrement sur le sort de « mineurs », perdus en Europe et qu’il convient de protéger. Pour 90%, il ne s’agit pas de mineurs. Je peux assurer qu’au métro Guillotière, l’âge moyen de la faune qui se livre à des trafics en tous genres est largement de 35 ans. Nous avons affaire à des centaines de milliers d’hommes, généralement seuls, qui tentent leur chance en Europe sans la trouver et qui tombent très vite dans la violence, l’illégalité, la marginalité. Un conseiller de l’ancienne municipalité me disait il y a quelques années que le nombre d’individus d’origine extra-communautaire en situation illégale dans le Grand Lyon devait avoisiner les 100 000. 10 000 d’entre eux avaient sombré dans la délinquance.

 

Je viens d’en croiser une dizaine.

 

Rue Garibaldi, Lyon, 6h30 du matin

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.