Le banquier éborgneur et la dictature sanitaire

Vieille habitude d’un acteur de Mai 68 : toujours dire d’où l’on parle. Je suis vacciné. Les miens (les miennes) sont vaccinés. Trois membres de ma famille nucléaire sur quatre ont eu le covid. On peut dire, prudemment, que nous ne sommes plus vraiment des personnes à risque, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres.

Cela n’empêche pas d’être lucide. L'efficacité des vaccins varie de 40 à 90%. Les effets collatéraux à long terme sont inconnus. L’évaluation d’un vaccin – par ceux qui l’ont fabriqué puis par les personnalités scientifiques extérieures chargées de cette tâche – dure trois ans minimum. Nous en sommes loin. Les fabricants le savent parfaitement puisqu’ils ont demandé, et obtenu en parfaite dérogation au droit coutumier, d’être dégagés de toute responsabilité en cas de catastrophe que leurs produits auraient provoquée. Il n’y aura pas de procès Pfizer comme on a pu connaître des procès de la thalidomide. Il serait par ailleurs souhaitable que l’on se demandât dans les plus brefs délais pourquoi c’est justement dans les pays qui ont le plus vacciné que la pandémie a flambé de nouveau le plus violemment.

 

L’obligation du vaccin et autre “ pass ” (quand c'est en globish, ça fait plus secure), les sanctions délirantes qui l’accompagnent – un restaurateur refusant de soumettre ses clients à un contrôle risque 45 000 euros d’amende ! – s’inscrit dans une stratégie plus large du banquier éborgneur qui sait aujourd’hui même qu’il risque de ne pas pouvoir se représenter lors de la prochaine élection présidentielle : terroriser le peuple pour lui faire admettre la fin de nombreuse pratiques démocratiques et achever son mandat par des reculs sociaux considérables comme la “ réforme ” des retraites – alors que le COR ne cesse de dire qu’elles ne sont pas en danger, et la “ réforme ” de l’assurance chômage qui va s’attaquer, pour les installer durablement dans la misère, aux plus vulnérable des Français. Le banquier éborgneur fait partie de cette chaîne de présidents (Sarkozy, Hollande) qui n’ont été placés à l’Élysée par l’oligarchie financière que pour faire le sale boulot pendant un seul mandat. Il semble que le prochain maillon sera Xavier Bertrand qui a d’ailleurs annoncé, alors qu’on ne lui demandait rien, qu’il ne ferait pas de second mandat s’il était élu.

 

Les mesures que le banquier éborgneur demande à sa majorité d’entériner concernant la vaccination n’existent que dans deux autres pays au monde : le Turkménistan (une dictature où la torture est une pratique banale) et le Tadjikistan (un pays où les élections sont truquées, ou bien des enfants sont obligés de travailler pour ne pas crever de faim et où les femmes peuvent être violentées et discriminées).

 

Il n’y a pas que les vaccins dans la vie, sauf si l’on souhaite complaire à Big Pharma. Il y a plusieurs médicaments qui ont fait leurs preuves – au moins autant que les vaccins – comme ceux préconisés par  Raoult et d'autres.

 

Mais telle n’est pas la tactique du gendarme éborgneur et de son « conseil de défense sanitaire ». Il est très parlant que, de même que la doxa a imposé l’expression « distanciation sociale » en lieu et place de « distanciation sanitaire », le banquier éborgneur se soit entouré d’un conseil de « défense », convoqué normalement lors d’attentats terroristes, pour piloter sa politique anti-covid.

 

La composition de ce conseil est à la discrétion entière du président de la République.  Y siègent, outre lui-même, le Premier ministre, le ministre de la Santé, le ministre de la Défense, le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Économie et celui du Travail. Peuvent se joindre des responsables des grandes institutions publiques du domaine de la santé. Ce conseil s’est déjà réuni une quarantaine de fois. Au moins une fois par semaine.

 

Cette institution date de 1958. L’article 15 de la Constitution prévoit que le président de la République, chef des armées, préside les conseils et les comités supérieurs de la défense nationale. Un décret de décembre 2009 a modifié les missions de cette instance, la faisant devenir Conseil de défense et de sécurité nationale. Elle définit donc les orientations en matière de programmation militaire, dissuasion, planification des réponses aux crises majeures, renseignement, sécurité économique et énergétique, sécurité intérieure. Sous le banquier, le conseil s’est d’abord réuni dans le salon vert de l’Élysée, puis dans le bunker du palais présidentiel à 70 mètres sous terre ! Il se tient désormais dans le salon Murat, une vaste pièce où se réunit le Conseil des ministres.

 

Les réunions de ce conseil sont classées secret-défense. Les portables y sont interdits et toutes les notes prises sont estampillées secret-défense. Certaines sont conservées dans des coffres-forts. Les autres sont brûlées. Selon certains juristes, la justice pourrait déclassifier ces notes en cas de poursuite d’un ministre devant la Cour de justice de la République. Rares ont été les politiques ayant dénoncé cette opacité. Jean-Luc Mélenchon a critiqué un « conseil qui ne rend compte à personne et qui n’informe personne des décisions qu’il a prises. » Pour Xavier Bertrand, ce conseil «  donne l’impression que le Conseil des ministres n’existe plus, le conseil de défense décidant de tout. »

 

Bref, entre nous et le Turkménistan, la marge rétrécie. Le vernis libéral-libertaire masque de moins en moins le néo-fascisme en marche. Nous vivons désormais dans un pays où, comme le dit François Ruffin, tout le monde devient le flic de tout le monde.

 

 

PS 1 : AF30, un de mes correspondants les plus assidus, me livre la réflexion suivante :

 

Je ne connais pas les motivations des uns et des autres, de ceux qui sont pour et de ceux qui sont contre 

mais ce que je sais ce sont mes motivations et encore confusément. 


Je reçu ma première dose ce 13 juillet. C'est dire que j'y suis allé à reculons.  


La raison principale de cette résistance personnelle est résumée par une photo montage qui montre un troupeau de moutons portant le masque et qui demandent : " alors !!!...ils sont près ces vaccins???....."


Dans toute cette affaire je ne peux m'empêcher d'y voir en vraie grandeur une manipulation des populations. 
Il ne s'agit pas de cette thèse simpliste et lassante sur le complotisme dont on nous rebat sans cesse les oreilles. Le complot, c'est l'arme des faibles. Ici ce n'est que le résultat d'un effet de système qui n'en a pas besoin. Une mécanique qui fonctionne par l'effet de sa propre dynamique. Un effet découlant du précédent et engendrant le suivant.


Le chemin est balisé et chaque mouton ouvre la voie à celui qui le suit et a pour seul horizon le cul de celui qui le précède.


Mais admettons que tout cet argumentaire est ridicule il y aurait cependant et possiblement une adhésion naturelle et donc majoritaire à cette vaccination si cette solution n'était pas isolée de toute autre disposition. Si nous constations une véritable politique de santé globale, une relocalisation de la recherche, une recherche publique puissante, une politique de l'hôpital différente il est alors certain que ce débat serait inexistant. 


Nous constatons tout le contraire car la vaccination ne s'inscrit pas dans une politique globale de la santé publique mais comme la solution pour les libéraux de faire non seulement l'économie de tout le reste mais aussi de continuer à gaver les intérêts privés.


La preuve et la caricature de cette logique est la situation monstrueusement inégalitaire entre les populations du Sud et nous. 

 

 

PS 2 : le covid n'a pas fait que des malheureux. Détenant 9 % du capital de Moderna Therapeutics, société étasunienne très performante dans la course aux vaccins anti-Covid, son PDG français Stéphane Bancel a fait une entrée directement à la 23e place de la liste des 42 milliardaires français. Le 18 mai 2020, lorsque le cours de l'action atteint 80 dollars, sa part de Moderna vaut 2,5 milliards de dollars. En avril 2021, l’action atteint 134 dollars et selon le nouveau classement Forbes, sa fortune est estimée à 3,5 milliards d’euros. Le mois suivant, sa fortune s'élève à 4,3 milliards de dollars

Le banquier éborgneur et la dictature sanitaire

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