Bernadette Grange et Philippe Arnaud. Au pays des Onsen. Carnet de voyage au Kyushu.

BGA Éditions, Tours 2021.

J’ai sous les yeux un ouvrage magnifique, un carnet de voyages de mes amis Bernadette et Philippe au Japon. Philippe s’est chargé des textes que sa compagne Bernadette a illustré de très jolies aquarelles.

 

Les auteurs sont liés à une famille japonaise depuis quarante ans, ce qui a rendu possible une approche lente, pour ne pas dire langoureuse, d’un monde tellement différent du nôtre.

 

Il y a mille chemins sensoriels, sensuels, pour s’introduire dans ce monde, l’un étant la nourriture. Comme l’écrit Philippe, « la langue n’est pas seulement l’organe de la communication, c’est aussi celle du goût, et apprendre à manger japonais, c’est aussi apprendre une autre langue japonaise. » Manger, c’est aussi boire, boire du vin qui évoque plus le jus de raisin sucré que le vin de chez nous. Un vin présenté dans des bouteilles d’un litre avec de grandes étiquettes très colorées, très décorées, avec des titres … en français !

 

Il fut un temps où, tremblements de terre obligent, les parois intérieures des maisons étaient souvent faites en papier. Nos visiteurs ont observé qu’avec une feuille de papier un Japonais peut représenter n’importe quoi : « votre chien se grattant l’oreille, Murat à cheval, sabre au clair, ou votre grand-mère assoupie sous le cerisier et qui a laissé tomber son tricot à côté de la chaise longue. »

 

L’eau est sûrement l’élément dominant au Japon. Les toilettes sont des lieux d’aisance parce qu’on y est à l’aise. Quant au rituel du bain, c’est une source de sensations toujours renouvelées : « [Dans les bains thermaux], les Japonais se savonnent interminablement, se rincent et se re-savonnent assis sur leurs petits bancs de bois. Puis ils passent au bain. Les Japonais y méditent, y bavardent, y rêvent, s’y assoupissent, y dorment peut-être. » Les jardins se contemplent et s’ouïssent grâce « au chant de l’eau qui, interminablement se déverse dans sa vasque en pierre, et qui déborde, déborde, déborde. » L’eau qui nourrit la terre fertilisée par les cendres volcaniques et qui éteint le feu de la lave.

 

Note de lecture 197

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