N'oublions pas Nizar Trabelsi : une tragédie pire que celle de Julian Assange

Ce Tunisien résidant en Belgique, footballeur professionnel, a été arrêté par la police belge le 13 septembre 2001 pour avoir eu l’intention d’attaquer la base militaire étasunienne de Kleine Broghel en Belgique. Et pour un projet d’attentat contre l’ambassade des États-Unis en France.

Ayant reconnu son allégeance à Ben Laden, il purge jusqu’au dernier jour  sa peine maximale de dix ans. Le 23 novembre 2011, à quelques semaines de la fin de son incarcération, la justice belge approuve la demande d’extradition des États-Unis,  contre la décision de la Cour européenne des droits de l’homme. Le 2 octobre 2013, dans un “ cadre extra-judiciaire et confidentiel ”, sur décision de la ministre belge de l’Intérieur, il est extradé vers les États-Unis où il encourt la perpétuité. Son avocat, averti alors que l'extradition est déjà réalisée, saisit symboliquement en référé le tribunal de première instance de Bruxelles qui prononce le 3 octobre une interdiction d’extradition.

Cela fait huit ans qu’il y est en détention et son procès n’a même pas commencé ! Les agents du FBI venus interroger Nizar Trabelsi lui ont dit : « Si tu es extradé, tu seras chez nous, et tu ne verras plus jamais le ciel ».

En septembre 2014, la Cour européenne des droites de l’homme condamne la Belgique, pour violation de l'article de la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit « les traitements inhumains », au versement de 60000 euros pour dommage moral et 30 000 euros pour frais et dépens à Nizar Trabelsi.

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