Rébecca Gensane victime d'un scandale sanitaire à Rome

10 ans d'efforts incessants, de sacrifices, anéantis par l'incompétence d'officiels italiens qui ont assumé un déni de justice inimaginable.

Rébecca Gensane a été empêchée de défendre ses chances sur 200 4N par les organisateurs des championnats d’Europe junior à Rome. Sur le papier, elle allait en demi-finale et avait une bonne chance d’accéder à la finale.

 

Elle n’aura pas été la seule à être victime d’un vrai déni de justice.

 

La veille de l’épreuve, c’est-à-dire le 8 juillet, les organisateurs font passer à tous les nageurs un test Covid buccal, ce qui est un peu léger (rien ne vaut les tests buccaux pour créer des faux positifs)... Rebecca passe le test à 16 heures. Vers 17 heures vont être testés des nageurs qui seront déclarés positifs au Covid.

 

Les résultats parviennent aux nageurs à 7 heures du matin le 9 juillet. Dans quatre équipes, des nageurs sont positifs. Deux dans l’équipe de France. L’organisation déclare cas contacts tous les nageurs des quatre équipes. Rébecca est d’autant plus cas contact possible que l’une des deux nageuses de l’équipe de France testée positive est sa compagne de chambre. Rébecca nous en informe vers 8 heures. Elle qui s’était entraînée cinq heures par jour depuis des mois en vue de cette épreuve est effondrée.

 

Un contre-examen est planifié, suivant le protocole, le matin même. Le problème est que les analyses ont lieu pendant les séries, dont les nageurs et nageuses des quatre nations sont absents. Les résultats tombent : aucun des nageurs de ces nations n’est positif et n’aura à être confiné pendant dix jours, seul dans une chambre d’hôtel à Rome. En tant que parents, Nathalie et moi respirons : notre fille n’est pas malade.

 

Les représentants de l’équipe de France demandent à ce que les nageurs empêchés le matin (qui sont dans les transes, alternant tension et abattement) puissent être intégrés dans les demi-finales. C’est techniquement possible puisqu’il y a vingt lignes pour seize demi-finalistes. Á défaut, ils suggèrent que les nageurs privés de séries nagent entre eux en début d’après-midi.

 

Refus des organisateurs qui ont été incapables de tester les compétiteurs correctement et qui assument tranquillement un déni de justice manifeste.

 

Apparemment, il ne s’agit même pas d’une combinazzione, cette délicieuse pratique qui fait le charme de nos amis transalpins. Du moins espérons-le...

 

 

PS : Ici le communiqué de la FFN.

Rébecca Gensane victime d'un scandale sanitaire à Rome

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