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Billet de blog 20 avril 2014

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Bob Dylan, 1961-1971. La révolte sans la révolution (2)

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Robert Zimmerman

Robert Zimmerma, alias Bob Dylan, est né le 24 mai 1941 à Duluth, une ville moyenne située à la frontière du Minnesota et du Wisconsin. Ses grands-parents ont fui les pogroms de l’Europe de l’Est. Il reçoit le nom juif de Shabtai Zisel ben Avraham. Les parents de Bob jouissent d’un statut social moyen, mais la famille ne connaît pas la gêne grâce à l’emploi du père à la Standard Oil. En 1947, les Zimmerman s'installent à Hibbing, la ville possédant la plus grande mine à ciel ouvert du monde. La cité est conservatrice, très chrétienne. Le père de Bob fréquente le Rotary Club et la loge juive maçonnique B’nai Brith.

Très tôt, le jeune Robert ressent l’injustice sociale, qu’il dénoncera plus tard vigoureusement, et l’ennui. Son adolescence est ponctuée d’une série de fugues au cours desquelles il découvre les États-Unis. En 1953, à l’âge de 12 ans, il suit en tournée le guitariste de blues Big Joe Williams qui va lui communiquer l’émotion, les sensations propres à la musique populaire noire. En 1956, il compose sa première chanson dédiée, ô surprise, Brigitte Bardot (qui, à la même époque, fait également fantasmer Lennon et McCartney). Il écoute la musique country de Hank Williams et celle des musiciens de blues tels John Lee Hooker ou Muddy Waters.

En 1959, il s’inscrit à l’université de Minneapolis pour y suivre des cours d’art et s’installe dans le quartier étudiant de Dinkytown où évoluent toutes sortes d’artistes de la Beat Generation. Sa carrière estudiantine durera moins d’un an. Il découvre la musique folk (Pete Seeger en particulier). Il prend alors le pseudonyme de Bob Dylan, non pas sous l’influence du poète gallois Dylan Thomas mais parce que l’un de ses oncles se nommait Dillion. Il changera de nom légalement en 1962.

Son premier engagement d’importance date d’avril 1961, où il joue à New York en première partie de John Lee Hooker. Il fait à l'époque l’une des rencontres les plus importantes de sa vie en la personne de Woodie Guthrie (1912-1967), atteint de la chorée de Huntington. Il se plonge dans Bound for Glory, l’autobiographie du chanteur. Guthrie se situe très nettement à gauche. Sur toutes ses guitares, on pouvait lire « This machine kills fascists »).

Il écrivit plusieurs chansons à la gloire de Sacco et Vanzetti, exécutés en 1927. Dylan est frappé par la similitude de leurs personnalités et de leurs styles : même conscience sociale, même refus du modèle dominant étasunien, même simplicité des thèmes, même aptitude à transformer les mots les plus simples en images poétiques. Sur les conseils de Guthrie, Dylan s’installe à Greenwich Village et se produit pour un temps au Gerde Folk’s City. En 1961, CBS le découvre et lui fait enregistrer son premier disque intitulé simplementBob Dylan.

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