Quelques insultes en anglo-étasunien

Il y en a bien d’autres, mais celles-là, je les aime et les utilise, en mon for intérieur bien sûr.

 

Á tout seigneur, tout honneur :

 

Fuck

 On le met à toutes les sauces. A l’origine, il s’agit de « faire l’amour », mais dans un registre ordurier, obscène. Il date du XVe siècle. Son origine est allemande (« ficken »). Une légende veut que fuck vienne de « Fornication under the consent of the king » (Fornication avec le consentement du roi », mais ce n’est qu’une légende.  Les Canadiens ont franchisé le mot : « j’ai fucké cette histoire ». Comme le mot français «putain », son sémantisme s’est adoucit à mesure qu’il était utilisé par de plus en plus de gens, de plus en plus jeunes et de plus en plus âgés. Lorsque je me trouvais dans ma famille anglaise de la petite bourgeoisie au début des années soixante, jamais je n’aurais utilisé ce mot. On l’intercale désormais un peu partout : «Go the fuck to the baker’s » : (tu vas chez le boulanger, bordel). Aujourd’hui, c’est du petit lait, surtout dans le cinéma : il apparaît 569 fois dans Le Loup de Wall Street de Scorsese (3,3 fois par minute). « Fuck you » reste quand même une des insultes les plus violentes de la langue anglaise (va te faire foutre).

 

 For fuck’s sake

Littéralement « par souci de la baise ». Par extension « putain de merde ».

 

 Shut the fuck up

« Ferme ta putain de gueule ».

 

 What the fuck

Renforce « what » : « C’est quoi, ce bordel ? ». Souvent réduit à « WTF ».

 

Ass (États-Unis) ou Arse (Grande-Bretagne)

« Ass » est d’abord « un âne », puis « le cul ». Et, par extension, « abruti », « crétin ». L’anglais des États-Unis nous a envahi de « assholes » (trous du cul »). Une expression plutôt ordurière qui, elle aussi, a tendance à s’atténuer.

 

Badass

Littéralement « mauvais cul ». Ce vocable qui est passé dans le français assez récemment, signifie « dur à cuire » ou « emmerdeur ».

 

 Ass (arse)-licker

Sans problème un « lèche-cul ».

 

 Fat ass

Toujours sans problème « gros cul ».

 

  Bastard

Á l’origine « bâtard ». Au fil des jours, « salaud ». « Bloody bastard » : « sale con ». « Lucky bastard » : «gros veinard ». Plus fort que « bastard », le Britannique utilisera « scumbag » (« sac à merde »), donc «fumier ».

 Á placer dans une conversation pour faire croire qu’on est savant : expliquer qu’un bâtard est un pain de 450 grammes entre la baguette et le pain d’un kilo. Et, pour passer pour un immense philologue, dire que les Picards appellent ce pain un joko (« Ech joko ch'est un pain ed deus lives. »).

 

  Bollocks

S’est également beaucoup atténué depuis que son sens est passé de « couilles » à « conneries », «mensonges».

 

 « Shit »

« La merde » (allemand Scheiß). Est désormais utilisé en français dans la sens de « résine de cannabis». Les Anglais disent toujours « he had the shit this morning » (« il a eu la chiasse ce matin »). Á connaitre également : « I don’t care a shit » : « je n’en ai rien à foutre ». Mais le sens peut s’inverser : « This chocolate is the shit » : « ce chocolat est à tomber par terre ».

 

 Bullshit

Vient des États-Unis. Littéralement « merde de taureau ». Affaiblissement du sens puisque le mot est presque exclusivement utilisé dans le sens de « connerie ». « To bullshit » signifie «raconter des conneries », « déconner ». « Cow dung » (bouse de vache) n'a pas connu la gloire.

 

Crap

Tout proche de « shit ». Pour l'anglais, « crap » signifie : « conneries », « daube », « saloperie ». Comme adjectif, il signifiera « merdique » et comme verbe « chier ».

 

 Cunt

Le mot « cunt » est peut-être le mot le plus vulgaire de la langue anglaise, en tout cas 100 fois plus vulgaire que le français « con ». A tendance à s’atténuer. On l’entend couramment dans les séries grand public : «You’re a cunt », « tu es un vrai connard ». Á l’origine, il s’agit, comme en français, du sexe de la femme («la chatte ») puis, dans un mouvement naturel de partie pour le tout, « une pétasse ».

 

Pussy

Beaucoup plus gentil que « cunt » (« What’s New, Pussy Cat ? », délicieux film de Clive Donner et merveilleuse chanson de Burt Bacharach créée par Tom Jones). Donc « le minou ». Pour un homme, « a pussy », c’est un type qui n’en a pas.

 

Twat

Entre « cunt » et « pussy », l’anglais dispose de « twat », « chatte » et, par extension, « idiot », « connard ».

 

Dick

Diminutif de Richard (Dick Rivers, ah, ah !). Tout simplement « la bite ». Par extension « connard ». « A dickhead» est une tête de nœud ».

 

Cock

Á l’origine « un coq ». Par extension « la queue », puis « connard ». « Cocksucker » sera donc le « suceur de bites » ou « l’enculé ». « Knob », qui signifie la même chose, a tendance à s’effacer.

 

Goddam

Vient de « God » (Dieu) et « damn » (« satané »). On le traduira par « nom de Dieu », « bordel de Dieu ».

 

Hell

D’abord « l’enfer ». Souvent accouplé à « bloody », un enfer sanglant qu’on pourra traduire par « bordel de merde». Et puis on l’utilise à toutes les sauces : « a Hell of a lot of people » (« des tas de gens »), « to shoot like hell» (« crier comme un malade »), « Get the hell out of here ! » (« dégage ! »), « who the hell do you think you are ? » (« tu te prends pour qui ? »), « go to hell » (« va te faire foutre »), « to give somebody hell » (« passer un savon à quelqu’un »).

 

Slut

Très fréquent dans les séries télévisées : « chienne », « salope ».

 

Bitch

Un peu plus doux que « slut ». Á l’origine, la femelle du chien. « Son of a bitch », « fils de pute », est assez violent.

 

Whore

Quasi littéraire. Très ancien vocable qui vient du vieil-allemand. « Putain », « prostituée ».

 

Tramp

D’abord « un clochard ». Par extension « une femme qui traîne partout », « une traînée », une « Marie-couche-toi-là ».

 

Hooker

Une « whore » aux États-Unis.

 

Fag

Signifie à la fois « une clope » et « un pédé ». On dit aussi « faggot », à ne pas confondre avec « fagot », le fagot. Savoureuse allitération avec « fag hag », « une fille à pédés ».

 

Motherfucker

Très populaire. Littéralement « baiseur de mères ». Par extension « fils de pute ».

 

Turd

Littéralement « étron ». Par extension « grosse merde ».

 

Wanker

Mot qui date des années 1940 : « masturbateur ». Un « branleur », « une branleuse », « un glandeur ». On dit aussi « tosser ».

 

Pain in the ass (arse)

Popularisé par les séries étasuniennes. Littéralement « une douleur dans le cul ». Donc « un emmerdeur », «un type gonflant », « un casse-bonbons».

 

Quelques insultes en anglo-étasunien

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