Chère MGEN…

Ma petite dernière, Rébecca, vient d’être opérée de la mâchoire. Une opération prévue de longue date. Son orthodontiste nous avait prévenus il y a plus de deux ans que son travail risquait d’être entièrement anéanti sans opération car le maxillaire inférieur poussait vers le bas.

 

Il ne s’agissait en aucune manière d’une opération à des fins esthétiques ou de confort. Rébecca ne pouvait pas – naturellement – fermer la bouche normalement, elle ne pouvait pas respirer par le nez, ce qui était embêtant pour une sportive de haut niveau et ce qui la faisait ronfler comme une chaudière la nuit. Cela créait par ailleurs – plusieurs ostéopathes et kinés nous l’ont confirmé – des tensions dans la tête et dans les épaules.

 

 

Rébecca fut opérée dans un hôpital privé de Lyon. Pas par affection idéologique particulière pour ces établissements qui ont désormais le droit de s’appeler « hôpital » mais parce que notre fille était suivie par un chirurgien spécialisé dans les opérations maxillo-faciales, particulièrement renommé et compétent, qui pratiquait dans cet établissement. Nous avions évidemment transmis le dossier à notre “chère mutuelle ”.

 

L’opération s’est parfaitement déroulée, tout comme le suivi. En se pliant très scrupuleusement aux consignes de son chirurgien, Rébecca s’est progressivement remise à l’eau (elle fait partie de la sélection préolympique pour les Jeux de Paris) et elle devrait retrouver la plénitude de sa forme d’ici deux à trois mois.

 

Alors, pas d’histoire d’argent entre nous, me direz-vous, mais enfin tout de même.

 

Á la sortie de l’hôpital, nous avons réglé un chèque de 3156 euros, correspondant, à trois sous près (les 20 euros dont on doit s’acquitter parce qu’on quitte l’établissement !), au devis qui nous avait été fourni. La MGEN vient de nous rembourser 594 euros. En gros cinq fois moins que ce que nous avions déboursé.

 

Je suis à la MGEN par tradition familiale. Depuis un demi-siècle. Mes parents, un de mes grands-pères y étaient. La mère de Rébecca y est également depuis trente-cinq ans environ. Mais il y a bien longtemps que je ne conseille plus aux jeunes enseignants d’en devenir adhérents lorsqu'ils me demandent mon avis. Je ne le déconseille pas non plus. Qu’ils se débrouillent ! Il se trouve qu’un membre de ma famille – qui ne s’appelle pas Gensane – siégea autrefois dans les plus hautes instances de la mutuelle. Je sais donc en gros ce qui s’y passe. Je sais aussi, à la décharge de la MGEN, que dans l’Europe de Bruxelles, les mutuelles à la française sont une spécificité qui gêne. Mais comme les dirigeants de la mutuelle n’ont jamais remis en cause cette Europe, ils pataugent dans leurs contradictions. Et nous à leur suite.

 

L’important est que Rébecca aille bien et qu’elle soit contente du résultat d’une opération qu’elle souhaitait ardemment. Et qu'elle soit encore plus belle qu'avant...

 

Chère MGEN…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.