Hôpitaux publics : l’impérieuse nécessité de licencier

Le banquier éborgneur prépare la destruction des hôpitaux publics en planifiant une accélération des licenciements.

 

En 1986, le gouvernement Fabius promulguait la loi dite de “rénovation” de la fonction publique hospitalière. Cette loi prévoyait qu’un fonctionnaire hospitalier dont le poste était supprimé, pouvait être licencié. La lutte des personnels avait fait reculer le gouvernement. En 1998, le gouvernement Jospin était revenu à l’assaut par le biais d’un simple décret. Un mouvement de luttes l’avait fait reculer.

 

Le projet “ Ma santé 2022 ” de Macron, présenté par Agnès Buzin, a suscité de grandes luttes de la part des hospitaliers l’an dernier car il prévoyait desfermetures de lits, la disparition de maternités et d’hôpitaux de proximité… S’en est suivi un “ Ségur de la santé ”. Á la fin des négociations, on n’a surtout pas observé une rupture de “ Ma santé 2022 ” avec les politiques européennes de réduction des dépenses de santé mais, au contraire, une accélération de celles-ci.

 

Les nouvelles suppressions de lits, de services, d’intervention mobile d’urgence), de maternités et d’hôpitaux de proximité que les groupements hospitaliers de territoire devront coordonner sous l’autorité des ARS, sont plus que jamais à l’ordre du jour.

 

C’est le retour du projet de Fabius. Le ministre Véran a ressorti les dispositions permettant les licenciements prévues il y a 34 ans.  Il s’agit là d’une attaque inédite contre le statut de la Fonction publique hospitalière et son corollaire : la garantie de l’emploi.

 

En pleine crise sanitaire et sociale, d’un côté les salariés sont gravement menacés tandis que le Patronat reçoit mannes et subsides.

 

Le licenciement d’un fonctionnaire hospitalier est possible, sous certaines conditions. Si son poste est supprimé, il peut être licencié après avoir refusé trois offres d’emploi. Il peut également l’être six mois après la suppression de son poste en l’absence de proposition de poste.

 

Le gouvernement veut diminuer le nombre de fonctionnaires. Après avoir annoncé vouloir supprimer 50 000 postes dans la Fonction publique d’Etat, il a fait reculer, revenant à 10 500.

 

Hôpitaux publics : l’impérieuse nécessité de licencier

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